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 Albert Camus

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Thel
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Lun 17 Déc 2012 - 22:37

san.romain a écrit:
A lire et à relire, Les Noces de ce cher Camus !

J'en profite, que ce fil soit à nouveau alimenté, pour dire que
j'ai redécouvert Camus avec cet "essai" sur l'Algérie...
Souvent, on a le stéréotype de L'étranger, un roman sec et inaccessible.
Et avec Les Noces, on retrouve toute la magie des paysages, et du paysage algérien
en l'occurrence.

Une écriture amoureuse, chaude, et ambrée, qui dépeint le paysage d'Alger aux ruines
dans le désert, et qui évoque toute l'histoire, et la place de l'humanité. C'est un bouquin
très intéressant, surtout dans le contexte dans lequel il a été écrit. Camus partage ici son
amour pour l'Algérie. Mais loin d'être l'Algérie des colonies..

Oui! pour l’écriture chaude et exaltée de Camus. Ce type a un double visage. Après je trouve pas que l'étranger soit sec et pas accessible, c'est plus austère mais tellement profond. J'aime les deux faces :)
Enfin, oui je suis vraiment une amoureuse de Camus... et de Hoeg aussi :)
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Mar 25 Déc 2012 - 12:25

L'exil et le royaume

Recueil de nouvelles :
- La femme adultère
- Le renégat
- Les muets
- L'hôte
- Jonas
- La pierre qui pousse

Il n'est pas évident de parler de cette lecture à la fois très forte (ou réussie) et à distance. Je serai invariablement bon client pour les descriptions de paysages et de sensations et le tenace mélange des deux, l'esprit qui se mêle au lieu, et Camus l'écrit à merveille. Il y a aussi dans cette fusion du personnage avec son décor la première distance. La seconde distance est celle de l'inachèvement des personnages qui va être à la fois ce retrait et une insatisfaction existentielle morale. Ce qui nous amène assez logiquement à l'engagement humaniste scrupuleux des nouvelles (le solidaire/solitaire). C'est de là qu'on pourrait penser que vient la distance de la lecture et non des deux autres qui s'avèrent être fiévreusement attractives.

C'est à dire qu'on est très dans la nouvelle quand on la lit, puis elle se détache.

Les déserts sont très beaux, le reste aussi. S'il n'y avait le sentiment d'une contrainte de l'écriture pour la faire aboutir, se refermer...

Si je devais évoquer deux ressemblances (différentes) : Noces et trois femmes de Musil pour le moment sensitif complet et... Malraux pour la fièvre du lieu, les dialogues, et cette petite contrainte, plus modeste mais la présence de l'acte dans les personnages et l'écriture.

Je suis très content de m'être laissé influencé par la remontée de ce fil et j'espère attendre moins longtemps maintenant avant de revenir à Camus.

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Little devil
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Dim 13 Jan 2013 - 20:38

J'ai lu, il y à deux jours "L'étranger".

Je dois vous avouer que j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire. Ce personnage, presque insensible m'agace tellement ! Néanmoins, le style de l'auteur est simple à lire, c'est ce qui m'a poussé à terminer ma lecture... et c'est ce qui m'a poussé jusqu'aux dernières pages... Ce livre fait 184 pages, et il n'y à environs que 4 pages qui m'ont vraiment chamboulées . Mais vraiment. Lorsque la dernière chose qu'il peut entendre sont les paroles du prêtre , et que là, enfin , il "se vide", "se dévoile"... J'ai dévoré ses quatre dernières pages d'une traite.
Au final, je ne suis absolument pas déçue par ce livre, malgrès mes premières impressions, et je remercie ma prof de français pour cette découverte.
diablotin
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san.romain
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 24 Jan 2013 - 18:48

La mort heureuse

Apparemment, Camus aurait refusé de le publier de son vivant.
Étonnant, en sachant que c'était (à ce qu'en dit ma 4ème de couverture)
le premier roman entrepris par Camus... Pourtant, il n'y a pas de quoi
le jeter aux oubliettes, et bienheureux celui qui a sauvé ce roman !

Meursault fait son apparition, et il est tout à fait différent du Meursault,
disons inoubliable, de l'Etranger. Rien à voir avec ce roman si célèbre,
La mort heureuse est un roman à la teneur poétique des Noces !
En effet, les pauses successives sur le paysage Algérien nous font
rêver, nous réchauffent le coeur (en ces mois d'hiver rudes), et décrivent
avec justesse l'élégance et la chaleur de ce pays si cher à Camus !

