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 Jacques Bichot

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Merwyn
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MessageSujet: Jacques Bichot   Sam 16 Jan 2016 - 18:57



Quelques mots sur l'auteur qui permettent de bien situer le personnage, professeur des universités, ancien membre du Conseil Economique Social et Environnemental (une des institutions les plus importantes de notre pays... sur le papier... car simplement consultative), en somme une personne compétente qui, sur les sujets économiques a non seulement les capacités mais qui fut aussi aux première loges pour parler des lois, de leur discussion et élaboration.

Wikipédia a écrit:
Jacques Bichot (né à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, Rhône, le 5 septembre 1943) est un économiste français, professeur des universités, membre honoraire du Conseil économique et social, dont les travaux portent sur l’économie monétaire, l’économie de la protection sociale, les retraites et la politique familiale.

Il a un double doctorat, en mathématiques et en économie. Il a siégé 15 ans au Conseil économique et social, dont il reste membre honoraire.

Wikipédia a écrit:
Il enseigne mathématiques à l'Université Lyon I (de 1967 à 1967) puis soutient un doctorat en 1968. Il enseigne à l'École Supérieure d'ingénieurs de Beyrouth (de 1967 à 1972), puis à l'Université Lyon I (de 1973 à 1983).

En 1982 il devient maître de conférence en économie à l'Université Lyon 3 (de 1984 à 1989), puis Professeur à l'Université de Franche-Comté à Besançon (de 1989 à 1992), ensuite à l'Université Lyon 2 (de 1992 à 2001), et enfin à l'institut d'administration des entreprises de l'Université Lyon 3 (de 2001 à 2009). Il est actuellement professeur émérite de l'Université Lyon

Wikipédia a écrit:
Il est élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur, distinction qui lui est remise le 26 juin 2008.

Sa bibliographie:

La mort de l’État providence; vive les assurances sociales (en collaboration avec Arnaud Robinet, Les Belles Lettres, 2013
Les enjeux 2012 de A à Z',L'Harmattan, 2012
Retraites, le dictionnaire de la réforme,L'Harmattan, 2010
Urgence Retraites ; petit traité de réanimation, Seuil, 2008
Atout famille (en collaboration avec Denis Lensel), Presses de la Renaissance, 2007
Le financement de la protection sociale. Notes[Quoi ?] de l’Institut Montaigne, 2006
Sauver les retraites ? La pauvre loi du 21 août 2003, L'Harmattan, 2004
Quand les autruches prendront leur retraite (en collaboration avec Alain Madelin), Seuil, 2003
Les autoroutes du mal (avec Denis Lensel), Presses de la Renaissance, 2001
Retraites en péril, Presses de Sciences Po, 1999
Les politiques sociales en France au xxe siècle, Armand Colin, 1997
La monnaie et les systèmes financiers, Ellipses, 1997
Plein emploi : les grands moyens, L'Hermès, 1995
Quelles retraites en l’an 2000?, Armand Colin, 1993
La politique familiale : jeunesse, investissement, avenir, Cujas, 1992
Économie de la protection sociale, Armand Colin, 1992
Huit siècles de monétarisation, Economica, 1984


L'ouvrage dont je vais vous parler est Le Labyrinthe, compliquer pour régner



En prolégomènes, je vais me permettre d'avancer non pas la pensée de l'auteur mais ma pensée sur un point précis car elle me semble (même si très discutable comme tout essai de synthèse, j'en conviens) pouvoir éclairer certains postulats de l'auteur.

A mon sens, chaque être naît soit doué soit surdoué.

Oui, tout le monde est doué dans certains domaines en venant au monde et cela se découvre au fur et à mesure de l'évolution de l'être (le milieu social va juste améliorer plus vite ou moins vite ce qui est déjà). En effet, certains êtres seront plutôt doués pour les lettres (en ne lisant presque pas), d'autres pour les mathématiques (en n'apprenant pas leurs leçons de mathématiques), d'autres sauront dessiner tout ce qu'ils voient voire imaginent... d'instinct, d'autres encore auront une oreille musicale, etc. (la liste est infinie).
Maintenant posé que tous les êtres sont doués, ils sont également médiocres et juste dans la moyenne, dans d'autres domaines. En somme, la majorité des êtres sont juste dans la moyenne dans la majorité des domaines, médiocres dans une minorité, et doués dans une autre minorité. Certains également ne découvriront jamais de domaines dans lequel ils sont doués... malheureusement... alors qu'ils en ont obligatoirement.

Tout le monde naît donc doué mais quelques-uns (hasard de l'évolution) vont naître surdoués. Tout comme les doués, il y a une minorité de domaines où ils seront médiocres, une majorité où ils seront moyens, une minorité où ils seront doués mais, se rajoute, une minorité où ils seront surdoués.

Cela étant dit, avoir des capacités intrinsèques pour certains domaines ne veut pas dire être à la hauteur de ses capacités, c'est là que les études, les chemins de vie, le milieu et la volonté de chaque être entre en action.

Pour schématiser, selon ses efforts, un être peut plus ou moins monter ou descendre d'un cran. Je m'explique, au niveau de l'activité professionnelle (puisque cela va rejoindre les propos de l'auteur):
- Un être doué (pour différencier des surdoués à la naissance) qui travaille dans un domaine pour lequel il est doué sera doué dans son emploi s'il y travaille normalement, sera juste moyen dans son travail s'il se tourne les pouces (vous connaissez tous des gens qui en 15h font autant qu'un autre en 35h), enfin s'il consacre sa vie à son travail ne comptant ni son temps ni les sacrifices, il sera l'égal d'un surdoué.
- Un être surdoué maintenant qui travaille dans un domaines où il est surdoué sera surdoué dans son emploi s'il y travaille normalement, sera juste doué s'il se tourne les pouces mais s'il y consacre toute sa vie, son temps et est prêt à tout sacrifier à l'autel de son travail ou art, il deviendra un génie.

En effet, les génie ont en commun le sacrifice de leur vie à leur action... Vinci, Beethoven, Michel-Ange, etc. on ne peut pas vraiment dire qu'en dehors de leur art ils aient eu une vie de famille, leur être était entièrement tourné vers des domaines dans lequel ils étaient surdoués avec juste ce qu'il fallait (ou pas) de vie sociale pour ne pas sombrer dans la folie.

