Parfum de livres… parfum d’ailleurs
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 Philippe Besson

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monilet
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MessageSujet: Re: Philippe Besson   Philippe Besson - Page 6 EmptyDim 23 Jan 2011 - 21:59

Je viens de visionner son passage(intéressant) samedi à on n'est pas couché.
Dans les critiques de Zemmour et Naulleau le positif l'emporte de très loin sur le négatif. Je me sens moins seul.
Naulleau conclut : bref on le recommande et on emm.... Beigbeider !
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MessageSujet: Re: Philippe Besson   Philippe Besson - Page 6 EmptyMar 1 Mar 2011 - 13:48

SON FRERE
Philippe Besson, je n’avais jamais rien lu de lui. Je le mettais une peu dans la case Marc Levy, peut-être la case juste avant. J’ai bien aimé la couverture de son dernier livre, Retour parmi les hommes (qui m’évoque Henry Fonda dans les Raisins de la Colère)
Donc je me suis dit que c’était l’occasion de me faire mon opinion personnelle. Evidemment à la bibliothèque il est sur liste d’attente. Je me suis donc rabattue sur Son Frère
Son frère est un « Petit Roman Parfait »

Thomas et Lucas Andrieu sont nés à 15 mois d’écart. Ensemble ils ont joué sur les plages de l’île de Ré, vers la maison familiale. Une enfance ordinaire et heureuse. On les prenait pour des jumeaux. Vers 15 ans, Thomas s’est mis à aimer les filles et pour Lucas, c’était les garçons. Ce fut leur première différence, elle les a plutôt rapprochés. A 25 ans une deuxième différence les a définitivement soudés : Thomas a appris qu’il était malade, il a su qu’il allait mourir. ils ne se sont plus quittés. Ils ont partagé les derniers mois dans une fusion totale, par delà les mots.. Ils sont retournés sur leur île, ils ont affronté la douleur , l’espoir vaincu, les proches qui s’éloigne , la dérisoire solitude face à la toute puissance scientifique.
Sue ce thème très dangereux, Besson a produit un texte d’une grande beauté, absolument pas tire-larme, en même temps complètement, désespéré et lumineux. Il n’y a pas un mot de trop, tout est indispensable et magnifique, on a souvent envie de relire des pages à peine les a t’on finies. Il y a un grand respect de l’homme, de la force et de la fragilité, et une infinie dignité dans ce texte.
C’est extrêmement distancié et en même temps l’émotion qui vous envahit. Il a un style tout en redondances, en répétitions qui marquent l’obsession de la douleur.
Un livre qui se lit en une soirée (impossible de remettre la fin – pourtant connue - à demain) et à garder au cœur toute une vie. Je vais sûrement lire d’autres Philippe Besson, lui enlever l’étiquette stupide que je lui avais collée, et même s’ils me déçoivent , il restera l’homme qui a écrit Son frère.

J’ai vu que Chéreau en a tiré un film, mais cela me fait plutôt peur. Chéreau n’est pas quelqu’un qui travaille dans la subtilité…

Un petit extrait pour vous faire envie :

« Alors que la pluie continue de tomber sur l’île, sur la mer, sur St Clément, sur la maison silencieuse, il prend soudain la parole pour dire qu’il veut une tombe, quelque chose qui relie à la terre, qui ramène à elle. Bien sûr, lorsqu’on meurt sur une île, on envisage que le corps soit brûlé et les cendres jetées à la mer. Mais non, il insiste : il veut une sépulture, un lieu identifié, un socle sur lequel on se recueillera. Il dit qu’il veut du marbre, comme une trace qu’on laisse, un héritage qu’on lègue, un lien avec ce qui fut pour ceux qui restent. Il dit que, sous le nom il faudra apposer la date de naissance et celle de la mort, des jours comme des repères. Il ne faut pas perdre la mémoire de ça. Il dit qu’il n’a pas de rêve illusoire de grandeur et de postérité, simplement la conviction que le souvenir s’exprime dans ces poses silencieuses qu’on prend devant les pierres tombales, dans ces recueillements distraits ou émus au pied des dépouilles. Il dit qu’il veut voisiner avec ceux qui sont morts avant lui, les jeunes hommes fauchés dans le plus bel âge sur les champs de bataille et dont il regarde le visage d’enfant sur des cartes postales en noir et blanc, les veuves octogénaires qui ont promené leurs silhouettes de deuil pendant d ‘interminables années, les corps que la maladie a emportés, qu ‘un accident a mutilés. Il dit que c’est l’histoire d’un pays, d’un siècle qui se raconte dans les cimetières de France, qu’il souhaite être de cette histoire, que l’éparpillement des cendres au large de côtes qu’on a aimées, ça ne peut pas remplacer cela.(…) Il dit qu’il veut des fleurs, des couronnes, ce décorum un peu vulgaire, un deuil éclatant, celui qu’on montre, qu’on expose, afin de ne pas le conserver par-devers soi, afin de l’expulser, de l’accomplir véritablement. Il dit qu’il faudra des larmes, des évanouissements peut-être, des manifestations spectaculaires, que la souffrance s’exprime plutôt que d’être contenue. Il dit que ce sera une belle cérémonie : il compte sur moi. »

