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 Hélène Dorion

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Hélène Dorion   Mar 19 Fév 2013 - 8:44

Salut,

Je vous soumets ici le nom d'une des poétesses québécoises les plus accomplies : Hélène Dorion.

Concernant son autobiographie, il n'y a pas de meilleure alternative que celle qui est offerte sur le site www.helenedorion.com :

http://www.helenedorion.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1&Itemid=2

Citation :
Hélène Dorion est née à Québec le 21 avril 1958. Elle y a fait ses études primaires et secondaires, au Collège Notre-Dame-de-Bellevue, puis ses études collégiales au cégep de Sainte-Foy, avant d’entrer à l’Université Laval où elle obtient, en 1980, un baccalauréat en philosophie. Membre de la rédaction de la revue philosophique de la faculté, Considérations, elle y publie des textes de réflexion portant entre autres sur les présocratiques, Nietzsche et Camus. Un passage s’opère alors de la philosophie à la littérature, et en même temps qu’elle entreprend des études en lettres qui mèneront, en 1985, à l’obtention d’une maîtrise, elle publie en 1981 ses premiers poèmes, dans la revue Estuaire. L’année suivante, elle se joint au comité de rédaction de cette revue où elle rencontre Suzanne Paradis et Michel Beaulieu qui l’inciteront à présenter son premier manuscrit, L’intervalle prolongé suivi de La chute requise, aux Éditions du Noroît qui le publieront en 1983.

En 1984, elle quitte Québec pour aller s’établir dans les Laurentides où elle enseignera la littérature durant six ans au cégep de Saint-Jérôme. Elle continue alors à déployer une activité plurielle et s’implique dans la vie littéraire à différents titres: critique, membre de la rédaction de revues et collaboratrice à des émissions culturelles radiophoniques. En 1987, elle fait un premier séjour en Europe. Ses poèmes commencent alors à paraître dans diverses revues françaises et belges, et peu à peu ils seront traduits et publiés dans de nombreuses revues européennes. En 1990, une anthologie de ses poèmes paraît aux Éditions Le Dé Bleu, sous le titre La vie, ses fragiles passages, et le même éditeur publie en coédition avec le Noroît Un visage appuyé contre le monde.

En 1991, René Bonenfant lui propose de prendre la direction des Éditions du Noroît. Durant cette période qui durera dix ans, en plus d’être éditrice, elle réalise également une série audio de poésie et musique, conçoit et présente au Québec et en Europe des lectures-spectacles, prépare des anthologies de poètes québécois et préface de nombreux ouvrages. On lui doit entre autres une anthologie de poèmes de Saint-Denys Garneau.

En 1993, les directeurs des Éditions de la Différence, Colette Lambrichs et Joaquim Vital, l’invitent à publier dans leur maison, et par la suite elle y fera paraître tant ses livres de prose que de poésie. En 1994, elle participe pour la première fois à la Biennale internationale de poésie de Liège. Ses voyages commencent alors à se multiplier, en même temps que les traductions de ses livres, ce qui l’amène à participer à de nombreuses lectures publiques ainsi qu’à des rencontres, colloques et festivals. Son œuvre reçoit plusieurs distinctions et prix littéraires, tant au Québec qu’à l’étranger, et des revues européennes lui consacrent des dossiers et des numéros spéciaux. En même temps, son activité littéraire se diversifie : elle fait partie de la rédaction de revues européennes et prépare à ce titre plusieurs numéros consacrés à la poésie québécoise ; elle collabore, en tant que lectrice, avec des maisons d’édition, et fait partie de nombreux jurys, dont celui du prix francophone de poésie Louise-Labé. De 1999 à 2001, elle est écrivain en résidence à l’Université du Québec à Montréal puis à l’Université de Montréal. Elle a en outre animé de nombreux ateliers d’écriture, autant dans des institutions scolaires que lors d’événements littéraires. En 2002, elle tient une chronique régulière dans le magazine Relations.

Hélène Dorion est aussi l’auteure d’une quinzaine de livres d’artistes, ce qui l’a amenée à collaborer avec de nombreux artistes visuels québécois et européens. Des artistes visuels ont aussi souvent travaillé à partir de ses œuvres, notamment Carol Bernier dont deux expositions sont consacrées à la rencontre de son œuvre.