Ce que je viens d'écrire est bien beau et s'apparente à un royaume de bisounours car malheureusement rares sont les êtres qui gagnent leur vie dans des domaines où ils sont doués ou surdoués... quel gâchis!
En effet, comme je l'ai écrit, on ne peut monter que d'un cran en sacrifiant l'essentiel de sa vie sociale et familiale.
Imaginez, car cela existe, une personne douée qui travaillerait dans un domaine dans lequel elle serait médiocre, elle est obligée de tout sacrifier pour juste être moyenne ! (en effet, sil elle reste médiocre, elle sera licenciée... quoique...). Généralement, ces personnes à un moment changent de profession mais tout de même, que de temps perdu alors qu'en travaillant normalement dans d'autres domaines, elle serait douée.

In fine, le but de l'école n'est pas tant d'inculquer (même si c'est important) que de permettre à chaque enfant, à chaque jeune, de se révéler (sens de la maïeutique), de connaître des domaines dans lesquels il est doué (voire surdoué) et ceux où il est médiocre ou juste moyen. Après, libre à l'individu de s'orienter vers ce qu'il veut mais au moins il aura connaissance de ses points forts et points faibles.
Ce que je dis pour l'école est aussi vrai pour la famille, les proches, il est important de permettre à un enfant de s'exprimer dans un grand nombre de domaines afin qu'il connaisse ce qui lui plait, ce qui lui est naturellement facile ou difficile.

Fin de mes prolégomènes (et navré pour la longueur, j'ai essayé d’être concis mais une concision trop prononcée déforme souvent la pensée) ... en route pour les propos de l'auteur maintenant !


Le postulat de Jacques Bichot est dans le titre de son ouvrage, une partie de ceux qui veulent du pouvoir compliquent à dessein les normes, les procédures.
En effet, en étant l'auteur d'une complication, vous savez la résoudre mais les autres vont avoir plus de mal. Le but final est d'être seul à pouvoir la résoudre, vous devenez alors indispensable et bénéficiez du pouvoir.
Cela est vrai dans la politique, les institutions mais aussi dans l'entreprise.

Penchons nous un instant sur ces assertions:
Il y a en France des dizaines de milliers de lois, des millions de normes, à tel point que plus personne ne connait le droit d'où une insécurité juridique (rappelée par la plus haute cour administrative, le Conseil d'Etat dès les années 90).
Aujourd'hui, quand vous consultez un avocat, une partie de la facturation est celle du temps qu'il va mettre à trouver les bons articles de lois et à les démêler.
Exemple du code général des impôts:
I ter.-Le cas échéant, sur délibérations concordantes [...], le prélèvement sur les ressources calculé selon les conditions prévues aux II et III du 2.1 de l'article 78 de la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 précitée peut être mis à la charge [...], à l'exclusion de la part calculée selon les conditions prévues aux 1° et 2° du a du D du IV du même 2.1.
Cet exemple est encore gentil, je vous en donne un autre de la loi de finances 2016:
Le paragraphe 1 de la sous-section 3 de la section 1 du chapitre IV du titre III du livre III de la deuxième partie est abrogé ;

L'auteur précise alors les raisons de la complication:
- Les personnes qui conçoivent et écrivent les lois n'ont généralement pas les compétences pour.
C'est là que mes prolégomènes s’insèrent. En effet, pour concevoir et écrire des lois il faut être au minimum doué dans son domaine mais l'idéal est d'être surdoué (les lois régissent tout de même la vie de 66 millions de personnes pour la seule France) or, sans donner d'avis sur le travail fourni, force est de constater que la plupart sont l'équivalent d'un travail normal (l'auteur va jusqu'à donner des synonymes de médiocre pour certaines, il n'est pas le seul d'ailleurs, jusque dans les rangs des parlementaires, certains écrivent que des textes préparés à chaud sont des brouillons et pourtant, ils sont votés).
- Les personnes qui conçoivent et écrivent les lois font aussi parfois exprès de les rendre illisibles pour avoir moins d'opposition car le travail à fournir pour les comprendre serait trop important et de toute façon imprécis car elles sont bancales.
- Les décrets d'application et arrêtés qui précisent réglementairement les lois (en somme, les lois dressent les contours, les décrets et arrêtés éclairent leurs zones d'ombres), écrits par les services des ministères, éclairent en compliquant encore plus, mettant de nombreuses dérogations, seuils, années d'application, taux variables... et le tout dans un jargon et une présentation demandant de la recherche et du temps.
Dans ce cas, l'auteur n'incrimine pas les politiques mais les bureaucrates, des personnes qui veulent garder leur place et surtout leurs primes (en effet, c'est si compliqué - ce qu'ils viennent de créer - que sans eux, on ne s'en sortirait pas, ils sont vitaux).

L'entreprise n'est pas épargnée non plus où, sur certains postes, les compétences sont savamment gardées, les procédures quand elles sont dévoilées, ne sont pas expliquées et, les montages, qui pourraient être simplifiées, sont orchestrés de manière à être si compliqués que seul celui qui en est l'auteur peut les suivre.

A ces raisons majeures, il en rajoute d'autres:
- Le besoin de se sentir indispensable, pas forcément pour des raisons pécuniaires mais d'estime de soi.
- Le besoin de se sentir utile.
En effet, on parle souvent d'inflation législative, c'est à dire qu'on rajoute de plus en plus d'articles aux codes de lois (quand un code faisait 200 pages il y 50 ans, il en fait 4 000 aujourd'hui), dès lors, plus aucun être humain ne peut maîtriser le droit, à savoir l'ensemble des lois. Ce qui, au début du 20e siècle, était encore possible pour certains surdoués. Cette inflation s'expliquerait par la peur d'un grand nombre de parlementaires (surtout pour les amendements) et des ministres (pour les lois) d'être regardés comme non indispensables s'ils ne créaient pas de normes nouvelles, encore et encore.

L'auteur apporte aussi des solutions:
- donner à des personnes hautement qualifiées (des surdoués a minima ou des surdoués qui seraient prêts à y consacrer une partie de leur vie) un travail de synthèse et de clarification du corpus normatif (à mon sens, cela signifierait des années de travail pour des centaines de surdoués -dévoués- et un amaigrissement drastique des codes).
- plus un domaine est complexe, plus il doit être clarifié.

En effet, le professeur Bichot fait une différence fondamental entre complexité et complexifier. Il est des domaines forcément complexes, la science, les lois de la nature, l'hétérogénéité de la société y concourent mais justement, puisque c'est complexe, il ne faut pas encore rajouter de la complication. Non seulement, il est aberrant de rendre compliquer ce qui est simple mais il est pure folie de compliquer encore ce qui est déjà complexe ! (pour les raisons évoquées plus haut).


Il serait toutefois réducteur de résumer cet ouvrage à une critique de ceux qui compliquent pour leur propre intérêt les normes et procédures. Il y a aussi une part importante de culture, culture historique mais aussi connaissance des dossiers.

En effet, l'auteur cherche à démontrer que depuis l'antiquité, la tentation du compliquer pour régner était présente, et que certains mythes en montraient le danger.

