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 Raymond Queneau

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Steven
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeDim 30 Mar 2008 - 16:20

Marie, non ce n'est pas la couverture d'un livre, mais un carton d'invitation pour une exposition sur l'oeuvre picturale de Queneau :
Citation :
Dans son roman de 1936, "Les derniers jours", Raymond Queneau accordait à l'un de ses personnages, une qualité toute particulière : "savoir regarder un tableau cubiste à l'endroit".
Plus tard, en 1959, au détour de "Zazie dans le métro", l'oncle-tante Gabriel énonçait quant à lui un définitif "Y'a pas que la rigolade, y'a aussi l'art."
Il faut dire que sur cette question là, Queneau ne privait pas l'humour de son sérieux.

Lié aux plus grands artitstes de son temps, coureur de galeries et de musées, critique et découvreur, il considérait la peinture comme "une langue poétique par excellence". Et s'était même rêvé peintre.
Au lendemain de la guerre, pendant quelques années, il a troqué la plume pour le pinceau, exposé une fois, puis remisé sa palette pour reprendre sa carrière d'écrivain, composer "Mille milliards de poèmes", diriger l'Encyclopédie de la Pléiade, siéger au Collège de Pataphysique, créer l'Oulipo et titiller les mathématiques.

Passé ainsi brièvement de la géométrie des mots à l'algèbre des couleurs, Raymond-la-science, fidèle à son territoire de fantaisie et d'expérimentations n'en avait pas moins bouclé une œuvre à part entière.
Spontanée, ludique, insolite et buisonnière.
Une brassée de rêveries sans parole.
Son jardin secret. Mi gouache, mi raison.

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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeDim 30 Mar 2008 - 17:14

Quelques oeuvres de Queneau :

Raymond Queneau - Page 2 Quenea11


Raymond Queneau - Page 2 Quenea12

Raymond Queneau - Page 2 Quenea13


On trouve des informations sur Queneau sur ce site :
http://www.queneau.net/

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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeMar 6 Mai 2008 - 21:57

Raymond Queneau - Page 2 Fleurb10

Citation :
..."Moult te goures, hébergeur. Je viens voir où en sont les travaux de l'église Notre dame.
- La tour au sud est bien avancée et l'on va commencer celle du nord et la galerie qui les joint. On refait aussi les parties hautes pour donner plus de lumière.
-ASSEZ ! hurla le duc. Si tu me racontes tout, je n'aurai plus qu'à m'en retourner chez moi, ce que point ne souhaite.
-Ni moi non plus, aussi vous apporterai-je incontinent le souper."
Le duc mangea copieusement, puis alla se coucher et dormit de fort bon appétit.
Il n'avait pas encore terminé sa sieste que deux nomades le réveillèrent en l'interpellant du haut de la berge. Cidrolin leur répondit par signes...

C'est ainsi qu'est structuré le livre. Chaque fois que le duc d'Auge , repu ou ivre de trop d'essence de fenouil, s'assoupit, Cidrolin apparait, vaguement perplexe des rêves historiques qu'il fait. Cidrolin a une vie tranquille sur l'Arche, sa péniche immobile. Il passe ses journées, oisives, à dormir, boire de l'essence de fenouil et à repeindre inlassablement sa clôture sur laquelle un mauvais plaisant inscrit chaque nuit insultes et allusions à une vie passée dissolue ! Quelques fois, il va se promener jusqu'au campigne, rencontre les nomades, et le passant avec qui il échange des propos fort amènes et banals !
Le duc d'Auge traverse les siècles avec une constante : une humeur belliqueuse qui le conduit tout le temps à la guerre ! Il se pose quand même des questions qu'il posent à son confesseur, l'abbé Biroton, qui malheureusement, n'a pas les réponses :
Citation :
Primo, que penses-tu des rêves ?
Secundo, que penses-tu du langage des animaux .
tertio, que penses-tu de l'histoire universelle en général et de l'histoire générale en particulier ?

A travers ses coups de sang, nous le voyons progresser jusqu'en 1964, à la rencontre de Cidrolin. La rencontre va s'avérer savoureuse. Raymond Queneau en profite pour revisiter l'histoire de France, de la période Paléolithique à la révolution. Il truffe son histoire de formules dont il a le secret, nous réserve un véritable coup de théâtre quant à l'identité du mystérieux peinturlureur de palissade. Ce livre m'a enchanté, le talent de Queneau est à son meilleur. Un des bons moments que j'ai passé avec cet auteur !
Quant aux fleurs bleues...

