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 Thierry Hesse

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shanidar
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MessageSujet: Thierry Hesse   Lun 26 Avr 2010 - 9:03



Thierry HESSE est né le 22 août 1959 à Metz (Moselle). Il est professeur de philosophie au lycée de la communication à Metz et il est l'un des fondateurs de la revue littéraire L'Animal , qu'il a dirigé de 1996 à 2001.


Bibliographie


2003 Le Cimetière américain,
2005 Jura,
2009 Démon,
2012 L'Inconscience,




Le cimetière américain  

1983. Pays des Vosges. Reine. 15 ans. Son corps est retrouvé dissimulé dans la forêt.

Un fait divers et d'hiver, pour un premier roman écrit comme un compte rendu d'enquête, une lecture journalistique de la vie d'une jeune fille, écrasée par son manque d'avenir et qui pourtant rêvait encore. Une jeune fille lisse prisonnière de la détresse sociale d'un pays gangréné par l'absence de travail.
Hesse utilise sa plume comme un scalpel pour disséquer les fatigues, les errements, les noirceurs d'un pays sans lendemain, sans espoir, sans ciel, un pays où l'homme s'épuise à des tâches routinières, où la misère s'enlise, où tout fuit. La mise à distance imposée par l'écriture est soignée, précise, comme si l'auteur avait utilisé le microscope des experts scientifiques pour venir à bout non seulement de l'énigme d'un meurtre, mais de la désolation de toute une société prisonnière de la fermeture des usines, de l'avilissement social, du manque de respiration. Cette mise à distance est aussi le bon moyen d'éloigner le pathos ou le misérabilisme, les bons sentiments et les phrases molles qui auraient pu lésé le propos. Le récit est sec, concis, exact comme le serait un rapport d'autopsie ou la conférence d'un entomologiste et il y a de ça dans l'écriture de Hesse, une étude profonde et riche de chaque personnage : l'ouvrier, la collégienne, la mère, le père, l'étranger...
Tout est noyé dans une grisaille, un récit en noir et blanc suffocant, implacable, dans un roman où l'écriture est comme un halètement. Ici, pas de poésie pour raconter la sueur, le cambouis, la répétition abérrante des gestes, mais une densité qui prend à la gorge, qui plonge la gueule dans cette rivière de la V. qui cache son nom et ses noyés, une écriture au rasoir qui soulève les peaux mortes, la lourdeur des chaînes, l'aliénation des hommes-machines et montre tout ce qui part à vau-l'eau.
Roman engagé car roman social, Hesse ne tombe pas dans le piège de la démonstration, ni de la vitupération. Calme, inspiré, lourd de crasse et de bêtise, de laisser aller et de fatigue, ce court roman est un aiguillon et une petite fenêtre ouverte sur une région asphyxiée, en déshérence. Hesse nous donne à sentir la misère à travers de petites touches si criantes de réalité qu'il suffit parfois de fermer les yeux pour se retrouver dans la tête triste de Reine et attendre avec elle le prince charmant qui la sortira de cette déliquescence, fermer les yeux pour entendre les bruissements de la forêt qui régurgitera le corps de Reine, fermer les yeux pour entendre le roulement des machines, le souffle des cadences de l'usine en faillite.
Le Cimetière américain est un petit livre dur et coupant, lourd d'une vie dérisoire dont il est bon parfois d'entendre les échos.
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Marie
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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Lun 26 Avr 2010 - 20:48

Noté.. j'avais déjà retenu Démon ,du même auteur, sorti cette année,mais pas encore lu.

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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Lun 26 Avr 2010 - 21:34

Je l'avais noté également, on en a pas mal parlé (et en bien) à sa sortie Basketball
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shanidar
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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Mar 27 Avr 2010 - 11:04

Démon édition de l'Olivier (2009)