Je vous propose un petit détour vers l'histoire pour suivre l'auteur.

Zeus était connu pour s'enticher assez facilement des belles mortelles (ce n'était pas le seul dieu d'ailleurs). Ayant jeté son dévolu sur la belle Europe, fille du roi de Phénicie, il prit la forme d'un taureau blanc pour la séduire (messieurs, je vous déconseille le déguisement, aujourd'hui, ça ne fonctionne plus), l’emmena en Crête et lui fit trois enfants, trois frères dont Minos.
Europe était donc sur une terre inconnue, la Crête, avec trois enfants en bas-âges, autant dire qu'elle semblait mal partie mais c'était sans compter sur sa beauté qui éblouit le roi de Crête qui l'épouse dare-dare et adopte ses enfants  (elle a vraiment de la veine, Europe, elle a tout sans effort).
A la mort du roi, la question de la succession se pose. Minos a alors l'idée de demander à Poséidon d'invoquer pour lui un taureau blanc tel que fut Zeus quand il a connu Europe. Poséidon bien sympa, accepta (faut dire qu'il concentrait sa rancune en attendant la naissance d'Ulysse). Il mit toutefois une condition, que le taureau lui fut sacrifié quand Minos serait roi.
Minos devint donc roi et... ne sacrifia pas le taureau, il était bien trop majestueux (me demande ce qu'ils ont tous avec les taureaux en ce temps et je vous le dis tout de suite, la suite est encore plus scabreuse et toujours avec des taureaux !), il en choisit un ordinaire en se disant que Poséidon était trop bon (donc trop...).
Poséidon, à qui on la fait pas (n'est pas dieu qui veut, navré si certains ont cette vocation...) fut un peu froissé (je vous l'ai déjà dit, il se réservait pour Ulysse) et donc instilla en la chair de Pasiphaé, femme de Minos, un désir insatiable pour le beau taureau.
Malgré tout son art et après s'y être employée à de nombreuses reprises, elle ne put faire partager son désir au taureau (qui devait sans doute se demander à quoi elle voulait en venir, on ne peut même plus être tranquille dans son pré). Elle était donc fort frustrée (et vous savez que la frustration n'est pas bonne pour la santé) et, n'en dormant plus, elle serait devenue folle (quoique, sans vouloir porter de jugement, essayer d'exciter un taureau ne témoigne pas d'un esprit particulièrement sain) si Dédale, l'ingénieur génial n'était venu à son secours !
Il construisit une vache en bois dans laquelle s'installa Pasiphéa, qu'il couvrit d'une peau de vache, ce qui fit naître l'ardeur du taureau (bon, je ne vous raconte pas la suite, vous la devinez comme moi).
Nonobstant les impossibilités physiques et la barrière des espèces (ils sont parfois complètement déments ces Anciens... qu'un Dieu puisse sous forme de taureau peut se comprendre, il se modèle comme il veut mais là on parle d'un vrai taureau... tsss... jusqu'à cet épisode, je croyais tout crédible, les dieux, l'Olympe, mais depuis... je me dis qu'il y a tout de même une part de fantasmagorie déplacée).
Bon, sachez qu'elle survécut et donna naissance à un joli bébé...minotaure (après, faut regarder le bon côté des choses, à l'école, personne n'aurait osé le chercher).

Minos fut tout de même embêté, on voyait bien que le bébé n'était pas de lui. S'étant rendu maître d'Athènes, il élabora une "complication" (car quand il fit simple comme sacrifier un autre taureau à Minos, il eu un petit retour de bâton), grâce à Dédale.
Pour justifier l'existence du monstre, il demanda à Dédale de construire un labyrinthe, y plaça le Minotaure (comme ça, il ne pourrait sortir) et pour le nourrir ordonna un tribut en jeunes athéniens.

En résumé, pour renforcer son règne, c'est la complication de choses simples qui mena à ce vaudeville... Si Pasiphaé n'avait pas voulu assouvir ses désirs en usant de complication, elle n'y serait pas parvenue (et donc pas de mignon petit monstre à la clef). Si Minos n'avait pas fait construire le labyrinthe (mais aurait juste éliminé le Minotaure... Non, je vous le confirme, en ce temps, il n'y avait pas de ligue protectrice des minotaures ni de lobby es minotaures) pour y cacher le Minotaure, il n'aurait pas eu cette réputation sombre, il n'aurait pas commandé le tribut de jeunes athéniens et n'aurait pas été défait (car un tyran fou, on ne le laisse pas en place, surtout avec la morale grecs, les liaisons avec les bovins passent encore mais là, faut pas abuser).

Si vous avez suivi l'auteur (donc en faisant abstraction de mes commentaires), la complication permet aux personnes de pouvoir de régner mais, à la fin, elle est toujours source de désastre. C'est pour l'auteur, un des enseignements que voulaient transmettre les Anciens avec la mythe de Dédale et du minotaure.


Je vous rassure, l'auteur donne aussi des exemples contemporains, comme celui des retraites, de la loi sur la pénibilité au travail (une vraie usine à gaz), de la CSG et CRDS, des conventions (où comment compliquer encore un peu plus sans légiférer), de la sécurité sociale...
De plus en plus, mêmes les conseillers sociaux ne comprennent plus qu'elles sont les droits des personnes, ils les découvrent après l'entrée des données dans la base informatique. Dès lors, ne pouvant vérifier (ni souvent comprendre car la complication a été élevée à un tel niveau qu'il y a même des contradictions) ni modifier (si le logiciel affiche cela, c'est que c'est ça... Non mais, vous faites confiance à une machine ou à un cerveau humain capable d'adaptation ?).


In fine, je peux vous conseiller ce livre. Il enfonce certes des portes ouvertes, dans les grandes lignes, on n'apprend rien qu'on ne savait déjà (d'ailleurs l'auteur ne s'en cache pas, citant des rapports parlementaires ou d'autres auteurs, économistes et juristes), il a aussi tendance à un peu généraliser (vous allez me dire que cet avis venant d'une personne qui classe les personnes entre douées et surdouées dans leur travail selon leurs domaines naturels de facilité et leurs efforts... est un brin tendancieux) car je connais par exemple des hommes politiques qui ne pensent ni à leur image ni aux bénéfices de leurs mandats (et ils ne sont pas juste une minorité... maintenant, c'est comme toujours, ce sont ceux qu'on entend et voit le plus qui donnent l'image trompeuse d'une généralité). Au crédit de l'auteur, lui connait certains qui sont aux plus hauts postes, pas moi. Au crédit aussi de l'auteur, il donne des détails sur certaines complications qu'il est difficile de trouver par nous même et, au final, cet ouvrage est une bonne synthèse des raisons (même s'il faut se garder de généraliser) qui expliquent la complication de nos sociétés (car ce n'est pas qu'en France; la Suisse toutefois y échappe un peu, seule véritable démocratie du monde) et un appel à ne pas se laisser ainsi déposséder de nos droits, de ne pas se laisser infantiliser par un paternalisme étatique qui déciderait pour nous puisqu'ayant fait en sorte que l'on soit obligé de le croire, à défaut d'être en mesure de vérifier ce que l'on nous dit.


