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 Sinclair Lewis

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sousmarin
Zen littéraire


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MessageSujet: Sinclair Lewis   Jeu 11 Oct 2007 - 18:45


Sinclair Lewis (7 février 1885 – 10 janvier 1951) est un romancier américain devenu à son époque chef de file de l'école réaliste américaine, une sorte de Zola de la classe moyenne.
Ses romans sont une satire acerbe mais juste de la Middle Class américaine, de ses préoccupations mercantiles, matérielles et religieuses à travers les portraits de ceux qui « réussissent ».


Elmer Gantry : que je viens de finir de lire, écrit en 1927, prix Nobel en 1930 (Lewis fut le premier Américain à être honoré de cette récompense), ce qui à l’époque fit scandale dans l’Amérique hypocrite et bien pensante qui n’aima pas voir dans ce livre miroir, son visage.
Ce roman nous narre l’ascension d’Elmer Gantry au sein des religions protestantes américaines. Il ment, triche, truque et gravit les échelons dans une société où l’apparence morale est primordiale et où l’on est souvent prêt à tout pour la préserver. Il finira à la tête de la plus importante église méthodiste des Etats-Unis.
Le film qui en a été tiré nous dépeint un héros malhonnête et sympathique, une canaille certes mais avec ses bons côtés. Le livre nous livre un personnage plus noir ; un égocentriste, presque mégalomane, s’apitoyant sur lui, ne s’intéressant aux autres que par rapport à ce qu’ils peuvent lui rapporter.

Babbitt, écrit en 1922, que j’ai lu il y a quelques années nous dépeint l’américain moyen, obsédé par les valeurs matérielles, roulant ses clients, prenant ses bénéfices et se moquant de l’amour…il parle 3 langues : l’américain, le baseball et le poker…il réussit et devient le héros américain, le « businessman ». Il symbolise l’enrichissement rapide par la spéculation (il est agent immobilier).


Sinclair Lewis frappe fort et là où ça fait mal. Méthodiquement, il assène coup sur coup à deux des plus importantes "mamelles" de l’Amérique : l’économie et la religion ; édifices qui ne font que favorisés les malins réactifs, hypocrites et mercantiles…les picaros modernes.
Pas de coup de théâtre où d’envolée lyrique dans ses romans mais des descriptions minutieuses, logiques, implacables qui font exploser les belles images…
Ces romans ne sont pas crédibles, ils respirent la réalité.
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domreader
Zen littéraire
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MessageSujet: Re: Sinclair Lewis   Jeu 11 Oct 2007 - 20:28

J'avais lu Babbitt il y a 6 ou 7 ans, et comme toi je l'avais trouvé décapant cet auteur, surtout pour l'époque... Du coup ta description d'Elmer Gantry me rappelle l'existence de Sinclair Lewis et me donne envie de le lire aussi. Les grands ne vieillissent pas !

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'Si vous ne lisez que ce que tout le monde lit, vous ne pouvez penser que ce que tout le monde pense.' - Haruki Murakami.
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K
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MessageSujet: Re: Sinclair Lewis   Mer 27 Fév 2008 - 17:22

Je n'avais remarqué qu'il existait déjà un fil sur Sinclair Lewis mais je poste tout de même mon petit texte sur Babitt tel quel, d'autant qu'il s'y trouve quelques précisions supplémentaires et différences par rapport au commentaire de Sous-marin (je me suis moins focalisé sur l'affairisme du personnage, par exemple).

Babitt

Babitt, publié en 1922, est un des classiques de la littérature américaine du XXiè siècle. Son impact a d'ailleurs quitté le domaine strictement littéraire pour entrer dans le langage courant. En Amérique, Babitt est devenu un nom commun, voir un adjectif. On dit un babitt, une époque babitt, un comportement babitt, comme on peut parler de bovarysme en France.
Car Babitt représente l'archétype du petit-bourgeois conformiste évoluant dans son microcosme étriqué. Le roman de Lewis est une satire de cette classe laborieuse et puritaine, soucieuse avant tout se se glisser dans un stéréotype d'existence, de suivre "son petit bonhomme de chemin" (comme dit le personnage).

Babitt est donc un homme d'affaires vivant à Zénith, un gros bourg du Middle-West. Il est évidemment marié et père de deux enfants. Ses affaires sont plutôt prospères, sa maison ne manque d'aucun des gadgets à la mode, il est membre d'un club et c'est un bon chrétien.
Pourtant, derrière cette facade impeccable, Babitt se sent souvent des envies d'évasion, de petites transgressions qu'il recherche à travers la boisson ou le sexe. Mais rien ne semble pouvoir fissurer le bel édifice des contraintes sociales et familiales où "quand on appelle le bonheur, c'est le confort qui répond" (dixit Paul Morand dans sa préface). Le scénario semble avoir déjà été écrit et on ne peut s'y soustraire.
Devenu vieux, Babitt aura pourtant pour son fils cette déclaration en guise d'aveu :
"Je n'ai jamais dans toute ma vie fait une seule chose que je désirais. Je ne crois pas avoir réussi quoi que ce soit, sinon à suivre mon petit bonhomme de chemin. Je me figure que j'ai peut-être avancé d'un quart de pouce sur une centaine de milles possibles. Eh bien, peut-être iras-tu plus loin... je ne sais pas. Mais j'éprouve une sorte de satisfaction furtive à voir que tu savais ce que tu voulais et que tu l'as fait. Tous ces gens qui sont là, à côté, vont essayer de t'en imposer, de te dompter. Envoie-les promener, je te soutiendrai. Ne te laisse pas effrayer par la famille, non, ni par toute la ville de Zénith..., ni par toi-même, comme je l'ai fait. En avant, mon petit ! Le monde est à toi !"

