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 Samuel Johnson

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eXPie
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MessageSujet: Samuel Johnson   Ven 21 Sep 2012 - 10:36

Samuel Johnson
(Lichfield, 18/09/1709 - Londres, 13/12/1784)


Citation :
"Samuel Johnson, né le 18 septembre 1709 et mort le 13 décembre 1784, est l'un des principaux auteurs de la littérature anglaise. Poète, essayiste, biographe, lexicographe, traducteur, pamphlétaire, journaliste, éditeur, moraliste et polygraphe, il est aussi un critique littéraire des plus réputés.

Ses commentaires sur Shakespeare, en particulier, sont considérés comme des classiques.

Né à Lichfield dans le Staffordshire, il a suivi les cours du Pembroke College à Oxford pendant un an, jusqu'à ce que son manque d'argent l'oblige à le quitter. Après avoir travaillé comme instituteur, il vint à Londres où il commença à écrire des articles dans The Gentleman's Magazine. Ses premières œuvres sont la biographie de son ami, le poète Richard Savage, The Life of Mr Richard Savage (1744), les poèmes London (Londres) et The Vanity of Human Wishes (La Vanité des désirs humains) et une tragédie, Irene.

Toutefois, son extrême popularité tient à son œuvre majeure, le Dictionary of the English Language, publié en 1755 après neuf années de travail, ainsi qu'à la biographie que lui a consacrée James Boswell. - Avec son dictionnaire, dont les répercussions sur l'anglais moderne sont considérables, Johnson a rédigé à lui seul l'équivalent, pour la langue anglaise, du Dictionnaire de l'Académie française. Décrit par Bate en 1977 comme « l'un des plus grands exploits individuels de l'érudition », il fit la renommée de son auteur et, jusqu'à la première édition du Oxford English Dictionary (OED) en 1928, il était le dictionnaire britannique de référence.
Quant à la Vie de Samuel Johnson par Boswell, elle fait date dans le domaine de la biographie. C'est de cet ouvrage monumental que proviennent nombre de bons mots prononcés par Johnson, mais aussi beaucoup de ses commentaires et de ses réflexions, qui ont valu à Johnson d'être « l'Anglais le plus souvent cité après Shakespeare ».

Ses dernières œuvres sont des essais, une influente édition annotée de The Plays of William Shakespeare (1765) et le roman largement lu Rasselas. En 1763, il se lie d'amitié avec James Boswell, avec qui il voyage plus tard en Écosse ; Johnson décrit leurs voyages dans A Journey to the Western Islands of Scotland (« Un voyage vers les îles occidentales de l'Écosse »). Vers la fin de sa vie, il rédige Lives of the Most Eminent English Poets (« Vies des plus éminents poètes anglais »), un recueil de biographies de poètes des xviie et xviiie siècles.

Johnson était grand et robuste, mais ses gestes bizarres et ses tics étaient déroutants pour certains lorsqu'ils le rencontraient pour la première fois. The Life of Samuel Johnson et d'autres biographies de ses contemporains décrivaient le comportement et les tics de Johnson avec tant de détails que l'on a pu diagnostiquer ultérieurement qu'il avait souffert du syndrome de la Tourette, inconnu au XVIIIe siècle, pendant la majeure partie de sa vie. Après une série de maladies, il décède le 13 décembre 1784 au soir, et est enterré à l'Abbaye de Westminster, à Londres."
(Wikipedia)

A propos de son fameux Dictionnaire : "Les Anglais tirèrent gloirent de ce qu'un homme seul ait pu faire cet ouvrage en si peu de temps, alors qu'il avait fallu aux quarante membres de l'Académie Française plus d'un demi-siècle pour rédiger le leur." (Falix Paknadel, préface à Rasselas).
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MessageSujet: Re: Samuel Johnson   Ven 21 Sep 2012 - 10:36

Histoire de Rasselas Prince d'Abyssinie. Editions Desjonquères. 1994. 190 pages. Traduit de l'anglais par Octavie Belot. Edition préfacée et annotée par Félix Paknadel. Remarques sur la traduction par Annie Rivara.

1759 : le mère de Samuel Johnson décède, laissant des dettes. Pour les payer, il écrit Rasselas en une semaine. "[...] on estime que depuis sa parution en 1759, ce conte a été republié presque chaque année dans un des pays de langue anglaise. On compte en France plus de vingt éditions ou rééditions de Rasselas, presque toutes d'avant 1850, car il a été depuis pratiquement ignoré des lecteurs français [...]" (page 5).