Dernière édition par animal le Sam 16 Jan 2016 - 21:00, édité 1 fois (Raison : ajout photo)
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shanidar
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Lun 18 Jan 2016 - 11:29

Le genre de livre pour lequel je n'éprouve aucune attirance et du coup le résumé proposé permet de s'arrêter au moins quelques minutes sur l'inconnu...

J'aime beaucoup l'idée que la vie devrait nous apprendre à repérer les domaines dans lesquels nous sommes bons voire excellents, si on accepte aussi l'idée que l'homme évolue et que si la fonction crée l'organe alors nous pouvons changer. Il se peut qu'un jour je comprenne quelque chose à la Loi... et que je parvienne à me repérer dans le labyrinthe des lois...

Merci pour ton commentaire Merwyn !

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Merwyn
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Lun 18 Jan 2016 - 21:41

Merci Shanidar pour ton commentaire.

Le droit, les lois, cela peut être passionnant si on se penche du côté de la philosophie du droit et que l'on remonte aux anciens (philosophes grecs). Là toutefois n'est pas le propos du livre mais si cela peut intéresser certains, je peux faire un petit sujet sur la philosophie du droit si ce n'est déjà fait (enfin, les grandes bases avec une référence d'une dizaine d'auteurs).

Pour en revenir à l'ouvrage en question, je comptais, après ces longues bases posées, faire quelques arrêts sur certains arguments illustrés de l'auteur.

Il développe par exemple un argument presque philosophique quand il dit que les "niches fiscales", "crédits d'impôts" aux particuliers et entreprises (sans compter les dotations aux collectivités) orientent la façon de vivre, de décider des gens et des entreprises.
Réfléchissons un instant et prenons pour nous-mêmes l'exemple du parc automobile (donc pas de l'auteur). Il y a 38 millions de voitures en France et le gouvernement veut pousser l'achat à l'électrique d'où de fortes reprises et des primes, il oriente donc le choix de la motorisation alors que la production électrique (qui ne se stocke pas) ne permettrait pas d'avoir en circulation plus de 3 millions de voitures électriques soit un peu moins de 10% du parc. En somme, on pousse sans dire qu'il y a une limite, en misant sur l'avenir et les futurs progrès technologiques. On pousse aussi pour justifier la filière nucléaire et son futur maintien et développement de plus en plus cher.

L'auteur parle alors de mesures de "roitelets", on joue à l'apprenti sorcier, on agit dans des domaines où le politique n'a pas à interférer ni à vouloir diriger, on confisque une part de liberté aux gens en pensant savoir mieux qu'eux ce qui est bon. Plutôt que de modeler la société par la contrainte (ce qui n'a jamais fonctionné), on l'oriente avec la carotte et le bâton.
Ex: il faut plus de français propriétaires alors on va durcir les droits des loueurs pour les inciter à vendre.
Ex: les Français pourraient avoir envie de trop travailler alors on va fixer la durée maximale de temps du travail à 48h (même si on sait que de nombreux petits artisans font facilement des semaines de 60h), il faut qu'ils sortent, qu'ils aient du temps pour consommer des loisirs, qu'ils s'amusent !

Autre illustration, celle des taxes affectées.

Vous savez que pays membre de l'Union européenne, la France ne devrait pas voir une dette supérieure à 60% du PIB (elle est à 100% et visiblement de ce côté là l'UE a abandonné l'idée de la faire rentrer dans le rang) et que le déficit public doit être inférieur à 3% (il est de 3.5 à 4%), ce qui se résume à dire qu'année après année l'Etat dépense non seulement plus d'argent qu'il n'a mais qu'il en dépense de plus en plus (à son crédit avec une dette de 100% du PIB, 2000 milliards d'€, rien que les intérêts de la dette pèsent lourds). D'où les taxes affectées.
Ces taxes comme leur nom l'indique sont affectées, des organismes d'Etat sont directement payés par elles, elles ne rentrent donc pas dans le calcul du déficit (sic).
Il y en a par exemple 214 différentes qui concernent nos entreprises (pauvres comptables), telles celles "sur les locaux à usage de bureaux", "les véhicules de société", "les locaux de stockage en région île de France".
Ces taxes servent à payer les "chambres consulaires", "les 111 chambres de métier et de l'artisanat et les 169 du commerce et de l"industrie", etc. Et comme elles ne pèsent pas sur le budget de l'Etat, elles augmentent plus vite. Quand le régime de l'imposition a augmenté de 7% de 2007 à 2014, celui des taxes affectées a augmenté de 27%.

Et finit par conclure l'auteur à ce sujet, le pis n'est pas le montant et le nombre (même si pour certaines, le coût pour le recouvrement les rend inutiles) mais leur évolution ! Chaque année, des existantes sont modifiées et de nouvelles ajoutées, ce qui rend impossible pour les entreprises de savoir à quelle sauce elles seront mangées. Ne sachant pas, elles préfèrent ne pas prendre de risque, investissent moins et embauchent moins.
Ex: une nouvelle loi est votée favorisant l'embauche mais une fois les embauches faites, une nouvelle taxe risque d'être mise en place sur les sociétés de tant de salariés ou sur une part de salaires, ou... ou... (l'incertitude est trop grande pour que les entreprises adhèrent).

Au final, l'insécurité juridique créée une insécurité économique et la situation que nous connaissons aujourd'hui au niveau du chômage.

Les remèdes avancés par l'auteur:
- Des règles du jeu claire et enracinées, qui ne sont pas appelées à changer chaque mois.
- Un Etat qui ne s'occupe pas d'orienter les modes de vie des gens ni leur dépense ou épargne.
- La fin de ces centaines de taxes qui brouillent les pistes et empêchent même les organisations étatiques de contrôle des dépenses de connaître le montant exact des rentrées et sorties d'argent.
Ex: la Cour des comptes pour vérifier justement les comptes utilise des formules mathématiques pour évaluer certains postes du budget car il y a trop de données manquantes liées à l'émiettement et à la variation de l'assiette (qualité des assujettis) et des taux.