Le bonheur. C'est le fil rouge de ce roman, au titre contradictoire.
La mort n'est pas aussi omniprésente qu'on le croirait, et n'est pas
aussi acide que dans l'Etranger. Au contraire, Meursault décide de prendre
la vie à bras le corps, et de ne pas attendre le Bonheur. . . Doctrine épicurienne,
je n'en sais rien, mais j'y ai pensé pendant ma lecture, car Meursault veut une
vie simple, au contact de la nature, de la simplicité et de la solitude.

Des airs d'Into the Wild !

Seulement, Camus n'est pas si idéaliste. En effet, ce qui régit son bonheur,
c'est l'argent que Meursault a récupéré de la mort donnée à Zagreus dès les
premières lignes (un cul-de-jatte richissime qui ne peut profiter de sa fortune).
On ne peut être heureux sans argent, dira Zagreus.. Au fond, ce n'est pas faux.

Le bonheur, ce n'est ni l'amour, ni l'amitié, c'est le monde et l'engagement de
tout son être à obtenir ce bonheur ! Il ne s'agit pas de rester passif !

Néanmoins, on sent que la plume de Camus est timide, disons, naissante ! Dans
les dialogues, on voit très bien les débats d'idées faire feu, ou encore, une recherche
de la sublimation des descriptions qui disparaîtront dans l'Etranger. Et ce changement
est à lire, car la maturité a pris le pas, et le monde aussi !

UNE BELLE EXPÉRIENCE !

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 4 Avr 2013 - 0:12

J'ai écouté Le Mythe de Sisyphe la semaine dernière, en audio. J'ai lutté pour me concentrer au milieu de la nuée de Parisiens affolés à l'heure de pointe, histoire de ne pas passer totalement à côté du discours. A plusieurs reprises, je me suis rendu compte que je fronçais les sourcils à force de concentration alors que j'essayais de faire abstraction au maximum de l'effervescence environnante. J'ai dû passer pour une truite à l'oeil vitreux aux yeux de nombreux voyageurs et je me suis trompée plusieurs fois d'embranchement dans les dédales du métro à cause de Camus. Mais, c'était intéressant, je ne regrette pas mes complications transiliennes.

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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 4 Avr 2013 - 9:41

Kannskia a écrit:
J'ai écouté Le Mythe de Sisyphe la semaine dernière, en audio. J'ai lutté pour me concentrer au milieu de la nuée de Parisiens affolés à l'heure de pointe, histoire de ne pas passer totalement à côté du discours. A plusieurs reprises, je me suis rendu compte que je fronçais les sourcils à force de concentration alors que j'essayais de faire abstraction au maximum de l'effervescence environnante. J'ai dû passer pour une truite à l'oeil vitreux aux yeux de nombreux voyageurs et je me suis trompée plusieurs fois d'embranchement dans les dédales du métro à cause de Camus. Mais, c'était intéressant, je ne regrette pas mes complications transiliennes.

Je vois que Camus t'a transporté ! mdr2
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 4 Avr 2013 - 16:47

peut-être ce livre qui vient de sortir tombe à pic?!



Pourquoi Camus ?
Ouvrage collectif sous la direction d' Eduardo Castillo

Citation :
1913-2013. Les chemins qui mènent à Albert Camus sont sinueux, chacun est balisé par le rapport personnel à l’œuvre du romancier, philosophe, essayiste, journaliste, dramaturge. Comment parler, analyser, faire partager cette vision d’un homme aux multiples appartenances, aux multiples visages et aux multiples contradictions ? L’homme témoin, acteur de son temps, a-t-il quelque chose à nous dire aujourd’hui ?

Dans cet ouvrage collectif, une vingtaine d’écrivains, professeurs ou journalistes racontent chacun « son » Camus : Alexis Jenni qui cherche à débusquer un Camus caché, insaisissable, silencieux sur la guerre d’Algérie ; Pierre-Louis Rey, s’intéressant au rôle du football, de l’esprit d’équipe et d’amitié dans la formation de l’écrivain ; Daniel Lindenberg, admirateur du Camus politique, conscient que la justice ne va pas sans la révolte ; Martin Frieyro traçant un parallèle entre l’engagement de Camus et les révoltes arabes de 2011 ainsi que celle des Indignés espagnols ; Jeanyves Guérin, admirateur du Camus citoyen de notre temps, grand moment de la conscience humaine ; Jean Rouaud, prenant la mesure de la prégnance de la misère dans le Premier homme ; Macha Séry définissant le Camus journaliste, modèle insurpassable…

Tous expriment – avec leurs différences, leurs doutes, leurs admirations, leurs préjugés – leur dette, immense, à l’égard de l’héritage camusien.


