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 Louis Guilloux

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Louis Guilloux   Sam 17 Nov 2007 - 11:45



Citation :
Louis Guilloux
Saint-Brieuc, 15 janvier 1899 - 14 octobre 1980

L'enfance pauvre de Louis Guilloux fut marquée par le militantisme de son père, artisan cordonnier, un des fondateurs de la section socialiste de Saint-Brieuc. Son adolescence confrontée à la guerre et à la propagande nationaliste, fut éclairée par la rencontre et l'amitié du philosophe Georges Palante. De la première expérience naquit La Maison du Peuple (1927) ; de la seconde, Le Sang noir (1935). Reconnu par ses pairs, admiré par les intellectuels de gauche, ami de Jean Guéhenno, d'André Malraux, Louis Guilloux exerça des activités de secrétaire au Congrès mondial des Écrivains antifascistes (Paris, 1935) et accompagna Gide en U.R.S.S. À son retour, il prend ses distances, se retire à Saint-Brieuc, milite en faveur des chômeurs et met sur pied l'accueil des réfugiés espagnols. Du Pain des rêves (1942), au Jeu de Patience (1949), à Coco perdu (1978), son œuvre témoigne en faveur des humbles et des victimes de toutes les formes de totalitarisme : idéologique ou économique. Hanté par la question du Mal, Louis Guilloux est avec ses amis Jean Grenier et Albert Camus, un aventurier de l'esprit et de la liberté, un romancier de l'individu et de la conscience.

Yannick Pelletier
docteur ès lettres

Nous avons fait une Lecture Commune du Sang noir que vous pouvez retrouver : ici
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Sam 17 Nov 2007 - 11:51

Résidence natale tranformée en résidence d'auteur

WIKIPEDIA en parle


l'article de Nicole Racine parue sur Le Maîtron

Citation :
GUILLOUX Louis, François, Marie


Né et mort à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) : 15 janvier 1899-14 octobre 1980 ; fils de Louis Marie Guilloux, cordonnier et de Philomène Anne-Marie Marmier. Marié le 2 août 1924 avec Renée Juliette Catherine Tricoire ; père d'une fille, Yvonne. Ecrivain. Responsable du Secours rouge international à Saint-Brieuc (1935-1940) ; secrétaire du Congrès international des écrivains pour la défense de la Culture (1935).