Sinclair Lewis n'adopte aucun ton méprisant ou moqueur envers son personnage, se contentant d'en faire la radioscopie, parfois même en s'autorisant une certaine sympathie pour lui, ce qui rend l'ensemble moins lourd que ne le serait un pamphlet et donne au roman son humanité.
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Sinclair Lewis   Mer 27 Fév 2008 - 21:36

Encore un auteur que je dois découvrir !

le film Elmer Gantry, il me semble l'avoir vu (avec Burt Lancaster ?)
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Sinclair Lewis   Jeu 28 Fév 2008 - 0:18

Bédoulène a écrit:
Encore un auteur que je dois découvrir !

le film Elmer Gantry, il me semble l'avoir vu (avec Burt Lancaster ?)
oui Un excellent film de Richard Brooks avec Burt Lancaster et Jean Simmons tourné en 1960.
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Hank
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MessageSujet: Re: Sinclair Lewis   Lun 26 Jan 2009 - 15:46

J'ai fait une tentative dernièrement avec "Le lac qui rêve" (Mantrap, je crois), mais après seulement quatre chapitres, il m'est tombé des mains. En vous lisant, je me dis que je n'ai pas dû entrer par la bonne porte, je retenterai avec Babbitt je pense, la description qu'en fait sousmarin me titille...
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topocl
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MessageSujet: Re: Sinclair Lewis   Sam 13 Aoû 2011 - 11:28

Babbitt est un homme ordinaire qui se croit extraordinaire. La réussite est là : une maison mode et rangée, une femme dévouée à défaut d'être excitante, trois enfants obéissants quoique récriminants. Un travail d’agent immobilier qui lui confère assurance et rémunérations. Il s'épanouit dans une ville moyenne du Middle-West américain où les valeurs sont : la réussite sociale, l'aisance financière, la moralité sous couvert de religiosité pudibonde. Fier de lui, content de ses principes, heureux de ses amitiés qui ressemblent à des alliances commerciales, il acquiert une petite célébrité locale grâce à son sens des affaires, ses décisions justes dont l'immoralité est suffisamment cachée pour être acceptable, son éloquence proverbiale.

Cette belle carapace de paraître va se fendiller par endroits et il est tenté par des idées folles (qu'il ressent lui-même comme folles). Par éclairs, son quotidien lui paraît terne et ses aspirations sans gloire. Il est passé à côté de l'amour . La seule chose vraiment valable de son existence, son amitié pour Paul, le confronte à un questionnement nouveau. Il se lance dans des choses « extravagantes » : une aventure extraconjugale, des fêtes débridées, des propos « libéraux ». Va-t-il résister à la pression sociale et familiale, conquérir son indépendance et sa liberté, ou revenir sagement dans le rang de ceux qui ont été jusque-là ses frères ?
Spoiler:
 
Le début est assez laborieux, car dans son désir de décrire cette Amérique moyenne aux aspirations mesquines, à la grande autosatisfaction, Sinclair Lewis n'y va pas avec le dos de la cuillère. Tous les personnages entrent dans le stéréotype et sans demi-mesure : les hommes sont virils et enthousiastes, les femmes soumises et n’ont d'autres idées que leur ménage en tête. Les enfants font ceci, les femmes font cela… On ne sort d’aucun stéréotype, et le lecteur ne risque pas de passer à côté du message.

Cependant quand Babbitt commence à se poser épisodiquement quelques questions, même si c'est avec naïveté et une certaine suffisance, on s'attache au récit, on se met à espérer que cet antihéros va s'émanciper et devenir pourquoi pas un homme libre. On découvre certaines failles dans les personnages (Babbitt se plaît à encourager son fils qui ne suit pas la voie tracée, son épouse révèle la détresse derrière sa routine), même si celles-ci sont vite colmatées par peur du qu'en-dira-t-on.

Dans le récit de Sinclair Lewis il n’ y a aucun mépris pour ses personnages, parfois une certaine ironie mais qui reste légère. La critique reste implicite. Il reste très descriptif et sans jugement vis-à-vis de cette petite Amérique puritaine qui veut construire une grande Amérique. Tout cela manque sans doute un peu de dynamisme et d'humour.
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bix229
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MessageSujet: Re: Sinclair Lewis   Sam 13 Aoû 2011 - 15:50

Oui, Sinclair Lewis est un peu l' auteur d' une époque. Main Street, Babbit sont des oeuvres assez typiques mais un peu trop démonstratives.
Elmer Gantry, l' histoire d' un charlatan, est peut etre le plus efficace. Iil a été adapté au cinéma, avec
Burt Lancaster, excellent, dans le role d' Elmer Gantry.
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