Pour finir, un rapport du 16 décembre 2015, fait par le sénateur M. Vial au nom de la Commission des lois du Sénat sur l'inflation normative. Ce rapport nous apprend par exemple que, ne serait que pour les collectivités territoriales (communes, départements, régions) il y a plus de 400 000 normes différentes... A ce niveau de complication, chaque agent des collectivités se devrait d'être surdoué dans son poste (sic aussi).

Extraits:

L’Association des Maires de France (AMF) évalue à 400 000 le nombre de normes que doivent appliquer quotidiennement les élus locaux.

Selon des estimations de la Commission consultative d’évaluation des normes (CCEN) puis du Conseil national d’évaluation des normes (CNEN), le coût net des normes nouvelles s’élevait à 3,17 milliards d’euros entre 2008 et 2013, 1,668 milliard d’euros en 2013 et 777 millions d’euros en 2014.


Le lien du rapport
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Lun 18 Jan 2016 - 22:05

c'est à intéressant à te lire de retrouver appliqué ou plus exactement extraits du droits des fonctionnements ou des absences qu'on retrouve dans le boulot (que je retrouve en info en tout cas) du côté du contournement de problème et de la question des processus et des simplifications (et je ne parle pas point de vue "code" mais organisation du travail).

je ne te suis pas forcément sur la non intervention de l'état par des mesures incitatives ou autres (il resterait quand même la question de comment sont (mal ?) faits les choix, et prendre pourquoi pas l'exemple toujours automobile et très dans le vent du diesel... ) mais je te remercie moi aussi pour tes développements, ça décrasse deux neurones souvent fermés à coup de rabâchages médiatiques sommaires. bonjour

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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 6:54

Merci Animal.

Est-ce que tu pourrais un peu expliciter ta question sur les choix ?


Comme promis, je continue les arrêts sur chapitres et cette fois, on va faire une petite pause au niveau des retraites et essayer d'expliquer pourquoi c'est le bazar et qu'il est difficile pour les organismes de retraite (pension pour nos amis belges) de savoir quand une personne peut partir à taux plein et quel sera le montant de sa retraite (d'ailleurs, pour celles et ceux déjà en retraite, vous n'avez peut-être pas pris votre retraite à la bonne année et n'avez peut-être pas le bon montant mais comme essayer de vérifier vous occuperait pour le restant de vos jours...).

Quelques éléments pour poser:

- Le versement des retraites représente 300 milliards chaque année soit 14% du PIB de la France et sur ces 300 milliards, 6 milliards sont des frais administratifs (instruction et versement) soit 6X plus que les pays ayant un seul régime de retraite.
- La France compte plus de 40 régimes de retraite (cheminots, exploitants agricoles, 2 pour la fonction publique, 2 pour les avocats, 3 pour le privé, une dizaine pour les professions libérales...)
- Notre régime de complémentaires obligatoires ARRCO et AGIRC n'est pas un régime complémentaire mais deux prolongements du régime de base, toutefois il est normativement posé comme complémentaire. Or, au niveau international (notamment européen), le régime complémentaire est codifié comme un régime par capitalisation (vous placez ce que vous voulez, il n'y a pas d'obligation) et il est donc taxé différemment (le double en général).

Le postulat:

Nous ne cotisons pas (régime de base et complémentaires obligatoires) pour nos retraites mais pour celles de nos parents ou grands parents, ce seront nos enfants et petits-enfants qui paieront nos retraites.

Prolongement:

Calculez le déficit ou pas du régime des retraites serait simple avec un régime unique de retraite. Pour simplifier, vous regardez votre fiche de paie, vous additionnez vos prélèvements retraite et ceux de votre employeur et vous comparez. Plus généralement, comme le salaire moyen est de 2100€ net en France et que la retraite moyenne est de 1250€, il faudrait qu'à 2100€ de salaire, le salarié + son employeur (si ce n'est lui-même) soient prélevés de 1250€. Un enfant de collège peut faire le calcul.

Oui mais voilà, avec une quarantaine de régimes différents donc des prélèvements et des taux différents, ce calcul est tout simplement impossible car, en plus, ces régimes ne sont pas figés, leurs modalités évoluent au gré des gouvernements...

La complication d'un régime non général mais par branches professionnelles:


Comme nous l'avons vu précédemment, le calcul des prélèvements serait simple dans le cadre d'un régime unique, vous avez un ensemble d'actifs (28  millions en France dont 6 millions de chômeurs, catégories ABC) et un ensemble de retraités (15 millions), l'ensemble des actifs cotiserait pour l'ensemble des retraités.
Par contre, dans notre situation avec une quarantaine de régimes, chaque branche est censée cotiser pour ses retraités:
- Les fonctionnaires territoriaux pour les retraités de la territoriale
- Les fonctionnaires d'Etat pour les retraités d'Etat
- Les avocats pour les avocats
- Les cheminots pour les cheminots
- Les agriculteurs pour les agriculteurs
- Les mineurs pour les mineurs
- ...

Or la situation est très différents d'une branche à une autre:
- Il n'y a pour ainsi dire plus de mineurs en activité et donc qui paie la retraite des mineurs ?
- Il y a 3 retraités du monde agricole pour un salarié, qui paie la retraite des agriculteurs ?

Au final, le régime des branches professionnelles est une aberration car, contrairement aux fluctuations modérées de la population (actifs et retraités), celles des branches peuvent être très fortes et, un régime avec beaucoup d'actifs à un moment donné peut décliner mais au moment du déclin, les nombreux actifs d'hier sont devenus de nombreux retraités.

Prenons pas exemple les deux régimes des avocats. Actuellement, il y a 8.6 avocats actifs pour un retraité (+42% d'avocats en 10 ans, c'est une profession en plein essor) et donc le régime des avocats est fortement excédentaire (la sagesse commanderait à mettre de côté cet excédant pour diminuer l'impact de ce boom d'actifs avocats qui va engendrer dans 40 ans un boom des avocats retraités) et cet excédant va permettre de payer en partie le déficit d'autres régimes (mineurs, agriculteurs...).

Vous voyez un peu plus où est l'aberration ? On part du principe que la retraite se fait par branche (d'où une impossibilité de calcul) mais on puise dans une branche pour financer une autre branche, au final, on fait comme si on avait un régime unique mais avec toutes les complications des branches.
Anecdote: l'auteur rapporte la saisie de l'UE par un député français vivant en Allemagne, lequel trouvait inégalitaire d'être taxé double pour ses revenus de retraite complémentaire (entendez l'AGIRC et l'ARRCO qui sont obligatoires donc pas des complémentaires en fait) et l'UE lui a répondu qu'il était impossible de se repérer dans le système français et que, dès lors, c'est la définition de la complémentaire qui est prise en compte soit celle de la capitalisation.