Louis Guilloux, qui naquit et grandit à Saint-Brieuc, fut élevé dans un milieu de militants ; il a évoqué la figure de son père qui avait été secrétaire de la section socialiste de la ville de 1911 à 1914, dans son premier livre La Maison du Peuple (1927), cette Maison du Peuple qu'il dédia à ses parents, à ses camarades, "à tous les camarades morts ou vivants de l'ancienne section socialiste de Saint-Brieuc".
De santé fragile, il eut dans sa prime enfance une tuberculose des os. Après le Certificat d'études primaires, il obtint une bourse pour le lycée (1912); il resta boursier jusqu'en seconde, puis renonça à sa bourse et demanda à dix-sept ans à être engagé comme surveillant. Il dit plus tard que faire des études c'était, d'une certaine façon, trahir. Il lut Romain Rolland, Jules Vallès qui exercèrent une grande influence sur lui; il se liait d'amitié avec Jean Grenier, du même âge que lui qu'il rencontra à la bibliothèque municipale. Ce fut au lycée en classe de 3e qu'il devint l'élève de Georges Palante, professeur de philosophie, qui allait jouer un grand rôle dans sa vie, à partir de l'été 1917, date à laquelle Guilloux quitta le lycée. De véritables relations intellectuelles s'établirent entre eux ainsi que Guilloux le rapporta dans ses Souvenirs sur G. Palante. G. Palante qui se suicida en 1925 inspira à L. Guilloux le personnage de Cripure dans Le Sang Noir.
Après avoir décidé d'abandonner ses études, Guilloux fit plusieurs petits métiers pour vivre (employé de bureau, voyageur de commerce, colporteur), puis partit en 1918 pour Paris où il se fit déménageur, interprète dans une agence de tourisme. Il entra dans le journalisme, à Excelsior puis en 1921 au service étranger de L'Intransigeant en qualité de traducteur de journaux anglais. En 1924, il décidait de se consacrer à la littérature et quittait L'Intransigeant. Il rencontrait Daniel Halévy et se liait avec Max Jacob, André Chamson, Jean Guéhenno. Ce fut à D. Halévy que Guilloux envoya son premier livre, La Maison du Peuple qui parut en 1927 chez Grasset, dans la collection " Les écrits ", dirigée par J. Guéhenno et qui lui valut une bourse Blumenthal. En 1931 paraissait Compagnons, récit de la mort d'un ouvrier ; préfaçant en 1947 une réédition de La Maison du Peuple et de Compagnons, Albert Camus écrivait "... j'admire et j'aime l'œuvre de Louis Guilloux qui ne flatte ni ne méprise le peuple dont il parle et qui lui restitue la seule grandeur qu'on ne puisse lui arracher, celle de la vérité". Par ces deux livres, Guilloux avait voulu signifier son appartenance au monde du prolétariat, à celui de son père. Mais il refusa toujours de faire de la littérature à étiquette, qu'elle soit "populiste" ou "prolétarienne" et n'intervint pas dans les querelles entre écrivains "populistes" et "prolétariens". Il lui suffisait de faire une œuvre à inspiration largement humaine.
Bien que socialisant et à un moment communisant, L. Guilloux ne s'inscrivit pas à un parti ; mais il ne se tint pas à l'écart de l'activité politique et sociale. Il milita à Saint-Brieuc où il était retourné en 1930, prenant part, en 1933-1934 notamment, aux luttes bretonnes contre les ventes-saisies, participant à des actions de soutien en faveur des chômeurs. à partir de 1935, il prit nettement place dans le mouvement antifasciste et devint un compagnon de route du PCF. Il fut secrétaire du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture qui se réunit à Paris du 21 au 25 juin 1935. Responsable du Secours rouge international puis du Secours populaire de France à Saint-Brieuc, de 1935 à 1940, il s'occupa activement de la situation des réfugiés espagnols en Bretagne (toute cette période est évoquée dans les Carnets 1921-1944 et sous forme romanesque dans Le Jeu de Patience). 1935 est l'année où parut Le Sang Noir, son chef-d'œuvre. Le personnage central en était un professeur de philosophie au lycée, surnommé Cripure par ses élèves, dont le destin était placé sous le signe de l'échec total. Malraux écrivait cependant que la mort était le personnage principal du Sang Noir. L'action du livre tenait en un jour et une nuit de 1917, l'année de la Révolution russe et des mutineries ; le roman pouvait se lire comme une dénonciation de la société bourgeoise, de ses tares, de la guerre. Les contemporains furent frappés par le pessimisme presque désespéré du livre, reproche contre lequel Guilloux se défendit (" Notes sur le roman ", Europe, janvier 1936). Le 12 décembre 1935, la Maison de la Culture organisa une manifestation, "Défense du roman français. Ce que signifie le Sang Noir, où parlèrent Dabit, Aragon, Gide et Malraux (voir Commune, janvier 1936).
A l'été 1936, à la demande d'André Gide qui l'avait choisi comme compagnon de voyage (en même temps que Dabit, Jef Last, Schiffrin), Louis Guilloux partait pour l'URSS. A l'automne 1936, il fut de ceux auxquels Gide lut son Retour de l'URSS avant de le publier. Bien que d'accord avec Gide, Louis Guilloux refusa d'écrire sur son voyage en Union Soviétique : "Si j'avais la moindre envie d'écrire pour le public, "quelque chose" sur mon voyage en URSS avec Gide, ce ne sont pas les procès de Moscou, ni la guerre d'Espagne qui m'y inciteraient" écrivait-il dans ses Carnets (p.165). Mais Louis Guilloux refusa également, malgré les sollicitations d'Aragon et de J.-R. Bloch, d'écrire quoi que ce soit contre le livre de Gide. Louis Guilloux assurait à partir de janvier 1937, à la demande d'Aragon la responsabilité de la page littéraire de Ce Soir, mais en août 1937, J.-R. Bloch le remplaçait par un intellectuel communiste, P. Nizan. Louis Guilloux retrouva Saint-Brieuc où il passa la guerre de 1939-1945. Il obtint en 1942 le prix populiste pour Le Pain des Rêves dans lequel il évoquait son enfance pauvre et la figure de son grand-père. Il entreprenait un long ouvrage, une chronique de Saint-Brieuc durant un demi-siècle, Le Jeu de Patience; on pouvait y lire notamment des récits ayant trait aux luttes ouvrières du début du siècle, à la Première et à la Seconde Guerre mondiale. Dès 1941, il eut des contacts avec des responsables de la Résistance dans les Côtes-du-Nord, notamment avec l'abbé Chéruel et l'abbé Vallée. Et 1943, il joua un rôle dans l'unification de la Résistance communiste et non communiste à la Libération, Guilloux adhéra au Front national ; il fut désigné par le Comité départemental de Libération comme interprète auprès des Américains; puis il s'engagea comme interprète des troupes américaines. Louis Guilloux rappelait une fois encore les années 1934-1936 dans Les Batailles perdues (1960). Il tira une pièce, Cripure, de son roman Le Sang Noir qui fut créée en 1967 par le théâtre du Cothurne à Lyon. Après avoir publié La Confrontation, Louis Guilloux recevait le grand Prix national des lettres (1967). Il publiait encore Coco perdu (1978).
Parfois empreinte de pessimisme, hantée par l'injustice et la misère, l'œuvre de Louis Guilloux reste marquée par un sens profond de la fraternité humaine.