Une anthologie de ses poèmes, présentée par Pierre Nepveu, paraît en 2002 dans la collection de poche Typo. Dans les années suivantes, elle publiera Jours de sable, roman pour lequel elle recevra le prix Anne-Hébert, en plus d’être en lice pour le Prix des Libraires et le prix Spirale, et fera aussi paraître un essai sur l’art et la création, Sous l’arche du temps, de même que La vie bercée, un album illustré pour la jeunesse qui sera en lice pour trois prix au Québec et en Europe.

En 2005, elle est la première Québécoise à se voir décerner le prix de l’Académie Mallarmé, remis pour l’ensemble de son œuvre, à l’occasion de la parution de Ravir: les lieux. Ce livre lui vaudra aussi le prix du Gouverneur général du Canada.

En 2006, les Éditions de l’Hexagone ont fait paraître une rétrospective de son œuvre poétique qui fait plus de huit cents pages, intitulée Mondes fragiles, choses frêles. La même année, elle est élue membre de l’Académie des lettres du Québec et est nommée Chevalier de l’Ordre national du Québec. Elle est aussi invitée à se joindre au comité de direction de la « Rencontre québécoise internationale des écrivains ».

En 2008, lorsqu’elle reçoit le prix Charles-Vildrac pour son livre Le Hublot des heures, elle est alors la première Québécoise à recevoir un prix de la Société des Gens de Lettres de France.

En 2009 a lieu un colloque international sur son œuvre, à l’Université Paris-Nanterre, en collaboration avec l’UQAM, sous la direction de Jean-Michel Maulpoix et Évelyne Gagnon.

En 2010, elle publie L’Étreinte des vents pour lequel elle reçoit le prix de la revue Études françaises de l’Université de Montréal.

En 2010 toujours, Hélène Dorion est nommée Officier de l’Ordre du Canada.

En 2011, elle tient une chronique régulière dans le magazine Spirale. Cette même année, elle reçoit, pour l’ensemble de son œuvre, le prix européen Léopold-Senghor. Toujours en 2011, elle est invitée à se joindre au comité de rédaction de la revue Les écrits.

En 2012 elle a fait paraître, aux Éditions de l'Hexagone, Coeurs, comme livres d'amour, qui a été finaliste aux prix du Gouverneur général du Canada.

Toutes ces années, son œuvre est couronnée de nombreux prix et distinctions (prix Alain-Grandbois, prix Aliénor, prix Wallonie-Bruxelles, prix du Festival de Roumanie), et elle continue d’être invitée à présenter son travail au Québec et au Canada, en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis. Les traductions de ses ouvrages se multiplient, notamment en catalan, en serbe et en anglais. Days of sand connaît entre autres un accueil des plus favorables.

Des thèses, des mémoires et des numéros de revues ont été consacrés à son œuvre, de même qu’un ouvrage collectif regroupant les collaborations de plusieurs auteurs et critiques, et intitulé Nous voyagerons autour de l’être. Plusieurs de ses textes sont mis en musique par des compositeurs contemporains et auteurs-compositeurs.

Pierre Nepveu a dit de l’œuvre de Hélène Dorion : « nous avons besoin de sa quête intérieure, de cette immensité du dedans, de ce vent de l’âme que sa poésie ne cesse de faire souffler et de faire entendre, comme pour laver notre monde de ses scories, de ses bruits inutiles, de ses enjeux mesquins, afin d’y dégager un espace pur et un temps de vivre. »

Pour vous guider quelque peu dans l'évocation de son style, je vous invite à lire sa poésie. Dans Mondes fragiles choses frêles (2006), j'ai eu la chance de tirer cet extrait du recueil Les retouches de l'intime (1987) :

«Tu viendras par ce chemin, tu me diras que rien n'a existé depuis ce jour où ton regard a étreint mon visage. Il n'y aura plus de branches cassées, plus de poussière sur le sol, plus d'ombre où se terre la lumière. Il n'y aura que ce chemin qui me rejoint et prononce la tendresse.» (p. 134)


_________________
«L'amplitude des contradictions à l'intérieur d'une pensée constitue un critère de grandeur.»
De Gaulle, citant Nietzsche

Dixit celui qui écrivait plus vite que son ombre.