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coline
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeLun 7 Juil 2008 - 13:32

Raymond Queneau - Page 2 51giij10

Une adaptation en BD de Zazie dans le métro est sortie chez Gallimard. Collection "Fétiche".
Elle est l'oeuvre de Clément Oubrerie qui est surtout un illustrateur.

"Je ne suis pas un auteur de BD mais un dessinateur. J'ai considéré la demande de Gallimard comme une opportunité, comme le moyen de mener une expérience artistique. L'adaptation m'offre la possibilité d'être à mi-chemin entre l'écrivain et le dessinateur."

"J'ai essayé de respecter au maximum le texte original. J'ai malheureusement dû opérer quelques coupes: la BD est astreinte à des contraintes techniques et financières; on ne peut pas multiplier les feuillets à l'infini, à la différence du roman."

"J'ai adopté un parti pris dénué de malice en traitant Zazie au premier degré (le second découlede lui-même)...Je pense qu'il est inutile de surenchérir dans un dialogue surréaliste avec Queneau, le récit est déjà suffisamment délirant comme cela!"


(Clément Oubrerie)

Raymond Queneau - Page 2 Zazie110

Raymond Queneau - Page 2 Zazie111
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Nathria
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeDim 13 Juil 2008 - 9:36

"Cent mille milliards de poèmes"

Ce livre-objet est magnifique. Sur chaque page, un poème. Chaque page est découpée en languettes. Sur chaque languette, un vers. On peut donc lire les poèmes par page ou combiner les languettes et avoir la possibilité de lire "Cent mille milliards de poèmes"!
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kenavo
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeDim 13 Juil 2008 - 15:32

Nathria a écrit:
"Cent mille milliards de poèmes"

Ce livre-objet est magnifique. Sur chaque page, un poème. Chaque page est découpée en languettes. Sur chaque languette, un vers. On peut donc lire les poèmes par page ou combiner les languettes et avoir la possibilité de lire "Cent mille milliards de poèmes"!
Merci pour la mention de ce petit bijou
mais j'ai aussi vu le prix.. cela devra attendre une bonne occasion.. Wink

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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MessageSujet: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeVen 26 Fév 2010 - 18:17

J'ai posté tout à l'heure sur un autre "sujet" le texte suivant, mieux à sa place ici :

Son écrivain préféré par exemple est Raymond Queneau. Un extrait au hasard de Les derniers jours qu'il vient de relire :
Nous on est que de malheureux étudiants en médecine, tandis que lui, il lit saint Thomas en latin et sait regarder un tableau cubiste à l'endroit. Tu vois ça d'ici, alors tu comprends s'il nous méprise...
Autre extrait :
A la terrasse , des gens s'asseyaient ici et là et là encore et se mirent à boire, à cause de la chaleur qui faisait suer le front des obèses, les mains des lymphatiques et les pieds du grand nombre.
Cet auteur est génial - le plus grand.
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MessageSujet: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeVen 26 Fév 2010 - 18:22

un bout du poème Vieillir qui me touche particulièrement :
 
Me voilà qui grisonne
me voilà qui bedonne
je tousse et je déconne
déjà déjà déjà
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MessageSujet: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeVen 26 Fév 2010 - 18:30

A propos de Cent mille milliards de poèmes : ce site permet d'en composer un à sa guise :
http://www.growndodo.com/wordplay/oulipo/10%5E14sonnets.html
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Constance
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeLun 10 Mai 2010 - 13:07

Ne vous privez surtout pas de la lecture de son hilarant essai "Exercices de style" (Folio) ... Queneau y raconte la même brève histoire sous quatre-vingt-dix-neuf formes différentes ( Litotes, alexandrins, passé indéfini, ampoulé, vulgaire, javanais, etc ) ...

Spoiler:
 





Poème pour la postérité


Ce soir,
Si j'écrivais un poème
pour la postérité ?
fichtre
la belle idée !

je me sens sûr de moi
j'y vas
et à la postérité
j'y dis merde et remerde
et reremerde
drôlement feintée
la postérité
qui attendait son poème.

ah mais !