OEUVRE CHOISIE : La Maison du Peuple, Grasset, 1927, 235p. (édition ultérieure, La Maison du peuple, suivi de Compagnons. Avant-propos d'Albert Camus, id., 1953, 225 p.). - Lettres de P.-J. Proudhon, choisies et annotées par Daniel Halévy et Louis Guilloux, Grasset, 1929, 364 p.- Dossier confidentiel, id., 1930, 240 p. Compagnons, id., 1931, 121 p. - Souvenirs sur Georges Palante, Saint-Brieuc, Impr. des Presses bretonnes, 1931, 57 p. - Hyménée, Grasset, 1932, 277 p. - Le lecteur écrit. Choix de lettres recueillies par Louis Guilloux, Gallimard, 1933, 233 p. Angelina, Grasset, 1934, 255 p. - Le Sang Noir, Gallimard, 1935, 435 p. - (Editions ultérieures : Le Sang noir. Préfacé par André Malraux, Le Club du meilleur livre, 1955, VI-485 p. - Le Sang noir. Suivi de pages inédites du Journal de l'auteur, 1933-1963 et notes de travail, Club français du livre, 1963, 503p.). - "Notes sur le roman", Europe , janvier 1936. - Histoires de brigands , édit. Sociales internationales, 1936, 136 p. - Le Pain des rêves, Gallimard, 1942, 319 p. - Le Jeu de Patience, Gallimard, 1949, 813 p. - Absent de Paris, id., 1952, 243 p. - Parpagnacco ou la conjuration, id., 1954, 221 p. - Les Batailles perdues, id., 1960, 611 p. - Cripure, pièce en trois parties, id., 1962, 141 p. - La confrontation, id., 1967, 207 p. - Salido, suivi de OK Joe! id., 1976. - Coco perdu, id., 1978, 140 p. - Carnets. 1921-1944, id., 1978, 414 p.

SOURCES : Aragon, "Défense du roman français", Commune, janvier 1936, 562-568 (discours prononcé à la manifestation organisée par la Maison de la Culture sur le Sang noir, le 12 décembre 1935 à Paris, à la salle Poissonnière ; voir aussi dans le même numéro, Eugène Dabit, " à Louis Guilloux" ). - Etat-civil. Dictionnaire biographique français contemporain, seconde édition, 1954, 708 p. - Louis Guilloux, Textes choisis et présentés par Edouard Prigent, Saint-Brieuc, Presses Universitaires de Bretagne, 1970, 173 p. - Lucie Mazauric, Avec André Chamson... 1. Ah Dieu! que la paix est jolie, Plon, 1972, 283 p. - J.H. King, "Guilloux's working class novels", Modern language Review, janv. 1973, 61-76. - Who's who in France ?, 1973-1974, J. Lafitte. - Cl. Bonnefoy, T. Cartano, D. Oster, Dictionnaire de littérature française contemporaine, J.-P. Delarge, 1977. - Le Monde, 15 octobre 1980. - Parmi les entretiens de Louis Guilloux, on retiendra celui accordé à Politique-Hebdo du 25 au 31 octobre 1976 et celui réalisé par B. Pivot lors de l'émission de télévision "Apostrophes" (Antenne 2) le 2 juin 1978. - "Louis Guilloux", Plein Chant, 11-12 sept.-déc. 1982, 252 p.
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Sam 17 Nov 2007 - 11:54

une autre pêche faite sur le net pour ceux qui aiment les fiches de lecture Wink Cependant, cela vaut le détour!!!