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MessageSujet: Re: Philippe Besson   Philippe Besson - Page 6 EmptyLun 21 Mar 2011 - 18:17

En l'absence des hommes

Après mon premier essai fort bien transformé de Philippe Besson dans « Son frère », j’ai voulu aller voir plus loin . Le quatrième de couverture du dernier sorti, « De retour parmi les hommes » m’apprend qu’il est la suite logique de « En l ‘absence des hommes « , il m’a paru logique de commencer par ce dernier, paru en 2001
Comme j’avais été plus que louangeuse sur « Son Frère » j’hésite moins à dire ma déception à propos de « En l’absence des hommes »
Nous sommes en 1916, et les hommes sont donc en effet assez absents du paysage. Nous lisons le carnet intime d’un jeune aristocrate de 16 ans « yeux verts en amande, la chevelure noire, la peau de fille » se décrit-il lui même. Très imbu de sa personne, un peu supérieur au prétexte qu’il veut mener sa vie lui même sans écouter les avis de ses parents (superbement méprisés) ou de la société (qui ne vaut pas mieux), fait particulièrement inhabituel à cet âge…Assez donneur de leçons.
Il se lie d’amitié avec Marcel Proust (Proust n’est jamais nommé, mais très clairement identifiable, et au cas où on serait vraiment inculte le quatrième de couverture nous sauve en nous donnant la solution) Ils ont des entretiens passionnés où Vincent semble mener Proust par le bout du nez , lui lance des réparties clairvoyantes, éponge ses confidences alors que lui reste noblement sur la réserve.
Dans le même temps il a une liaison passionnelle avec le fils de la gouvernante, Arthur, 21 ans, en permission pour une semaine à Paris, traumatisé par les tranchées, on le serait à moins. C’est l’amour passion, mais Vincent , là encore reste sur son quant-à-soi.
Bien sûr Arthur va mourir à la guerre, bien sûr Proust va décevoir Vincent, qui n’aura plus qu’une solution, partir découvrir le vaste monde.

Tous cela est plein de poncifs « la guerre, c’est… », « l’amour, c’est quand… », « l’amitié c’est comme si… »
Philippe Besson caricature son style habituel fait de répétitions, d’énumération explicatives, d’anaphores sans fin…
Lourd…Heureusement très court, sinon il me serait tombé des mains. Et aucune envie de retrouver Vincent, ce jeune héros arrogant , antipathique et présomptueux, 7 ans plus tard dans le tome suivant.
SVP, vite, un bon livre !
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MessageSujet: Re: Philippe Besson   Philippe Besson - Page 6 EmptyLun 21 Mar 2011 - 18:36

J'avais beaucoup aimé "un instant d'abandon". Mais je n'ai pu entrer dans "l'homme accidentel" trop improbable et surfait
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MessageSujet: Re: Philippe Besson   Philippe Besson - Page 6 EmptyMar 14 Juil 2015 - 13:59

A lire vos commentaires, je vois qu'il y a les 'pour' et les 'contre' Besson.
En ce qui me concerne, je ne vais pas trancher. J'ai beaucoup aimé Les jours fragiles mais je me suis ennuyée avec Se résoudre aux adieux.
Je n'ai pas réussi à éprouver de l'empathie pour la narratrice. Sa souffrance ne m'a pas du tout touchée et j'avoue même avoir eu du mal finir.
J'essaye de trouver autre chose à dire ... mais je ne trouve pas !
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