Relevons encore la complication: aux régimes multiples est rajouté celui de deux systèmes en parallèle, la retraite par points et par trimestre (si jamais un génie en math peut trouver une formule pour les 40 régimes, il se casserait ainsi les dents sur l’existence concomitante de deux systèmes).

Relevons encore la complication: aux régimes multiples et aux deux systèmes d'ouverture de droits, mettons le compte pénibilité. L'intention est certes louable mais aux 40 régimes et aux 2 systèmes, elle rajoute autant de retraite qu'il y a de salariés. Vous prenez tous les ordinateurs de la Silicon Valley, vous les faites disjoncter à coup sûr. Il sera impossible (sauf cas simple) de calculer avec un taux d'erreur acceptable la retraite d'une personne (temps et montant). Par contre, les 6 milliards de frais d'instruction, eux, vont monter en flèche et, comme on demande aux employeurs de renseigner, les anti-dépresseurs vont connaître eux aussi un boom...

Et le taux d'erreur aujourd'hui ?


- Selon la Cour des comptes, 830 000 retraites devraient être révisées mais cela est impossible par manque de lisibilité. En fait cela concerne surtout les petites retraites de personnes ayant cotisées dans plusieurs régimes.
- En 2011, par exemple, plus de 13 000 nouveaux retraités n'ont pas eu leur retraite révisée (ils sont donc partis en retraite en retard ou avec un montant moindre). Or, comme cette erreur est connue mais qu'on ne peut précisément calculer leurs droits, la situation reste ainsi.


Et maintenant le pourquoi de cette situation ?

La réponse est par contre simple et tient essentiellement en 4 points:
- Une complication pour qu'on ne puisse comprendre ce que l'on fait
- Une complication pour motifs électoraux (satisfaire telle branche)
- Une complication car certains se pensent en grands paternalistes
- Une complication enfin quand on veut revenir dessus, les corporatismes (syndicats) s'y refusent et on aboutit à encore plus de complications et plus coûteuses (ex: la réforme de 2007 pour un rapprochement des régimes qui s'est terminée avec des concessions supérieures à ce que l'on voulait supprimer).
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Merwyn
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 8:22

Je vais me permettre de donner mon avis sur ce sujet des retraites.

Tout d'abord un constat pour le régime général et l'AGIRC ARRCO. Quand vous regardez encore une fois vos fiches de paie vous vous rendez compte qu'il y a 3 grandes sources de prélèvement:
- Retraite régime général
- AGIRC ARRCO
- Chômage

Si vous additionnez le régime général plus les "complémentaires", il manque environ 20% pour correspondre à ce qu'il faudrait donner pour un régime retraite à l'équilibre.

Maintenant, si vous enlevez les 2/3 des prélèvements chômage et les placez en retraite, vous les avez les 20%

In fine, pour le régime général et ses fausses complémentaires, la baisse de 2/3 du nombre de chômeurs (à indemnisation moyenne) réglerait le déséquilibre. Il est donc vrai que notre fort taux de chômage plombe notre économie et que sa forte diminution résorberait bien des déficits auxquels on ne pense peut-être pas.


En ce qui concerne la quarantaine de régimes cette fois, je pense aussi qu'il faudrait se diriger vers un régime unique et un système uniquement à points (comme le font d'autres pays au système social plus performant et généreux que le notre telle la Suède).

Je vois trois scénarios pour y arriver (ou scénarii):

1. Celui que les gouvernements ne veulent pas : dans une situation économique pas dramatique (telle la notre actuellement), on fait migrer tous les régimes en un régime unique avec pour modèle le régime général. Il y aura donc de nombreux perdants et le pays connaîtra les pis grèves de son histoire (et il n'y aura pas de Maurice Thorez pour dire qu'il faut arrêter la grève), des grèves durables, violentes, avec sans doute des morts et une intervention obligatoire de l'armée. Ce sera le dernier grand combat des syndicats (et combat aura alors un sens propre pour certains des plus extrêmes) avant leur refondation en un nouveau modèle moins basé sur la confrontation.
Ce scénario, les gouvernements n'en veulent pas car il y aura la question de la responsabilité des morts et ce serait un suicide électoral.

2. Celui que certains dans les gouvernements attendent (les rares réformistes réalistes) : la France est touchée par une crise économique majeure (semblable à celle de 1931-1939), l'économie est ruinée, le chômage grimpe à 30% (catégorie A). Les Français seront alors demandeurs de réforme et si celle du régime unique peut contribuer à assainir l'économie, ils voteront pour et même rééliront le gouvernement qui la mettra en place (si il y a réellement un rétablissement de l'économie). Certes, ce ne sera pas le régime unique qui aura rétabli l'économie (ce serait plutôt une goutte d'eau) mais au moins la réforme sera passé sans heurts.

3. Le coup de poker : on met en place un régime unique avantageux pour tous donc qui coûtera plus cher, et on ne le fait pas porter sur le patronat mais uniquement sur l'Etat. Il n'y aura donc pas de grèves, les anciens régimes seront fusionnés sans retour en arrière possible. Le fait que le nouveau régime coûtera plus cher plombera l'économie, les agences de notation dégraderont la France, l'UE nous rappellera à l'ordre et le gouvernement ne sera pas réélu.
L'opposition arrivée au pouvoir dira que la situation est si catastrophique que pour sauver les retraites et l'économie en générale, elle doit rendre le régime moins généreux (elle posera alors les mêmes bases que celui qui aurait généré des grèves) et comme les personnes auront conscience du danger, elles accepteront (maudissant au passage ceux qui ont fait ce régime unique si avantageux). Pas de grèves (ou peu) et pas de morts, pas d'intervention de l'armée. Juste le sacrifice d'un parti au nom de son pays (sacrifice toutefois que pour quelques années, on oublie vite les erreurs passées pour se consacrer sur celles présentes).
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 9:38

pour les choix j'avais en tête la problématique de qui peut motiver le choix ou éclairer la prise de décision : étude que l'on veut neutre, copinage, lobbying. la question des interlocuteurs en fait ? qui n'est certainement pas une question si simple.

tu n'as pas le quatrième scénario ou le chômage diminue dans un tissu économique plus serein etc. ? par exemple un monde dans lequel la grosse boite qui pèse lourd ressemble moins à une voix unique de l'externalisation, du contrat mission, etc.

un truc bizarre dans lequel la mutation du modèle économique permettrait une simplification sereine par un nivellement par le haut qui n'écraserait personne ?