Il y a un Prix Littéraire à son nom:

Citation :
Prix Louis Guilloux
Le prix Louis Guilloux a été créé en 1983 par le Conseil Général des Côtes d'Armor pour perpétuer les valeurs littéraires et morales de l'écrivain breton. Le prix couronne chaque année une oeuvre de langue française, caractérisée notamment, outre l'excellence de la langue, par "la dimension humaine d'une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l'individu au profit d'abstractions idéologiques".

2007 Christian Prigent Demain je meurs (POL)
2006 Léonora Miano L'intérieur de la nuit (Plon)
2005 Lyonel Trouillot Bicentenaire (Actes Sud)
2004 Catherine Lépront Des gens du monde (Seuil)
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Sam 17 Nov 2007 - 11:57

Le lauréat de cette année:

Citation :
Christian Prigent Prix Louis Guilloux 2007 pour "Demain je meurs" [05/06/2007]
Le prix Louis Guilloux 2007 du conseil général des Côtes d’Armor, a été attribué à Christian Prigent pour Demain je meurs (éditions POL). Nul doute que le jury aura été séduit outre l’excellence de l’écriture et la dimension humaniste de l’œuvre –selon les critères de son jury- par la proximité de l’auteur aux acteurs du récit.

Si au premier chef s’y rencontre sous les traits d’Aimé, la figure d’Edouard Prigent, le père de l’auteur, figure en vue de Saint-Brieuc dont il aura été le maire, on y croise également celle de Louis Guilloux, un ami proche. Faire surgir ces deux noms c’est aussi évoquer des conflits idéologiques d’époque (années 50) :

Ces hommes-là, ton père, ceux autour de lui dans leur société d'amis-ennemis de la Société, bien vrai qu'ils savaient, ou croyaient savoir, où va la parole. Ce qu'elle peut nommer, amis, ennemis, sans flou ramollo ni arguties de distinguos. Ce qu'elle doit porter. Ce qu'elle peut briser. Ce sur quoi elle cogne. Comment elle traverse, renverse, ouvre, appelle et creuse l'espace par cet appel. Ce qu'elle peut changer. Ce dont ils pensaient qu'elle peut le changer. Ce dont ils ont cru que ça donnerait parole aux manants. Rebelles à ce monde. Mais armés aussi d'une arme de pensée pour savoir pourquoi ils le refusaient, quel autre ils voulaient et de quels moyens on peut disposer pour qu'il nous advienne. Qui reçut la chance de savoir, il peut. (p. 177)

Cette dimension du livre n’est en rien négligeable. Pour autant on n’aura pas manqué de remarquer la nature du flux de paroles de Blivet (« Blivet, le mutin, il a pris tangente dès 39 à cause que le Molotov, il signa le pacte avec les fachos ».), discours à l’adresse du narrateur, qui va se jeter dans le « stream of consciousness » de ce dernier et s’y épanouir de la manière qui suit :

Confesse, enfant du siècle! : rien de ce qui devait être ne sera; tout ce qui était ne cesse de revenir; ne cherchez pas ailleurs la source de nos maux. Et à qui on va parler, nous qui croyons plus, ou pas assez fort? Et de quoi parler? Et pourquoi causer? Et on va faire quoi, de nos dix doigts et des excellences de nos cogités, dans les manigances de la société? […] N'être que reflets de la marchandise acquise ou rêvée avec du surplus partout en breloques de machines pour rien machiner d'utile? Sacrifier bêtes grasses et rouler du cul sous rythmé cantique de mercatique? Vivre en homme-sandwich de logos partout? Adorer bagnole et génuflexer en stand électroménager? Blablater du rien en fil ou sans-fil toujours à la patte pour se croire mobile et tissé sans cesse au tissu du monde? Goinfrer des images pour toucher à rien en vrai sauf virtuel ? (p. 178)

Voilà, dirait son ami Castanet (Ne me faites pas dire ce que je n’écris pas, Cadex, 2004), qui fait effet de réel, effet de vérité. A quoi Prigent ajoute qu’il y a là : « cette danse réglée des signifiants pour faire un peu bouger, jouer et béer la prison symbolique, et faire surgir phénoménalement un monde » - là est la (petite mais insistante) puissance qui, sans doute, fait que la poésie tente (qu’elle existe). Elle tente peu d’hommes certes. Mais où a-t-on vu que beaucoup d’hommes aimaient la vérité et la liberté ? » (pp. 18-19)