"En janvier 1759, paraissait à Genève un conte de Voltaire, Candide ou l'optimisme. En avril de la même année, le Rasselas de Johnson était publié à Londres. Les ressemblances entre les deux contes sont si frappantes que Johnson lui-même dit à Boswell que si les oeuvres « ne s'étaient si rapidement succédé qu'une imitation était impossible, c'est en vain qu'on eût pu nier que le dernier n'était pas copié sur l'autre" (page 10).
Octavie Belot (1719-1804) en fait la traduction (qualifiée de "belle infidèle", page 15 : style direct au lieu de la troisième personne, exagération - "un million" pour "un millier" - et qui donne finalement un ton plus voltairien que l'original : tout ceci est examiné par Annie Rivara) et l'envoie à Voltaire : le roman lui parut « d'une philosophie aimable et très bien écrit » (lettre du 16 mai 1760).

Félix Paknadel poursuit en établissant les ressemblances entre les deux textes : chacun court après son bonheur : c'est Cunégonde pour Candide, et le choix d'une vie pour Rasselas. Candide et Rasselas sont tous deux guidés par un ou des philosophes. De plus, les épisodes se succèdent rapidement, le lecteur ne croyant pas dans les personnages, mais dans les leçons à tirer de ces épisodes.
"Chaque épisode, chaque rencontre, fait l'objet d'une réflexion morale, qui jalonne ainsi les progrès du héros vers plus de sagesse." (page 11).
Les deux oeuvres adoptent un ton humoristique avec toutefois des réflexions sérieuses. Et les deux textes dénoncent les philosophies optimistes des Lumières.
Mais la morale finale n'est pas tout à fait la même, et ce n'est pas la seule différence, heureusement. "Si les ingrédients du ton sont les mêmes, Candide est bien plus rapide et incisif que Rasselas, où l'auteur ne peut se défaire de son didactisme." (page 12)
Johnson est très pessimiste, mais avec un petit peu d'espoir quand même.

Citation :
"Rasselas était le quatrième fils du puissant empereur, dans les états duquel le Nil commence son cours, et procure à la moitié du monde l'abondance et les riches moissons de l'Egypte.
Selon la coutume transmise d'âge en âge parmi les monarques de la zone torride, celui qui devait régner sur l'Abyssinie était enfermé dans un palais particulier, avec les autres fils et les filles du sang royal, jusqu'à ce que l'ordre de la succession l'appelât au trône.
Le lieu que la sagesse ou la politique ancienne avait destiné pour la résidence des princes abyssiniens, est une vallée spacieuse, située dans le royaume d'Ambara, entourée de tous côtés par des montagnes, que leurs cimes recourbées rendent inaccessibles." (page 25).
Un passage seul permet de sortir de cette vallée, mais l'ouverture est défendue par des portes de fer très lourdes qui ne peuvent être mises en branle que par des machines.

L'Heureuse Vallée est paradisiaque : on y trouve oiseaux, fleurs, lac, animaux gambadant...
Mais, comme tout paradis, on y risque l'ennui. Alors, chaque année, la porte s'ouvre, et on peut demander ce que l'on veut pour se distraire.
Pendant huit jours, musiciens, danseurs et autres professionnels du divertissement exercent leur art, en souhaitant rester, c'est-à-dire demeurer pour toujours, car quiconque est admis à séjourner dans la vallée doit y rester pour toujours. Tout le monde est content, car tout est fait pour.
Tout le monde ? Non, car seul Rasselas, vingt-six ans, prince, n'apprécie plus ces divertissements. Il préfère les promenades solitaires... Il se pose des questions, lui qui n'a jamais connu le monde extérieur. Il s'interroge par exemple sur la différence entre les hommes et les animaux.