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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 13:47

Pour ta question des interlocuteurs, l'auteur fait par exemple le parallèle entre les les dirigeants syndicaux et les pouvoirs publics, lesquels se ressemblent beaucoup. Chacun tenant à sa place et à sa mise en lumière. S'il n'y a pas de problèmes au niveau de l'emploi, les dirigeants syndicaux pensent perdre toute légitimité donc ils s'auto-entretiennent. Ils justifient la complication des normes par les politiques qui font semblant de les écouter puisque cela renforce la complication tout en donnant satisfaction.

Sinon, depuis quelques années, toutes les lois ont l'obligation d'une étude d'impact (donc pour connaître les conséquences prévisibles collatérales) mais l'auteur rapporte qu'elles sont bâclées (faites sur un coin de table) et qu'elles ne servent donc pas à grand-chose.

Pour ce qui est du lobbying, son aspect péjoratif est surtout un trait français. Par exemple, à l'UE, la prise de décision se prend officiellement après écoute des lobby car ces derniers ont les données techniques que ne possèdent pas les états (et comme on a toujours les lobby des pour et des anti, on arrive à une certaine exhaustivité, à défaut d'objectivité).


Au final, la prise de décision, pour l'auteur, se prend sous influence (mais qui ne l'est pas ?) mais avec des constances : pas de vue à long terme, choix politiquement bénéfiques, ménager les susceptibilités de ceux dont on a besoin, paternalisme (= on pense que l'on sait mieux que les concernés ce qui est bon pour eux), enfin, volonté de laisser sa marque, que l'on se souvienne de soi.
L'auteur dit qu'il y a des exceptions au niveau des preneurs de décision mais qu'ils sont une infime minorité.


Au niveau du 4e scénario, les économistes ne le pensent pas possible. Nous sommes dans un creux économique (théorie des cycles de Schumpeter) et ils prévoient de nombreuses crises assez rapprochées (comme celle de 2007) avant une grande crise comparable à celle de 1929.
Certes la crise de 2007 fut pis que celle de 1929 dans ses fondements (mais la dérégulation de l'économie moderne - il n'y a plus de système monétaire - a permis de la juguler facilement... quand on peut créer autant d'argent que l'on veut sans incidence monétaire, on peut renflouer à l'infini) mais les économistes parlent de la conséquence de 1929 (Chômage X5, faillite du système bancaire...).

En résumé, on devrait avoir des petites crises entrecoupées de périodes d'apaisement (juste des pauses, sans véritable redressement économique) jusqu'à connaitre la crise majeure (c'est d'ailleurs ce qui se disait à Davos en off).
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 14:13

Citation :
Ils justifient la complication des normes par les politiques qui font semblant de les écouter puisque cela renforce la complication tout en donnant satisfaction.
s'ils pouvaient avoir la même chose (ou mieux du coup) sans la complication ne seraient-ils pas au moins aussi satisfaits ? (et d'un bord comme de l'autre ?)

Citation :
comme on a toujours les lobby des pour et des anti, on arrive à une certaine exhaustivité, à défaut d'objectivité
il y a des leviers économiques et d'intérêts personnels qui déséquilibrent peut-être la balance (exemple bateau d'études qui concluent au "non non ce n'est pas dangereux").

le quatrième scénario implique une évolution du modèle du coup les prédictions sont peut-être moins valables, sans oublier que dans certains modèles la crise économique est un moyen d'enrichissement ?

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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 14:20

A titre personnel, je te rejoins sur l'évolution du modèle mais ceux qui en profitent n'ont pas intérêt à ce qu'il change.


Sinon, pour l'auteur (indépendamment de l'influence), c'est justement la complication qui est recherchée car si on arrive à rendre un texte simple, il pourrait y avoir de la contestation. Par ailleurs, ceux qui rédigent mais encore plus ceux qui conçoivent les applications réglementaires ont intérêt à ce que la complication va crescendo car elle les rend indispensables, cela les valorise, pérennise leur place et leurs primes.
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 14:27

Merwyn a écrit:

Le droit, les lois, cela peut être passionnant si on se penche du côté de la philosophie du droit et que l'on remonte aux anciens (philosophes grecs).

mon approche du Droit a été plutôt historique, ainsi du Droit Constitutionnel, et ce pour m'échapper de l'Administratif ou de la succession des articles des Droits Civil et Pénal...Merci Merwyn Very Happy
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 21:49

Merci Chamaco.   content

Le droit constitutionnel est mon préféré, c'est celui qui se rapproche le plus d'une philosophie du droit... et puis, il est bien écrit (enfin, en grande partie). Mon faible va pour la DDHC (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen) même si on remarque tout de suite son origine bourgeoise.
D'ailleurs, si vous suivez les décisions du Conseil Constitutionnel en matière de QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité), les articles de la DDHC sont souvent utilisés pour contester (à raison) la constitutionnalité d'une loi.
Pour info et en schématisant, la QPC est une procédure récente qui permet à un justiciable de contester le motif accusatoire dans le sens où ce dernier s'appuierait sur une loi (un article) contraire à la constitution. La QPC permet aux personnes physiques et morales (enfin, surtout à leurs avocats) de nettoyer un peu les codes juridiques.

Exemple: décision du CC du 15 janvier 2016 (donc tout chaud du Palais royal)

1. Considérant qu'aux termes de l'article L. 3121-10 du code des transports dans sa rédaction issue de la loi du 1er octobre 2014 susvisée : « L'exercice de l'activité de conducteur de taxi est subordonné à la délivrance d'une carte professionnelle par l'autorité administrative. Il est incompatible avec l'exercice de l'activité de conducteur de voiture de transport avec chauffeur » ;
[...]
4. Considérant qu'il est loisible au législateur d'apporter à la liberté d'entreprendre, qui découle de l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, des limitations liées à des exigences constitutionnelles ou justifiées par l'intérêt général, à la condition qu'il n'en résulte pas d'atteintes disproportionnées au regard de l'objectif poursuivi ;
[...]
DÉCIDE :

Article 1er.- La seconde phrase de l'article L. 3121-10 du code des transports est contraire à la Constitution.