Aussi, si avec ce livre, Prigent n’a pas dédaigné ce que « le roman (au moins la narration) permet de brasser du temps complexe de nos vies intimes et des foudres de l’Histoire », il l’a fait, on l’a lu et souvent à voix haute, comme le poète que l’on sait. Aussi ce prix Louis Guilloux est-il un beau salut à la mémoire de celui qui s’exclamait à l’époque où le jeune Prigent portait l’obligatoire tignasse longue du soixante-huitard orthodoxe et la barbe embryonnaire et pelée de rebelle dostoëvskien pour rire : « Dire que le fils d’Edouard Prigent est devenu un intellectuel rare ! » (in Europe, Littérature de Bretagne, mai 2005, pp. 8-11)

Ronald Klapka (auteur de ce billet)
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Jeu 22 Nov 2007 - 17:19

"Le sang noir"


Nous sommes dans une petite ville de province de l'arrière, en 1917 année terrible de cette guerre des tranchées qui abîme les âmes et les corps des soldats.
L'histoire, racontée de main de maître par Louis Guilloux, se déroule dans une unité de temps particulière, très théâtrale: l'espace temporel de la journée.
Le lecteur suit, presque heure par heure, le personnage principal , professeur de philiosophie au lycée, Monsieur Merlin dit "Cripure" (sobriquet du à la contraction de "Critique de la raison pure"). Cripure, contrefait, vieux, est la risée des élèves et de ses collègues, notamment de Nabucet. Cripure-Merlin est un homme doté d'une intelligence hors du commun, aussi miteusement habillé d'une vieille peau de bique qu'est élégamment vêtu Nabucet, l'odieux rival, le détestable personnage qui se cache sous des dehors respectables et raffinés. Qu'il lui est facile de ridiculiser le pauvre Cripure qui clopine à l'aide de sa canne, qui est un homme brisé par la colère et la haine qui grondent en lui, par la douleur d'un amour perdu, qui vit, lui le brillant intellectuel, avec l'inculte Maïa. Le lecteur assiste à l'affrontement des deux hommes que tout sépare: personnalité, apparence, idées ou visions de la vie, charisme et intelligence. Car il ne fait pas l'ombre d'un doute que Cripure domine Nabucet. Nabucet qui d'emblée se rend détestable: il veut dénoncer Moka, un surveillant du lycée coupable d'écrire des vers subversifs, des vers dangereux pour le moral des troupes et des Français de l'Arrière. Nabucet et son sillage de perfidies joliment enrubannées par son goût exquis et sûr. Nabucet qui s'épanouit dans la dénonciation de ce qui contraire à l'idéologie du moment.
"Cripure avait déçu l'assemblée en parlant avec trop de flamme d'un écrivain étranger, un certain Ibsen dont il semblait tout féru. Même alors, et qu'eût-ce donc été aujourd'hui, cette exaltation d'un étranger leur avait semblé incongrue. Elle témoignait de sentiments hostiles à la culture française. Que diable, mais que diable avait-on besoin de tous ces Suédois et autres métèques?..." Grâce à Dieu, s'était écrié Nabucet, nous avons chez nous tout ce qu'il nous faut et nous nous passons fort bien de ces barbares qui n'ont rien à nous apprendre." Au contraire. Est-ce qu'en littérature comme en tout, ces gens-là n'étaient pas de plats imitateurs de la France? Est-ce que ce n'était pas toujours les Français qui inventaient et les autres qui tiraient profit de ces inventions? Quoi! Les marrons du feu! Il avait eu la lourdeur, ce Cripure, d'insister en parlant d'un certain Nietzsche - un Allemand - ce qui vait fait dresser l'oreille à M.Babinot, comme toujours quand on parlait devant lui de ces "zouaves-là". Bref, Cripure, venu là poussé par l'ennui sans doute plus intolérable ce jour-là que les autres, avait essuyé l'échec le plus sanglant sous l'oeil narquois de Nabucet qui l'avait laissé s'enferrer." (p 115 et 116)
Louis Guilloux dresse un portrait peu flatteur de la petite bourgeoisie provinciale, celle qui ergote dans les petites villes telles que celle qui l'a vu naître. Une bourgeoisie qui se veut cultivée et curieuse et qui n'est que mesquine, rasciste et étriquée! Il est évident que des personnages tels que Nabucet soient des plus courus dans ce type de société!
Au cours de cette journée de 1917, Louis Guilloux donne un aperçu des événements militaires: les mutineries et la condamnation, sans espoir de recours, des insurgés, le ras-le-bol des soldats qui ne supportent plus les adieux à leur famille, les écrits subversifs qui circulent sous le manteau... Personne n'est épargné par cela, pas même le proviseur dont le fils, mutiné, sera fusillé. Quant au censeur, engoncé dans sa frustration, il ne parviendra pas à retenir son fils, blessé et démobilisé, qui fuit loin de sa famille étouffante, acerbe, sans chaleur et dénuée de tendresse. La description de la mère et de la soeur est d'anthologie!
"Le sang noir" est aussi un roman qui va au-delà du message politique. C'est "un roman de l'humiliation et de la colère", celles d'un homme anti-conformiste en butte contre l'establishment du moment et qui lorsqu'enfin se sent le courage et le coeur de défendre son honneur en duel s'en retrouve privé! Que lui reste-t-il alors? Rien, rien que de choisir sa mort comme Turnier, sujet de sa thèse refusée. Le progrès humaniste est incompatible avec celui proposée par cette société qui ne véhicule qu'intolérance, exclusion, violence (Cripure est victime de vexations, de moqueries dangereuses: ses vélos ont été sabotés!), misère (la description d'un quartier pauvre de la ville - où se dressent encore des maisons à l'intérêt historique important: Nabucet espère bien qu' un jour cette population inélégante soit expédiée ailleurs - est saisissant) et l'hypocrisie. L'injustice des hommes est des plus difficiles à supporter et incite à ne plus croire en rien, que tout n'est que supercherie: l'avenir peut-il être vraiment meilleur si les hommes n'aiment pas mieux leur prochain?
"Le sang noir" de l'humanité, c'est à dire la guerre mais aussi le sang des soldats imprégnant la boue des tranchées et en devenant noir, met en lumière les travers d'une société: le sentiment national exacerbé, la délation, l'aveuglement et la peur et la haine de l'Autre.
Un roman sur la condition humaine où les uns et les autres ont leurs grandeurs et leurs lâchetés. Une lecture saisissante, porteuse d'espoir, dont on ne sort pas indemne.