Difficile de résumer un tel roman. Est-ce un roman d'ailleurs ? Il en a la facture, les personnages sont sans doute fictifs et pourtant on dirait presque une confidence... Pierre est journaliste, un journaliste qui aime les catastrophes naturelles (inondations, séismes...) et qui va connaitre dans sa propre vie un véritable cataclysme. Au début du livre, il gît sur un lit d'hôpital, la jambe déchiquetée. Et il décide d'écrire sur de petits cahiers comment il en est arrivé là.
Tout commence par les confidences du père de Pierre, qui lui révèle quelques mois avant de se suicider par pendaison son appartenance au peuple juif. Et cette révélation va faire l'effet d'une bombe dans l'esprit du journaliste. Pierre décide donc de retrouver les traces de ses ascendants russes (essentiellement ses grands-parents juifs assassinés), mais il n'éprouve pas le besoin de retourner en Russie, non ce qu'il veut éprouver c'est ce que ses grands-parents ont vécu. Il part donc en Tchétchénie où la guerre fait rage. Pour Pierre, les Tchétchènes sont les juifs du XXIème siècle, assassinés, martyrisés, oubliés, ils succombent aux mêmes maux.
Déroulant deux fils parallèles, l'histoire politique de l'URSS et du XXème siècle ainsi que celui du XXIème siècle et de la guerre en Tchétchénie, Thierry Hesse réussit le bel exploit littéraire de nous emporter dans une narration féconde, illuminée, riche en anecdotes et en rappels historiques. A la fois terriblement documenté (mais pas croulant d'érudition) et très sensible, son récit est raconté d'une façon très simple, très accessible, comme s'il s'agissait d'articles de journaux dont on pourrait tirer des morceaux de vie, des intimités visitées, des héros époussetés (je pense en particulier à l'incroyable portrait de Staline et à l'épisode marquant de sa mort).
Le rapport au père, au passé, à l'Histoire qui se fait comme à celle d'où l'on vient est ici parfaitement maitrisé et le livre se lit (vit ?) avec une étonnante familiarité.
Loin de l'écriture chronométrée du Cimetière américain (son premier roman), Thierry Hesse lâche du lest et son style se fait plus coulant, moins resséré, moins haletant pour recréer cette grande fresque à la fois historique et guerrière, personnelle et hantée.
Le dernier mérite de ce très beau roman est sans doute de nous rappeler l'existence des Tchétchènes, leurs souffrances et les dangers bien réels des journalistes de terrain.
Très beau livre, donc, très maitrisé, avec de magnifiques portraits d'humains et une femme qui passe, revient et hante le narrateur...
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Mer 25 Aoû 2010 - 11:06

Démon :

"Démon" est un roman au souffle épique qui va retracer en un effrayant ballet la grande et la petite Histoire, des purges staliniennes des années 1930 aux massacres contemporains de Grozny en passant par les attentats du 11 septembre 2001. On y croisera plus de 200 personnages, réels ou fictifs, qui jouèrent, ou jouent encore, à plus ou moins grande échelle, un rôle dans le destin de ce XXème siècle particulièrement brutal, et de ce début du XXIème qui ne s’annonce guère meilleur.

Le personnage central et narrateur de ce récit s’appelle Pierre Rotko, reporter pour un grand journal parisien, hospitalisé après avoir reçu une balle dans la jambe à Grozny.
Cette immobilisation forcée va être l’occasion pour Pierre Rotko de retracer les évenements qui l’ont poussé à se rendre en Tchétchénie et d’y croiser la trajectoire d’une balle tirée par un sniper.

Tout a commencé après la mort de sa mère lorsque son père, Lev Rotko, avocat parisien, après de longues années de silence, a commencé à évoquer son passé et à raconter à Pierre les circonstances qui l’ont amené à arriver clandestinement à paris en 1953. C’est ainsi que Pierre Rotko va découvrir ses origines en prenant connaissance du destin de ses grands-parents paternels, Franz et Elena, juifs de Stavropol, dans le nord du Caucase, qui dès les premières années de leur mariage, dans les années 1930, vont être stigmatisés par le pouvoir stalinien du fait de leur judéité, persécutions qui atteindront leur summum lorsque le IIIème Reich envahira la Russie et mettra à exécution, ici comme ailleurs, son plan d’élimination à échelle industrielle des juifs.