Et voilà, par une QPC, grâce à la DDHC, les chauffeurs de taxi peuvent, maintenant, également être VTC !
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 21:58

Merwyn a écrit:
Sinon, pour l'auteur (indépendamment de l'influence), c'est justement la complication qui est recherchée car si on arrive à rendre un texte simple, il pourrait y avoir de la contestation. Par ailleurs, ceux qui rédigent mais encore plus ceux qui conçoivent les applications réglementaires ont intérêt  à ce que la complication va crescendo car elle les rend indispensables, cela les valorise, pérennise leur place et leurs primes.
Je pense qu'à côté des cas de complications volontaires il y a beaucoup, si ce n'est énormément, de cas de complications par l'usage seulement parce que d'habitude on ajoute, comme ça vient. et qu'au fond une loi ça doit être comme le reste : ce n'est pas le bon jour, il faut aller vite, pas les bonnes circonstances, pas forcément les bonnes personnes non plus, pas de contrôle, pas de procédure qui prennent en compte le ménage ou la réécriture. (en même temps quand on voit le bazar d'une réécriture sur un gros projet info, imaginer un gros projet avec plus de ramifications et sans les mêmes moyens de contrôle, pas pire sans doute qu'un long dérèglement mais ça doit pouvoir donner le vertige... )

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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Sam 23 Jan 2016 - 22:21

Oui Animal, les raisons que tu évoques me semble tout à fait cohérentes (l'auteur en parle d'ailleurs même s'il les minimise), d'autant qu'il n'est pas rare (voire fréquent) de constater qu'après chaque loi importante, il y a un florilège de décrets qui paraissent corrigeant tel ou tel article (fréquemment pour fautes de frappe d'ailleurs ou parce qu'ils ont oublié un bout de la phrase...).
C'est dommage car la loi est ce qui doit surtout être rédigé avec le plus d'attention, c'est à l'aune de sa qualité que se traduit une partie du bien vivre en société.
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MessageSujet: Re: Jacques Bichot   Mer 3 Fév 2016 - 22:46

Quelques mots pour finir.

L'auteur, dans sa conclusion, précise que les exemples donnés ne sont nullement exhaustifs, loin de là.

Arrêtons-nous sur quelques-uns de la vie quotidienne.

Il prend par exemple une illustration personnelle, celui du décès de sa belle mère. Il explique les démêlés qu'il a eu avec le fournisseur de téléphone et d'Internet qui continuait d'envoyer les factures à la défunte, quand bien même il connaissait le décès de la personne et prenait acte ... tout en continuant à lui écrire comme si elle était vivante et même... dans une de ses dernières lettres, lui faisant part de ses condoléances...
En tout 8 lettres, malgré les nombreux courriers officiels du notaire informant le fournisseur de la situation.

L'auteur explique cet état au niveau des procédures, celle du décès n'existait pas chez le fournisseur et, comme les courriers sont pré-déterminés (juste nom, adresse, montant à indiquer), et qu'il ne peut comprendre ce qu'est un décès (puisque cela n’obéit à aucune réponse prévue), il ne tenait compte des courriers du notaire et continuait comme si de rien était. Et, la seule fois où il a essayé d'adapter sa correspondance, il a, comme indiqué au-dessus, présenté ses condoléances à la défunte.


A ce malheur (qui a peut-être persuadé l'universitaire à écrire l'ouvrage), il y a d'autres illustrations qui portent à s'interroger.

Par exemple, celle du Prix Nobel d'économie, Robert Solow qui énonce "Vous pouvez voir l'informatique partout, sauf dans les statistiques de productivité".
En effet, alors que l'informatique, dans sa globalité, aurait du et aurait pu faciliter le travail, elle l'a compliqué et, plutôt que de faire gagner en productivité, elle l'a diminuée.

En y réfléchissant, oui, les robots font gagner en productivité (mais peut-être qu'on est plus dans la robotique et mécanique qu'informatique) mais non, les ordinateurs, smartphones et autres, au quotidien d'un salarié, font perdre en productivité.
J'avais lu, il a y a quelques années une étude anglophone qui parlait des cadres et qui mentionnait la chute de leur productivité, passant plus de temps à lire leurs mails (et à y répondre) qu'à travailler sur leurs dossiers ou devant si souvent répondre à un message qu'il ne pouvait plus se concentrer convenablement, faisant beaucoup d'erreurs, qu'il était long à corriger.


Il mentionne également la révolution du téléphone qui complique beaucoup la vie des gens. Quand téléphoner n'était pas gratuit (ou presque), lorsque le téléphone sonnait, c'était important sinon intéressant, on  n'appelait pas quelqu'un parce qu'on avait rien de mieux à faire ou pis, parce qu'on a des services ou des produits à vendre.
Aujourd'hui, le téléphoner low cost a pour conséquence que d'ami le téléphone est devenu méfiance voir pour certains ennemi. On n'ose plus décrocher ou on appréhende.

Vous me direz, il exagère et je suis assez d'accord avec vous mais, je me dois aussi d'avouer que je ne décroche jamais quand le numéro appelant ne fait pas parti de mes contacts enregistrés et que, dès lors, je ne réponds pas à une majorité d'appels (environ 90%). Au final, on assiste bien à une complication, soit on ne décroche pas si on ne connait pas l'appelant et on peut passer à côté d'un appel important soit on décroche à tous les appels et on devient une cible toute choisie pour le phoning.


En guise de conclusion, mon avis sur cet ouvrage est lui, assez simple. L'auteur à mon sens utilise la pédagogique de l'exagération, à savoir grossir ce qui est car il sait très bien qu'entre ce qu'il écrit et ce que le lecteur retient, il y a une perte et que, de ce fait, ce qui sera retenu devrait correspondre à la réalité.
Toutefois tous ses arguments tiennent car oui, on peut régner par la complication (les Flamands jugés dans la seconde moitié du 19s en français en savent quelque-chose), les lois sont artificiellement compliquées (suffit de lire un code de loi pour remarquer très vite que tel mot aurait été plus accessible, que telle phrase aurait du être placée en 1re, qu'il ne fallait pas renvoyer à un autre article mais nommer et que les 3/4 de ce qui est énoncé complique, coûte plus cher et aurait été plus efficacement mis en oeuvre sans un texte normatif).
On a également vu ce qu'ont donné les fonds d'investissement, subprimes, fonds indiciels et OPCVM, sans compter les hedge funds, montages si compliqués qu'il est impossible de savoir sur quoi ils sont basés réellement (loin des beaux discours des commerciaux) et qui laissent le souscripteur à la merci du financier qui les proposent (qui lui aussi ne les comprend pas et c'est pour cela qu'il a des intermédiaires... qui eux aussi ne les comprennent pas mais qui prennent une commission au passage).
Enfin, tout le monde sait que pour garder son poste dans le privé, il faut se rendre indispensable et que, sauf à être un surdoué dans son domaine, personne n'est indispensable, d'où la tentation de certains de créer ce qui les rendra indispensables, à savoir la complication que eux seuls peuvent résoudre (puisqu'ils l'entretiennent).

Au final, cet ouvrage est pour moi un essai, écrit pas une personne fort compétente et fort bien placée pour servir de boussole. Il ne demande pas à ce que l'on adhère à tous les arguments de l'auteur mais qu'on s'interroge et que, par notre réflexion, nous arrivions à mieux discerner la supercherie qui nous entoure afin de mieux s'en prémunir et, peut-être, un jour, arriver à inverser la tendance.
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