(L'instant fatal)
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeJeu 13 Mai 2010 - 19:37

Trois des quatre-vingt-dix-neuf manières de narrer un non-événement, dans "Exercices de style" ...



Antonymique

Il pleut. Les autobus passent presque vides. Sur le capot d'un AI du côté de la bastille,
un vieillard qui a la tête rentrée dans les épaules et ne porte pas de chapeau remercie une dame placée très loin de lui parce qu'elle lui caresse les mains.
Puis il va se mettre debout sur les genoux d'un monsieur qui occupe toujours sa place.
Deux heures plus tôt, derrière la gare de Lyon, ce vieillard se bouchait les oreilles pour ne pas entendre un clochard qui se refusait à dire qu'il lui fallait descendre d'un cran le bouton inférieur de son caleçon.


Injurieux

Après une attente infecte sous un soleil ignoble, je finis par monter dans un autobus immonde où se serrait une bande de cons. Le plus con d'entre ces cons était un boutonneux au sifflet démesuré qui exhibait un galurin grotesque avec un cordonnet au lieu de ruban.
Ce prétentiard se mit à râler parce qu'un vieux con lui piétiniait les panards avec une fureur sénile; il ne tarda pas à se dégonfler et se débina dans la direction d'une place vide encore humide de la sueur des fesses du précédent occupant.
Deux heures plus tard, pas de chance, je retombe sur le même con en train de pérorer avec un autre con devant ce monument dégueulasse qu'on appelle la gare Saint-Lazare.
Ils bavardochaient à propos d'un bouton. Je me dis : qu'il le fasse monter ou descendre son furoncle, il sera toujours aussi moche, ce sale con.


Probabiliste

Les contacts entre habitants d'une grande ville sont tellement nombreux qu'on ne saurait s'étonner s'il se produit quelquefois entre eux des frictions d'un caractère en général sans gravité.
Il m'est arrivé récemment d'assister à l'une de ces rencontres dépourvues d'aménité qui ont lieu en général dans les véhicules destinés aux transports en commun de la région parisienne aux heures d'affluence. Il n'y a d'ailleurs rien d'étonnant à ce que j'en aie été le spectateur, car je me déplace fréquemment de la sorte.
Ce jour-là, l'incident fut d'ordre infime, mais mon attention fut surtout attirée par l'aspect physique et la coiffure de l'un des protagonistes de ce drame minuscule.
C'était un homme encore jeune, mais dont le cou était d'une longueur probablement supérieure à la moyenne et dont le ruban du chapeau était remplacé par du galon tressé. Chose curieuse, je le revis deux heures plus tard en train d'écouter les conseils d'ordre vestimentaire que lui donnait un camarade en compagnie duquel il se promenait de long en large, avec négligence, dirai-je.
Il n'y avait que peu de chances cette fois-ci pour qu'une troisième rencontre se produisit, et le fait est que depuis ce jour jamais je ne revis ce jeune homme, conformément aux raisonnables lois de la vraisemblance.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeMer 27 Oct 2010 - 1:11

Les Fleurs Bleues

Aux premières pages déjà, on sent qu'on n'a pas à faire à un roman "classique", de vieux mots étranges, des néologismes absurdes et d'autres tellement crédibles qu'on perd son temps à les retrouver dans un dictionnaire, une narration qui saute d'un récit à l'autre sans prévenir… le début m'a déconcerté, pour tout dire. J'étais complètement perdu, mais je me suis accroché et au bout d'une quarantaine de page, j'étais conquis et l'étrange construction du récit n'était plus vraiment un problème (en fait, on s'y retrouve assez vite). Je me suis assez vite attaché aux personnages, surtout le Comte d'Auge que je trouvais burlesque (il m'a un eu fait penser à Ignatus de La Conjuration des Imbéciles, en moins exagéré). Il y a aussi une atmosphère tranquille et légère qui aide beaucoup. Je ne pense pas qu'un roman avec une narration aussi étrange puisse fonctionner aussi bien avec une histoire grave, triste, violente, etc.
Une histoire bizarre à la narration particulière et bourrée de néologismes amusants, ce sont, en gros, les caractéristiques que je donnerais à ce roman. Je ne sais pas si ce style est propre à l'ensemble de l'ouvre de Queneau ou à ce livre en particulier, mais cette découverte m'a poussé à aller voir plus loin. Pour ce faire, j'ai déjà acheté Zazie dans le Métro du même auteur (que j'ai trouvé quasi neuf dans un magasin d'occasion…).