Avant de disparaître à tout jamais dans l’horreur des camps de la mort, Franz et Elena ont pu mettre à l’abri chez des amis leur fils unique, Lev, qui survivra à la barbarie nazie pour mieux endurer par la suite la barbarie stalinienne qui, après comme avant la 2ème guerre mondiale ne cessa de persécuter ses minorités : juifs, ingouches, tatars, etc… en organisant pogroms et déportations à grande échelle. C’est quand s’éteindra le « petit père des peuples » que Lev Rotko, profitant d’un heureux concours de circonstances et de l’hébétude créée par la mort du dictateur communiste, passera à l’ouest pour se retrouver à paris et embrasser une carrière d’avocat.

De ces années qui ont vu la disparition de ses parents dans l’enfer de la déportation jusqu’à sa fuite vers l’ouest, Lev Rotko s’avérera peu disert jusqu’à la mort de sa femme où il entamera alors le récit de ses origines qu’il confiera à son fils avant de se suicider.

Profondément marqué par cette histoire familiale et soucieux d’en savoir plus, Pierre Rotko, qui en sa qualité de reporter a écumé nombre de pays en guerre, notamment en Afrique, va tenter d’en savoir plus sur ses grands-parents, Franz et Elena, se demandant comment ils ont pu s’aimer, se marier, avoir un enfant et vivre dignement au milieu de toutes les atrocités de leur époque jusqu’au moment où la dernière étincelle d’espoir s’éteignit à tout jamais.

Où trouver, en ce début du XXIème siècle, un lieu qui soit en quelque sorte comparable au Stavropol de ces années 1930-1940, un lieu où la peur est omniprésente et où chaque geste de la vie quotidienne est marqué du sceau de la terreur et de la mort violente ? La tchétchénie.

C’est en effet à Grozny que va se rendre Pierre Rotko car pour lui les tchétchènes vivent le même destin que les Juifs d’Europe pendant la première moitié du XXème siècle, persécutés dans l’indifférence générale :

« Bien entendu, depuis 1942, il y avait eu sur la planète d’autres victimes. De par mon métier, j’en avais été plusieurs fois le témoin. Cependant, était-ce parce que Grozny est à côté de Stavropol, parce que la force des uns et la faiblesse des autres, comme dans l’histoire des Juifs, sont tellement inégales là-bas, je ne doutais plus que les Tchétchènes fussent les Juifs d’aujourd’hui, même si, en l’écrivant, en y pensant seulement, je devinais combien cette opinion me serait reprochée ».

C’est donc à une véritable immersion dans l’Histoire du XXème siècle, ainsi que les conséquences de cette Histoire sur notre présent et notre avenir, qui nous sont contées ici. Mêlant habilement faits réels et fictionnels, Thierry Hesse nous livre une multitude de clés susceptibles de nous faire mieux appréhender l’actualité des conflits qui ravagent aujourd’hui encore notre monde contemporain.

On découvrira aussi et surtout dans cette œuvre une fresque monumentale et épique, une tragédie humaine que n’auraient pas renié Tolstoï et Vassili Grossmann.

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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Ven 11 Nov 2011 - 9:33

Le cimetière américain

Un roman de la désespérance, beau, magnifique, bouleversant…

Thierry Hesse s’empare d'un fait divers qui défraya jadis la chronique, l’épure du trivial et du sensationnel, pour lui donner un sens, en faire un splendide roman, austère, universel, porté par un souffle magique.

Le premier personnage du roman, c'est un petit coin des Vosges, obscur, marquée par un siècle d'histoire qui a méprisé les hommes. Deux guerres, une industrialisation galopante qui s'est épanouie au prix de la peine des hommes, pour mieux les lâcher ensuite sans aucune empathie ou dignité. Cette histoire se marque dans le paysage par des cimetières militaires, des usines désaffectées, dans un climat hostile. Dans les villages épars, les hommes se perdent dans le mépris d’eux même et la solitude, les enfants montent dans des cars scolaires en rêvant d'avenirs dérisoires. La colère monte et explose sa douleur en une violence cathartique.

Hesse nous raconte l'histoire des hommes par petits tableaux, portraits tout en finesse du désespoir et de la fatalité ordinaire. Il abandonne toute chronologie pour nous livrer finalement la cohérence profonde de cette histoire. Il adopte un style tumultueux, riche, chaotique, unique. Chaque phrase, lue dans l'urgence, mérite d'être reprise, pour mieux apprécier la justesse et la beauté.

Le cimetière américain est un éblouissant hommage aux « petites gens », à la souffrance non dite, à la misère des hommes.