conciliabule Au passage..."Le sang noir" belle alliance de mots ou oxymore
innocent
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Jeu 22 Nov 2007 - 17:31

Sans faire une analyse aussi brillante et fouillée que Chappy, voici ce que j'avais ressenti après avoir lu l'année dernière, ce magnifique roman qu'est "Le sang noir"

"Ce livre tendu et déchirant, qui mêle à des fantoches misérables des créatures d'exil et de défaite, se situe au delà du désespoir et de l'espoir." (Albert CAMUS.)


L'action de ce roman se situe en 1917 dans une petite ville de province. Dans l'espace d'une journée, nous suivons les agissements de diverses personnes gravitant autour du personnage central: Mr. Merlin, professeur de philosophie surnommé "Cripure" (contraction de "Critique de la Raison Pure.")
Au cours des vingt quatre heures dans lesquelles se déroule le roman de Louis Guilloux, le lecteur fait la connaissance d'une galerie de personnages tous plus pathétiques les uns que les autres. Ce petit monde de notables gorgés d'autosuffisance transpire la bêtise et la méchanceté.
Alors que sur le front, la jeunesse du pays se fait hardiment massacrer, que les premières mutineries éclatent, les protagonistes de ce roman , officiers d'opérette, instituteurs va t'en guerre et autres "planqués" se gargarisent de tirades héroïques et patriotiques qui n'abusent qu'eux mêmes et leurs semblables.
Cripure, personnalité anti -conformiste, pétri de contradictions, personnages hors norme pour toute cette élite bien pensante , deviendra leur victime expiatoire.
Louis Guilloux, avec "Le Sang Noir", a offert à la littérature française de l'entre-deux guerres une oeuvre puissamment charpentée, un abîme de noirceur et de désespoir.
S'il fallait décider, sur les étagères d'une bibliothèque, d'un emplacement pour le roman de Louis Guilloux, ce serait entre le "Voyage au bout de la Nuit" de Céline et "Les Ames Grises" de Philippe Claudel.
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Jeu 22 Nov 2007 - 18:59

Le Bibliomane a écrit:
S'il fallait décider, sur les étagères d'une bibliothèque, d'un emplacement pour le roman de Louis Guilloux, ce serait entre le "Voyage au bout de la Nuit" de Céline et "Les Ames Grises" de Philippe Claudel.