En bref, j'ai beaucoup aimé ce roman singulier et équilibré et remercie grandement Odrey de me l'avoir fait découvrir!
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeLun 10 Sep 2012 - 11:32

Je n'ai pas du tout réussi à m'intéresser à ce livre...

Zazie dans le métro (1959)


Raymond Queneau - Page 2 97820710

« - Tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire. »

Remarque la plus pertinente du livre. Remarque qui s’adresse à tous les personnages de Zazie dans le métro. A part causer, ils ne font pas grand-chose. L’intrigue est réduite à peau de chagrin, rythmée uniquement par les rencontres de Zazie, petite provinciale venue passer quelques jours chez son oncle à Paris, et par le spectre fascinant du métro.


Ce n’est évidemment pas la légèreté de l’intrigue qui définit ou non la qualité d’un roman. Un livre peut être excellent, même s’il est bâti autour du néant. En réalité, Zazie dans le métro peut se targuer d’aligner quelques aventures (insignifiantes), mais tout bien résumé, les personnages se contentent surtout de brasser de l’air et de parler dans le vide.
Se souviendrait-t-on encore de ce roman s’il n’avait pas été adapté en version cinématographique par Louis Malle ? Qu’est-ce qui justifie le succès de ce livre, sinon cette adaptation ? Les engouements sont parfois injustifiés, et tiennent plus de la liesse populaire que de la véritable révélation littéraire.


Bien que Raymond Queneau soit membre de l’Oulipo, prolifique et passionné des mots, il faut avouer que sa capacité à donner un intérêt dramatique à Zazie dans le métro est nulle, de même pour sa capacité à susciter la réflexion. Tout l’étonnement du livre surgit de la manipulation originale des mots. Se glissant dans la peau d’une provinciale perdue dans la capitale, Raymond Queneau joue avec les mots et leur phonétique, n’hésitant pas à se faire l’auteur de néologismes inventifs qui traduisent toute la naïveté de Zazie. Les dialogues, à tonalité orale, bénéficient d’une dynamique parfois presque épuisante, mais qui traduisent la passion communicative de Queneau pour les échanges verbaux considérés comme une joute oratoire.


Pour autant, cette inventivité littéraire ne mérite pas à elle seule de justifier l’attrait immodéré que peut susciter Zazie dans le métro. Dans le même registre, Orange mécanique de Burguess mériterait tout autant (voire davantage) qu’on parle de lui. Alors ? Alors Raymond Queneau a su trouver le bon dosage des ingrédients constitutifs de son livre : quelques aventures pas trop casse-tête, de l’humour légèrement vache mais surtout bon enfant et deux-trois trouvailles stylistiques qui rassurent quant au caractère intellectuel de la lecture. Malheureusement, le dosage ne permet pas au livre de s’inscrire définitivement dans le cerveau de son lecteur. Place au film peut-être ?


Il y a des blagues marrantes, c'est sûr (en tout cas, on comprend qu'elles avaient l'intention d'être marrantes), mais surtout très éculées :


Citation :
- Qu’est-ce que c’est un hormosessuel ? demanda Zazie.
- C’est un homme qui met des bloudjinnzes, dit doucement Marceline.


Citation :
« - Fameuse hein, […] cette soupe à l’oignon. On dirait que toi (geste) tu y as mis des semelles de bottes et toi (geste) que tu leur as refilé ton eau de vaisselle. Mais c’est ça que j’aime : la bonne franquette, le naturel. La pureté, quoi. »

sourire

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeLun 10 Sep 2012 - 19:30

J'ai eu la même impression en tentant une lecture de Zazie dans le métro. Et je ne l'ai même pas lu jusqu'à la fin. La boutade pour la boutade (désuète mais sans le charme), ça m'a vite lassée. Le livre s'est écroulé de mes mains.

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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitimeLun 10 Sep 2012 - 20:25

Essayez Les Fleurs bleues... Ezechielle l' avait apprécié...
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MessageSujet: Re: Raymond Queneau   Raymond Queneau - Page 2 Icon_minitime

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