Un sage, qui connaît bien le monde, lui demande de quoi il se plaint :
Citation :
"Considérez votre situation et dites-moi si vous manquez de quelque chose ? Or si vous ne manquez de rien, comment êtes-vous malheureux ?
- N'avoir besoin de rien, répondit le prince, ou ignorer ce dont j'ai besoin, est la cause de mes plaintes ; si j'avais un besoin connu, j'aurais un certain désir, ce désir exciterait de certaines recherches, alors je ne serais plus fâché que le soleil suivît si lentement son cours vers le couchant, et je ne m'affligerais plus lorsque le jour paraît de ce que le sommeil cesse trop tôt de me dérober à moi-même. Quand je vois les jeunes cabris et les agneaux se chasser les uns les autres, j'imagine que je serais heureux si j'avais quelque chose à poursuivre. [...] Que votre expérience m'apprenne comment le jour pourrait me paraître maintenant aussi court qu'il me le paraissait dans mon enfance, lorsque la nature était encore neuve à mes regards, et que chaque moment me montrait ce que je n'avais pas encore vu. J'ai déjà trop joui, donnez-moi quelque chose à désirer. »" (page 32)
Le sage :
Citation :
"« Seigneur, dit-il, si vous aviez vu les misères du monde, dont ces montagnes nous séparent, vous sentiriez le prix de votre état présent.
- Ah ! fort bien, reprit vivement le prince, je vous remercie, vous venez de m'inspirer un désir. Je verrai les misères de ce monde, puisque leur connaissance est nécessaire au bonheur." (page 32).
Rasselas, sa soeur Nekayah et le sage Imlac parviennent à quitter l'Heureuse Vallée en catimini. Tout leur semble merveilleux !
Citation :
"Je me plais à croire, dit le prince, que j'ai reçu en naissant l'avantage sur les autres hommes d'être capable de me déterminer par moi-même. J'ai ici le monde devant moi, je veux le passer en revue à loisir ; sûrement le bonheur est quelque part." (page 75).

Ils vont progresser sur le chemin de la compréhension du monde, notamment la princesse :
Citation :
"Il est des biens si oppposés que nous ne pouvons en saisir deux à la fois, et entre lesquels trop de prudence nous fait souvent passer de manière qu'ils nous échappent également. Tel est fréquemment le sort d'une longue délibération. Celui qui veut entreprendre au-delà des forces de l'humanité, ne réussit à rien du tout. Renonçons donc à posséder des plaisirs contraires. Mais dans le nombre de ceux qui nous sont offerts, faisons un choix, et soyons contents. On ne peut à la fois goûter les fruits de l'automne, et cueillir les fleurs du printemps, ni remplir sa coupe dans la bouche et dans la source du Nil en même temps." (page 111).

Comment chacun voudra-t-il ou pourra-t-il trouver un sens à sa vie, ou même une occupation de quelque intérêt, sur le chemin de la quête du bonheur ?
La "Conclusion, qui ne conclut rien", apportera-t-elle au moins une indication ?

Un conte de facture classique, très agréable et plein de réflexions pertinentes.


On pourra trouver le texte en anglais sur : http://www.gutenberg.org/ebooks/652


Dernière édition par eXPie le Ven 21 Sep 2012 - 14:48, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Samuel Johnson   Ven 21 Sep 2012 - 12:13

eXPie a écrit:

Citation :

Quant à la Vie de Samuel Johnson par Boswell, elle fait date dans le domaine de la biographie. C'est de cet ouvrage monumental que proviennent nombre de bons mots prononcés par Johnson, mais aussi beaucoup de ses commentaires et de ses réflexions, qui ont valu à Johnson d'être « l'Anglais le plus souvent cité après Shakespeare ».



Entre autres bons mots de S.Johnson, le fameux (et juste): "A writer only begins a book. A reader finishes it." (= L'écrivain ne fait que commencer un livre. Le lecteur le parachève.)
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tina
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MessageSujet: Re: Samuel Johnson   Ven 21 Sep 2012 - 13:09

Encore un auteur que j'aimerais bien lire, mais bien sûr, beaucoup d'oeuvres non traduites. Comme si j'avais la capacité de comprendre la langue anglaise du 18è !
Pfff...
Cette édition dont tu parles : le texte est intégral ?

Me donne envie................................. :dentsblanches:
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eXPie
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MessageSujet: Re: Samuel Johnson   Ven 21 Sep 2012 - 13:22

tina a écrit:
Encore un auteur que j'aimerais bien lire, mais bien sûr, beaucoup d'oeuvres non traduites. Comme si j'avais la capacité de comprendre la langue anglaise du 18è !
Pfff...
Cette édition dont tu parles : le texte est intégral ?

Me donne envie................................. dentsblanches
Chez Desjonquères, le texte qui est intégral est la traduction d'Octavie Belot : en effet, elle tronque parfois, elle arrange... En fin de livre, il y a trois passages tronçonnés, qui sont par contre donnés intégralement dans une autre traduction, celle de Fouchecour.
Fouchecour "ajoute constamment chevilles, redondances ou éléments significatifs ; Mme Belot en supprime du texte de Johnson, quitte à perdre de l'information."
"Noise and hurry of war" devient : "le fracas et le désordre de la guerre" chez Fouchecour ; "les horreurs de la guerre" chez Belot....

Sans doute faudrait-il une autre traduction. Mais quand il y en a de déjà disponibles, vu le nombre d'exemplaires que l'on peut espérer vendre au public francophone qui ne connaît pas vraiment l'ouvrage... je suppose que ça ne vaut pas l'investissement.
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