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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Ven 11 Nov 2011 - 9:47

le cimetière américain

Citation :
C’est qu'on ne voit pas par quel moyen s'accommoder de cette existence immobile, de ce temps long, si long, qui n'est pas près de s'emballer, de ces mois de neige et d’ennui, ces coups de chaleur époustouflants l’été - avant que la pluie dévale en grosses gouttes tièdes, collantes, au bout d'une journée vide d'air-, de cette traîne de gris pesant bas au-dessus des maisons et coteaux et des toits contournés des usines, de ces bruits sporadiques - cris d'oiseaux ou d’enfants, aboiements de chiens, anneau rongé heurtant quelque part un pilier en métal - qui agacent les nerfs.


Citation :
Après je m'assois sur une pierre, un talus, sans un bruit doucement j'entre dans le paysage, dans sa bonne senteur. Là je pense à la vie, à ce qui nous arrive, je devrais être heureux assis sur ce rocher, d’avoir ainsi rejoint le paysage, je suis seul coup avec moi, la pensée peut voler ou gravir. Quand vient sans crier gare ce sentiment de crainte, quelque chose qui se noue quelque part entre gorge et poitrine. Être heureux je me dis est proche, à portée de ma main, quelque chose me retient cependant, quelque chose d'ancien qui est là et qui pèse sur ma nuque et mon cœur.


Et ce tableau que Thierry Hesse décrit magnifiquement pages 159-160 : La douleur de Emile Friant



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shanidar
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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Ven 11 Nov 2011 - 12:36

chouette commentaire topocl, qui rend bien l'atmosphère saturée de gris et de cris contenus du roman.

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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Dim 12 Aoû 2012 - 2:43

Lu dernièrement Le cimetière américain, et rien à rajouter aux commentaires de Shanidar et Topocl. C'est court , percutant et on y repense après lecture , contrairement à tant d'autres.

En exergue:
Comment vos têtes sans toit et vos flancs affamés, vos haillons tout percés d'ajours et de fenêtres ,vous protègeront-ils d'un temps comme celui-ci ?

Shakespeare Le Roi Lear

Citation :
Il abandonne toute chronologie pour nous livrer finalement la cohérence profonde de cette histoire.
C'est effectivement une grande force de ce roman que cette construction très maitrisée et ces styles narratifs variés en fonction des personnages .

Un autre extrait:

Ce mercredi de juin , entrés par petits groupes dans l'Atelier- Charton ainsi qu'on les avait, dix par dix, convoqués à des heures différentes, et la première image: les machines arrêtées au milieu du hangar. Parfois un grésillement ou bien un claquement mat, raclement de cylindres, de bobines de filés, coton cardé, peigné. Quelques hommes d'entretien, prolongés pour quinze jours , les vérifiaient encore avant de les ensevelir sous de grandes bâches plastiques. Machines fières et vaillantes, quoique bonnes pour la casse à présent, ou pour produire ailleurs, dans un endroit du monde où la matière humaine coûte beaucoup moins qu'ici . Et là, debout, figé, avec les camarades, les poings au fond des poches d'un pantalon de ville, attendant qu'on l'appelle et le sorte du groupe, la bourrade amicale de Lequier en passant, qui samedi ne serait plus contremaître, qui ne serait plus grand chose. Ensuite, gravir les marches jusqu'aux bureaux d'étage, et au bout du couloir au sol de balatum la cage du comptable,les coudes bien calés sur le guichet de feutrine, suivant des yeux le mouvement nerveux de ses mains au comptable, de ses bras qui allaient et venaient au-dessus bu bureau encombré, passant d'une pile d'imprimés à un carton d'enveloppes , des signes de gêne et d'impatience. Quoique ça se fît en ordre: Heckmann faut signer , qu'il a dit tout à coup Béranger, là en dessous , qu'il a dit Béranger, le virement à ta banque dans huit jours, qu'il a dit Béranger. Alors marquer son nom aussi vite que possible, avant que ça se déchire, une brûlure dans la gorge. Aussi aux camarades qu'ont pu penser que cinquante mille c'était our voir venir, pour voir venir la fin il eût fallu répondre.