C'est dire!...En tout cas en ce qui te concerne... content
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Dim 20 Jan 2008 - 11:58

"Vingt ans ma belle âge"

Louis Guilloux (1899-1980) est un auteur dont je découvre petit à petit l'oeuvre romanesque. On pourrait m'accuser de chauvinisme parce qu'il est natif de St-Brieuc. Il n'en est rien. Je ne suis pas breton et ne vit dans cette belle région que depuis un peu plus de deux ans.

Par contre, c'est seulement une fois établi en Bretagne que, fouinant dans les rayonnages des bibliothèques et des librairies de la région, un nom et un titre d'ouvrage s'imposaient constamment à mon attention : « Le sang noir » de Louis Guilloux.
Je m'attendais à beaucoup de choses en musardant dans ces bibliothèques et librairies : à voir, par exemple, des exemplaires innombrables de l'oeuvre de Pierre-Jakez Hélias, de François René de Châteaubriand ou d'Anatole Le Braz. Bien sûr, ces auteurs sont tous présents et il est difficile de ne pas les remarquer, mais parmi eux, il en était un, beaucoup plus discret – Louis guilloux – dont je n'avais jusqu'ici jamais entendu parler.

Intrigué par ce « Sang noir » que je voyais à maintes reprises, je décidai d'en faire la lecture.
J'en fus, plus qu'agréblement surpris, remué et conquis par cette oeuvre remarquable, d'une noire beauté et d'une lucidité sans failles s'attachant à décrire toute la veulerie et toute l'abjection d'une coterie de notables d'une ville située bien à l'arrière du front lors de la Grande Guerre. Ces personnages, pathétiques de sournoiserie et de lâcheté, éructant leurs discours patriotiques enflammés alors que plus loin meurent par centaines de milliers les représentants d'une jeunesse sacrifiée, constitue une galerie de portraits inoubliables.

Loin d'être – comme je le pensais avant d'en découvrir l'oeuvre – un auteur régionnaliste, voire du « terroir », Louis Guilloux est avant tout un auteur dont les personnages et les thèmes, par leur universalité, transcendent le cadre régional (qui finalement reste discret, voire inexistant car n'apportant aucun élément susceptible d'apporter un plus au récit) pour apporter au lecteur une vision de la condition humaine, dans ses grandeurs et ses misères, qui est, somme toute, un héritage commun à toutes les cultures et à toutes les époques.

Cette lucidité, ce constant souci de décrire les embûches et les malheurs de l'existence, les efforts désespérés que font certains pour tenter de s'extraire de la dureté des temps, on les retrouve dans « Vingt ans ma belle âge », recueil de contes et nouvelles écrits par Louis Guilloux entre 1921 et 1950.
Dans la nouvelle qui donnera son titre à l'ensemble de l'ouvrage, Guilloux dépeint dans ce texte autobiographique les conditions de cette époque de l'existence tant vantée et tant regrettée : l'époque des vingt ans. Sauf qu'ici, c'est dans le Paris d' après la Grande Guerre que nous entraîne l'auteur, nous contant ses annés de « vache enragée », dans un récit bien éloigné de la vision naîve et romanesque de « la vie de bohême ».
On retrouvera cette atmosphère d'après-guerre dans « Douze balles montées en breloque », récit mettant en scène le conflit entre une veuve et sa fille à propos de la réhabilitation du père, fusillé sur l'ordre d'un officier peu regardant sur les conditions d'une blessure à la main droite et considérant celle-ci comme une tentative de désertion.

Mais plus généralement on trouvera dans ce recueil un assortiment de personnalités et de destins poignants : écrivains maudits, ronds-de-cuir, potaches, ivrognes, ambitieux, paysans, instituteurs, filles de ferme, etc... tous représentants de certaines catégories – les plus modestes – de la société française de la première moitié du XXème siècle.