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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 5 Avr 2013 - 21:36

Kannskia a écrit:
J'ai écouté Le Mythe de Sisyphe la semaine dernière, en audio. J'ai lutté pour me concentrer au milieu de la nuée de Parisiens affolés à l'heure de pointe, histoire de ne pas passer totalement à côté du discours. A plusieurs reprises, je me suis rendu compte que je fronçais les sourcils à force de concentration alors que j'essayais de faire abstraction au maximum de l'effervescence environnante. J'ai dû passer pour une truite à l'oeil vitreux aux yeux de nombreux voyageurs et je me suis trompée plusieurs fois d'embranchement dans les dédales du métro à cause de Camus. Mais, c'était intéressant, je ne regrette pas mes complications transiliennes.

Je serais incapable de réaliser une telle prouesse ! Ma concentration sonore est vraiment minable.

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Dim 7 Avr 2013 - 15:33

GrandGousierGuerin a écrit:
Kannskia a écrit:
J'ai écouté Le Mythe de Sisyphe la semaine dernière, en audio. J'ai lutté pour me concentrer au milieu de la nuée de Parisiens affolés à l'heure de pointe, histoire de ne pas passer totalement à côté du discours. A plusieurs reprises, je me suis rendu compte que je fronçais les sourcils à force de concentration alors que j'essayais de faire abstraction au maximum de l'effervescence environnante. J'ai dû passer pour une truite à l'oeil vitreux aux yeux de nombreux voyageurs et je me suis trompée plusieurs fois d'embranchement dans les dédales du métro à cause de Camus. Mais, c'était intéressant, je ne regrette pas mes complications transiliennes.
Je vois que Camus t'a transporté ! mdr2
Bien vu rire


colimasson a écrit:
Je serais incapable de réaliser une telle prouesse ! Ma concentration sonore est vraiment minable.
Avoir l'air d'une idiote en peine de concentration serait donc une prouesse ? rire

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darkanny
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Dim 1 Sep 2013 - 10:40

La chute

Il n'y a pas à proprement d'histoire.
C'est le discours d'un homme sur sa vie passée et présente.
Il fait en quleque sorte un monologue face à un homme rencontré au Mexico-city, bar à matelots d'Amsterdam, pas reluisant, signe d'une errance et d'une "chute"

En effet l'homme qui se déclare être juge-pénitent a entamé une lente descente aux enfers, depuis un événement qui fait basculer sa vie jusqu'alors si accomplie: lors d'une de ses promenades sur les quais de Seine, il croise une femme sur un pont, peu après il entend un cri mais comprenant qu'il s'agit d'une tentaive de suicide, il ne se retournera pas et continuera sa promenade.

A partir de là, lui qui s'estimait au-delà de tout, comprend qu'il est "coupable " et à la mise en lumière de sa cumpabilité et de sa faiblesse, il s'accordera un droit à juger les autres d'où sa vocation de juge-pénitent.

Beaucoup de références, Dante, la Bible, la mythologie, font de ce discours à l'apparence simple une profonde réflexion sur la culpabilité, l'égoisme, et tant d'autres thèmes encore.

Un aperçu de cette philosophie chère à Camus, qui me permet d'avancer dans ma connaissance de cet auteur.
Je poursuivrai avec Noces et L'été.


Dernière édition par darkanny le Dim 1 Sep 2013 - 12:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Dim 1 Sep 2013 - 12:30

darkanny a écrit:
La chute

Il n'y a pas à proprement d'histoire.
C'est le discours d'un homme sur sa vie passée et présente.
Il fait en quleque sorte un monologue face à un homme rencontré au Mexico-city, bar à matelots d'Amsterdam, pas reluisant, signe d'une errance et d'une "chute"

En effet l'homme qui se déclare être juge-pénitent a entamé une lente descente aux enfers, depuis un événement qui fait basculer sa vie jusqu'alors si accomplie: lors d'une de ses promenades sur les quais de Seine, il croise une femme sur un pont, peu après il entend un cri mais comprenant qu'il s'agit d'une tentaive de suicide, il ne se retournera pas et continuera sa promenade.

A partir de là, lui qui s'estimait au-delà de tout, comprend qu'il est "coupable " et à la mise en lumière de sa cumpabilité et de sa faiblesse, il s'accordera un droit à juger les autres d'où sa vocation de juge-pénitent.

Beaucoup de références, Dante, la Bible, la mythologie, font de ce discours à l'apparence simple une profonde réflexion sur la culpabilité, l'égoisme, et tant d'autres thèmes encore.