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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Dim 12 Aoû 2012 - 9:09

J'ai relu tous vos commentaires avec intérêt et j'ai bien noté le nom de cet auteur dans mon petit carnet, ses romans m'attirent.

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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Dim 12 Aoû 2012 - 9:11

Mon libraire m'a dit le plus grand bien de son prochain livre.....L’inconscience
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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Mer 31 Oct 2012 - 20:36

L’inconscience



Je garde un souvenir plutôt intense de Démon et Le cimetière américain, dans des genres très différents.
D’où, malheureusement, ma déception.

Le premier chapitre , assez plaisant, nous présente deux garçons nés en province (Petez) d’une mère gentiment catho et d’un père rigolard. Cinquante ans après on retrouve Marcus au chevet de Carl, dans le coma pour être tombé d’un troisième étage. Suit un récapitulatif des chemins différents parcourus par les 2 frères, l'un raisonnable et l'autre fort décontracté, qui ont en commun leur capacité à se faire laisser sur place par leurs amis et amants.

Je me suis ennuyée tout au long de la lecture, que je n'aurais certainement pas terminée si l'auteur n'avait pas eu ma faveur. Thierry Hesse multiplie les personnages secondaires, dont il traque la biographie, mais ne sait capter l'épaisseur, dans des allers-retours entre passé et présent (et flash-backs dans les flash-backs…). Il situe son originalité dans une espèce de description sociologique de la France provinciale des 50 dernières années, qui ne se situe guère dans une réalité bien précise et n'a pas su capter mon attention, c'est à la limite du prétentieux (Regardez comme je sais aller au delà de ma petite histoire, écrire non seulement mon roman sur deux frères mais quelque chose de beaucoup plus universel, toute l’histoire d'une génération.).

Le style aussi m'a irritée, avec une propension aux listes et accumulations qui joue trop la facilité, et une ironie qui met une distance pas toujours agréable. J'ai trouvé assez scolaire le rapprochement répété entre le parcours des personnages et certaines lectures ou films. L'intrigue est plutôt mal construite, lâche des personnages ou des situations en cours de route sans les creuser (le père, la clinique de Carl), joue excessivement avec les non-dits, les traces perdues, et finit par donner un sentiment inabouti.

Une réelle insatisfaction donc à la lecture de ce roman mal foutu, pas seulement parce que j'en attendais beaucoup, mais surtout parce que je n'ai rien trouvé à en sauver.

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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Mar 6 Nov 2012 - 11:21

-L'inconscience-

Merci pour ce commentaire Topocl, tu résumes bien ma pensée. J'avoue, je n'ai pas eu l'envie de le faire moi-même, ce roman m'ayant copieusement ennuyée dans l'ensemble. D'autant que j'en attendais un peu plus. La fille qui me le passait l'ayant bien aimé, je me suis demandée pourquoi, tout au long de cette lecture. Le début partait bien (les petits examens de coeur à la table familiale) l'humour était présent, je n'étais pas loin de tomber en empathie pour Marcus tentant de comprendre le cheminerment de Carl plongé dans le coma...

Mais au milieu, ça a fait plouf, une extrême lassitude m'a envahie, Thierry Hesse cherchant par tous les moyens à raccorder son histoire à une thématique plus universelle comme le dit topocl, et des références littéraires ou sociologiques (Dante, le rachat, la société coupable de ses maux etc) qui me sont apparues tellement placardées que la plupart me sont passées au dessus. Je n'ai repris le fil du récit (si on peut le nommer ainsi) que dans la troisième partie, celle de la jeunesse de Marcus et de ses souvenirs à Barcelone avec quelques étudiantes, pour le finir en diagonale tant tout cela m'a semblé bavard et sans grand intéret. Le genre de lecture pénible et qui nous laisse le sentiment bizarre d'avoir raté quelque chose sans être certain que le lien soit réellement pertinent. Une lecture en somme laborieuse en ce qui me concerne.
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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Mar 6 Nov 2012 - 11:27

conseillé par mon libraire......mais je suis largement refroidie par vos commentaires, donc je passerai mon tour.
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topocl
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MessageSujet: Re: Thierry Hesse   Mar 6 Nov 2012 - 12:36

Si tu veux lire Hesse, essaie plutôt le Cimetière américain ou Démon. là, c'était la classe!
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