Dernière édition par jack-hubert bukowski le Mar 19 Fév 2013 - 9:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Mar 19 Fév 2013 - 9:31

J'espère que vous ne m'en voudrez pas de persister : Hélène Dorion gagne à être connue.

Dans l'anthologie sur La poésie québécoise. Des origines à nos jours réalisée par Laurent Mailhot et Pierre Nepveu, un extrait a retenu mon attention. Le voici :

Citation :
Un nom dans la voix commence le paysage.
Nous poursuivons notre chemin
sans aller ni venir
passant parmi d'autres passants
enfouis dans l'absence.

Chaque visage porte le visage de l'autre
qui le recouvre comme une aile.

Le vent, la poussière, un vol d'oiseau.
Ville qui se penche vers la terre
et se relève, va jusqu'à l'aube.

Chacun se perd
à l'intérieur de lui-même
dans le désir d'être ailleurs
chacun se perd
et se retrouve soudain
dans la douleur du froid.

Sans bord, sans bout du monde dans La poésie québécoise. Des origines à nos jours (2007), p. 695.

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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Sam 23 Fév 2013 - 9:39

Non, je ne serai pas pour m'arrêter en si bon chemin. Je viens de lire Coeurs, comme livres d'amour. Ce livre fut finaliste au prix du gouverneur général du Canada, et c'est tout ce qui le rapproche de quelque notion de littérature canadienne...

Il y a de nombreux extraits qui méritent qu'on les réécrive tellement ils sonnent bien. La dernière partie est une coulée toute en prose qui vaut le détour. Je retiens cependant cet extrait à la page 25 :

Citation :
Et j'entends ta voix et je regarde tes yeux
et je touche ton visage. Ma solitude
cède, sans savoir
je ne cherche plus
dans le jardin fané
où rien ne pousse :

ni l'amour
ni le renoncement à l'amour.

Non, je ne suis pas romantique. Du tout... :)

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De Gaulle, citant Nietzsche

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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Sam 23 Fév 2013 - 10:59

De renchérir, je cite encore Hélène Dorion.

À la page 17, nous pouvons lire ceci :

Citation :
Le fleuve qui remonte vers sa source
le jardin de nos gestes
et paroles qui ne s'achèvent

le ciel qui ne se fane, la soif qui ne s'oublie
les ombres qui ne pèsent, le temps
qui ne se ferme.

Tu m'as donné ce monde, - un monde
qui ne cesse.

À la page 59, nous voyons cette poésie longuement travaillée :

Citation :
Humble dans mon corps, le matin se glisse :
l'odeur du café, du pain grillé
tout ce temps entre nos mains
et je songe aux pommes de Cézanne
sur la table, sereines, impérissables.

Le vent commence à froisser le jour
et pendant que je retourne à l'intérieur
des volées de mots s'agitent, bientôt
se posent sur des lignes compactes.

Je vois surgir le reflet de ton visage
la vie - tout ce temps -
s'ancre, comme un bateau enfin prêt
à affronter le voyage.

Parallèlement à ma lecture d'Ode maritime de Pessoa, les vers se retrouvent sens dessus dessous.

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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Sam 2 Mar 2013 - 12:44

Hélène Dorion est une auteure que je me dois d'investiguer. Dans L'issue, la résonance du désordre, la finale poétique qui suit la dernière citation de Roberto Juarroz, nous pouvons lire :

Citation :
Dans ces espaces sans espaces est peut-être ce que nous cherchons
Roberto Juarroz

Devant ton silence maintenant
plus de douleur
dans la voix, plus de menace
qui surgit.

Les choses défaites se remplissent
de minuscules trouées
par où je rêve.

*

Quelqu'un n'est jamais nommé
en nous, un corridor sans présent
tendu vers l'éternité.

Et cela suffit
à ramener le blanc.

*

Les bords de l'obscurité
le trouble sans appui, l'arrachement.

On se résigne soudain
sans amour et sans désespoir
l'espace ne nomme rien
et l'on ne peut continuer
dans cette absence sans visage.

*

La voix dans ces mots
de désolation.

Mots ramenés à l'imparfait
de cette fêlure qui blesse encore.

*

Ce qui passe, sans passer.

Une silhouette
dans la pièce encore vide
le paysage d'une main.

Ton regard
dans ma vie, penser à toi
à travers la mémoire
que tu me redonnes.