Dans ces six nouvelles et ces vingt contes, Louis Guilloux s'attache à dépeindre autant d'individualités et de destinées marquées par l'empreinte du sort.
Avec un talent d'écriture et un sens de la narration qui – par certains aspects et dans certains textes – ne manquent pas de rappeler les contes et nouvelles de Maupassant ou de Flaubert, par sa prose classique, limpide, dépouillée et sans effets de style, Louis Guilloux nous livre avec ce recueil une anthologie des thèmes récurrents à son univers littéraire, un univers sombre et désespéré, toutefois tempéré par le discret esprit de dérision qui plane sur certains de ses écrits, esprit de dérision visant à souligner l'inanité et le pathétique de nos gesticulations dans nos efforts pour atteindre ces paradis illusoires que sont la réussite sociale, l'amour, la gloire et la reconnaissance.
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Sam 6 Aoû 2011 - 10:24

Je me suis décidée à acheter Le sang noir après avoir entendu une interview de Jorge Semprun, qui le considérait comme le meilleur roman contemporain. Je ne connaissais absolument pas Louis Guilloux.
C’est déconcertant, dérangeant, désespérant, douloureux.
Mais, tout comme certains produits qu’on applique sur les bobos, si ça fait mal, c’est que ça guérit !

J’ai eu du mal, quand même, à adhérer à 100% à l’opinion de Semprun. J’avoue que j’aime bien, de temps en temps, apercevoir un peu de lumière, une trouée de ciel clair dans mes lectures. Un peu de lyrisme, bon sang !
Et ici, tout est vu sous le prisme de la sordidité : le héros, un monstre de foire, souffrant dans son corps et dans son âme ; la ville, noire, inquiétante ; une bossue dérisoire dansant avec son chien ; Maia, mégère détestable et primitive ; l’internat peuplé de pervers et d’adolescents cruels. Un monde à la Valle-Inclán, ou à la Goya, pour rester dans les similitudes hispaniques.
C’était peut-être comme ça. C’est peut-être encore comme ça ? Mais on ne s’en rend pas compte ?

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bix229
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Sam 6 Aoû 2011 - 15:26

Il faut lire aussi Le Pain des reves.



C' est un très beau livre sur l' enfance, la sienne. Une enfance miséreuse mais digne.

Guilloux n' a jamais reniée la pauvreté, au contraire, il y a consacré une partie de sa vie.

Ce livre aussi est sombre mais trancendé par le souvenir..



Guilloux fait partie de ces écrivains qu' on apprécie autant pour leur vie que pour leur oeuvre.



Le Pain des reves. - Folio
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Sam 6 Aoû 2011 - 20:04

merci, Bix, l'homme aux oiseaux, c'est toi?
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bix229
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Sam 6 Aoû 2011 - 20:37

Dom a écrit:
merci, Bix, l'homme aux oiseaux, c'est toi?

C' est moi, Dom ! C' est pour cela que mon avatar représente un épouvantail. Quoi de plus proche des oiseaux qu' un épouvantail ? !
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Dim 7 Aoû 2011 - 10:45

Il y quelques années, j'ai lu "La maison du peuple" de Louis Guilloux. J'ai beaucoup aimé, et ce qui m' a surpris, c'est son écriture...Une écriture contemporaine, je dirais. Ca m'a fait la même chose avec Stefan Zweig!

En lisant vos posts, il faut que j'aille fouiller dans mes diverses étagères car je sais que j'ai acheté et rangé "Le sang noir"......Il faut que je le retrouve.

Bon dimanche à tous....Le soleil a l'air de vouloir montrer le bout de son nez....................
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Marko
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Lun 14 Juil 2014 - 15:39

Un article complet sur Louis Guilloux dans le dernier Matricule des anges. Du coup j'ai une terrible envie de le découvrir. Au prochain portail ?  Very Happy 

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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Constance
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MessageSujet: Re: Louis Guilloux   Mar 22 Juil 2014 - 10:01

Citation :
Mais je n'ai pas encore parlé de La Maison du peuple, le premier livre de Guilloux. Je n'ai jamais pu le lire sans un serrement de coeur : je le lis avec des souvenirs. Il me parle sans arrêt d'une vérité dont je sais, malgré les professeurs de philosophie et de tactique, qu'elle passe les empires et les jours : celle de l'homme en proie à une pauvreté aussi nue que la mort : "Il savait, en écoutant le sifflet des locomotives, si le temps serait à la pluie." J'ai si souvent relu ce livre que ce sont des phrases comme celle-là qui m'accompagnent maintenant, quand je l'ai refermé.

Albert Camus

Extrait de la préface de La Maison du peuple suivi de Compagnons/ Le livre de poche.
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