Un aperçu de cette philosophie chère à Camus, qui me permet d'avancer dans ma connaissance de cet auteur.
Je poursuivrai avec Les noces et L'été.
J'attendrai donc tes prochains commentaires avec patience ... tout en savourant ce dernier ...
D'ailleurs, je crois qu'une LC est au programme miammiam
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darkanny
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Dim 1 Sep 2013 - 12:35

Oui je pense participer à cette LC
Faut juste que je retrouve le fil !

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Maline
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Lun 2 Sep 2013 - 12:39

On va beaucoup entendre parler de et lire sur Albert Camus dans les semaines qui viennent, il est né le 7 novembre 1913, donc son 100 anniversaire se rapproche.
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colimasson
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MessageSujet: Re: Albert Camus   Ven 11 Oct 2013 - 12:43

Suite à la LC...

Le mythe de Sisyphe (1942)




Connaître le sort de Sisyphe nous éclaircit d’emblée sur les intentions d’Albert Camus :


« Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu’au sommet d’une montagne d’où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir. »



Pauvre Sisyphe –et pauvre homme absurde. Car tout homme n’est pas Sisyphe, mais l’est seulement celui qui aura été un jour frappé par un instant de lucidité féroce. A partir de ce moment-là se révèle la question philosophique majeure : la vie mérite-t-elle d’être vécue malgré son inutilité absolue et apparente ? Si non, il faut se suicider. Si oui, il faut trouver une bonne raison de continuer à vivre. Celui-là qui continue est l’homme absurde, jonglant d’un jour sur l’autre entre espoir et lassitude.


Dans son exposé de la question, Albert Camus se montre austère et très peu engageant. Cherchant peut-être à prendre de la distance avec son sujet, il détaille les arguments et les réflexions avec une rigueur scientifique qui sied peu à la question, qui rebute souvent par une impression de manque d’empathie, mais qui finit toutefois de bouleverser par la pertinence des vérités ainsi discrètement révélées.


Inspiré et nourri de figures littéraires, Albert Camus disparaît le temps de deux chapitres derrière les interprétations absurdes des œuvres de Dostoïevski et de Kafka. Il nous donne ainsi la possibilité de renouveler notre regard et de compatir avec ces hommes absurdes qui, pour faire fuir la terreur de la mort, ont créé ce qu’on appelle parfois « l’œuvre d’une vie ».


Le mythe de Sisyphe est utilisé à escient pour dépasser son aspect tragique. Sisyphe est-il désespéré ? Parfois, sans doute, mais « il faut imaginer Sisyphe heureux » car « la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme ». Si la seule et ultime raison qui nous conserve vivant est la vie elle-même, alors cela suffit.


Vraiment ? Il faut imaginer Albert heureux. Et si l’on y parvient, c’est que nous-mêmes le sommes encore un peu.




Citation :
« L'homme absurde entrevoit ainsi un univers brûlant et glacé, transparent et limité, où rien n'est possible mais tout est donné, passé lequel c'est l'effondrement et le néant. Il peut alors décider d’accepter de vivre dans un tel univers et d’en tirer ses forces, son refus d’espérer et le témoignage obstiné d’une vie sans consolation. »



Citation :
« J'en viens enfin à la mort et au sentiment que nous en avons. Sur ce point tout a été dit et il est décent de se garder du pathétique. On ne s'étonnera cependant jamais assez de ce que tout le monde vive comme si personne "ne savait". »



Par-delà le bien et le mal ?

« Là où la lucidité règne, l'échelle des valeurs devient inutile. »




Citation :
« Un monde qu’on peut expliquer même avec de mauvaises raisons est un monde familier. Mais au contraire, dans un univers soudain privé d’illusions et de lumières, l’homme se sent comme un étranger. Cet exil est sans recours puisqu’il est privé des souvenirs d’une patrie perdue ou de l’espoir d’une terre promise. Ce divorce entre l’homme de sa vie, l’acteur et son décor, c’est proprement le sentiment de l’absurdité. »
*Peintures d'André Masson

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Jeu 7 Nov 2013 - 21:55

Maline a écrit:
On va beaucoup entendre parler de et lire sur Albert Camus dans les semaines qui viennent, il est né le 7 novembre 1913, donc son 100 anniversaire se rapproche.
C'est aujourd'hui et on aurait pu faire mieux.

voir les actualités sur les différents autour de la commémoration

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MessageSujet: Re: Albert Camus   Aujourd'hui à 5:33

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