*

Une porte close, au bout du couloir
ton visage n'atteint aucun nom.

Trajets d'une éternité
que nous ignorons.

Le noir devient une direction.

On ne peut plus nier
l'effacement, la désolation.

Ni continuer dans ces jours
où s'enfouit la douleur.

*

Ce lieu sans consolation en nous
cette absence dont on ne comprend pas
qu'elle recouvre encore
d'autres absences.

On suit le vide qui était là
dans la répétition, on se laisse porter
par la gravité du silence.

*

La beauté guérit du désastre.

Cela est trop loin.

Parole reçue sans qu'on l'entende
et qui remonte maintenant.

Certaines ruines nous rendent au désert
comme si nous n'avions jamais quitté
ce manque sans visage.

*

Légèreté, désir, approche.

Le recommencement à travers un corps
qui retourne vers la terre.

Qui se souvient
où vont nos silences.

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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Mar 5 Mar 2013 - 11:24

Dans Un visage appuyé contre le monde, Hélène Dorion a écrit ceci au cours de «Ce qui reste parfois» :

Citation :
Je cesse de marcher, de toucher
ce qui me retient
de me perdre, je commence
par une phrase
qui va jusqu'à toi.

Jamais le désert ne trahit notre silence.
La faille continue à remuer
sous nos pas
en même temps que tremble ma voix
accordée à la tienne.

Ça m'a sonné. Le silence poétique reprenant tous ses droits, j'ai réfléchi. Lentement, j'ai mûri l'évolution des vers.

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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Mar 5 Mar 2013 - 15:33

Tu as raison de persister, JHB, elle retient l' attention HD...
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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Mer 6 Mar 2013 - 12:28

Ça m'arrive de rire... a posteriori... en lisant Hélène Dorion... Non, jamais... chut

Il faut apprécier la poésie définitivement.

Citation :
Être mû par la peur, ce choix de ne pas aimer. Délit du réel immiscé tel un chancre.

Il m'arrive d'oublier que nous sommes le récit d'une respiration.

Tiré de Hors champ, dans la section «Filatures»

Déjà, à trouver ma respiration en parlant... comme sourd, ce n'est pas si évident...

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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Mer 20 Mar 2013 - 8:33

Je reviens dans Un visage appuyé contre le monde. La première partie poétique sous-titrée «Lettre» nous permet entre autres de lire cette prose :

Citation :
Votre visage survit à chaque phrase déposée devant vous. Je vous imagine retenir l'une d'elles comme si votre âme pouvait en être consolée. J'écoute les battements de votre coeur à travers le détail de la vie, des choses aussi simples que la pluie sur les volets, une heure ou deux passées dans un café, les rues d'une ville, un poème.

Les lettres ne franchissent aucune distance; elles vont parmi d'autres passantes dans la gare du monde, là où rien n'existe au-delà de notre solitude. Il n'y a peut-être rien ni personne, mais je m'entête à fouiller l'ombre et l'écho, à tout réapprendre d'un seul mot venu comme un atome de présence sur la terre froide, - je m'entête à rester là où un instant froisse la peau. Il n'y eut peut-être rien ni personne, pourtant votre visage demeure au bout de tous les autres.


Hélène Dorion, Mondes fragiles, choses frêles. Poèmes 1983-2000, 2006, L'Hexagone, p. 239.

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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Mer 20 Mar 2013 - 8:39

Merci ....
Je découvre .....avec ravissement et émotion ....

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MessageSujet: Re: Hélène Dorion   Lun 1 Avr 2013 - 4:26

J'ai lu plus d'une centaine de pages de poésie d'Hélène Dorion. Je suis tombé sur cet extrait que je tenais à partager avec vous :

Citation :
L'histoire tourne et ne s'achève
qu'en elle-même.

Quatre millénaires de poussière accumulée
dans le sablier de nos errances.

Que sommes-nous
et que savons-nous, désormais
le monde tourne, le monde
en son mystère et sa révélation, se poursuit.

Tout s'achève et recommence :
poussière, semence et lave
- minuscules maillons
de nos cavernes intérieures.

Tout s'achève
et tourne en cet achèvement.


Hélène Dorion, Mondes fragiles choses frêles. Poèmes 1983-2000, 2006, L'Hexagone, coll. «Rétrospectives», p. 631.

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