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 Mireille (Opéra)

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Arabella
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MessageSujet: Mireille (Opéra)   Mireille (Opéra) Icon_minitimeDim 20 Sep 2009 - 15:27

Mireille


Mireille (Opéra) Gounod10



Huitième ouvrage lyrique de Gounod, composé après l’échec de La reine de Saba à l’Opéra, ce dernier ouvrage régulièrement de wagnérien par les commentateurs (je ne l’ai jamais entendu), Mireille serait une sorte de retour vers une musique plus intimiste, plus proche du talent naturel de Gounod. Le compositeur aurait hésité entre deux sujets, un Mignon d’après Goethe, et Mireille d’après Mistral. La nomination de Léon Carvalho à la tête du Théâtre Lyrique a provoqué le choix du deuxième sujet, plus adapté à ce lieu, étant entendu que Mme Carvalho sera la créatrice du rôle principal.

Le compositeur entre en communication avec Mistral, ils échangent un certain nombre de lettres au sujet du futur opéra, et au printemps 1863, Gounod se rend en Provence suite à l’invitation de Mistral, pour se pénétrer de la couleur locale, il y composera une partie de l’ouvrage. Le livret sera confié à Carré, mais Mistral va y participer, restant en particulier intraitable sur le fin tragique.

Mais d’innombrables problèmes vont surgir. Premièrement, la partition d’origine semble dépasser les moyens des chanteurs sensés la créer, et tout d’abord de Mme Carvalho, qui va jusqu’à faire intervenir un huissier pour faire constater l’impossibilité de la chanter. Le compositeur est obligé de faire des aménagements, et de rajouter des morceaux brillants réclamés par la diva, comme le fameux O légère hirondelle. Certaines des pages d’origine n’ont pas été orchestrées par Gounod et ont été conservées par un heureux hasard qui a permis par la suite des reconstitutions.

L’œuvre n’a pas eu de succès lors de sa création en 1864, la fin tragique déplut, et elle est vite retirée de l’affiche. Mais une création anglaise dès 1864 relance la carrière de Mireille. Le compositeur doit se livrer à d’importantes modifications à cette occasion, des coupures importantes sont faites. Des modifications encore plus importantes seront faites par la suite, l’œuvre sera réduite de 5 actes à 3, et la fin de tragique devient heureuse, Mireille ne meurt plus. C’est sous cette forme que Mireille rentre au répertoire de l’Opéra Comique en 1874, où elle est redonnée régulièrement. Toutefois, à partir de 1901, des tentatives sont faites pour revenir à une version plus authentique, même si cette recherche de l’authenticité est forcement un peu une question de choix. Les dernières représentations à l’Opéra Comique datent de 1993.

Mireille n’est certainement pas un grand chef-d’œuvre, le livret n’est vraiment pas terrible, mal fichu et sans aucune véritable progression dramatique. Mais la musique de Gounod est par moments vraiment exquise, différente de ses autres œuvres pour coller à son sujet. L’absence d’une trame crédible et construite, l’empêche toutefois d’être suffisamment structurée, et ôte la possibilité d’une progression, d’une cohérence, d’une continuité prenante. Mais l’écoute de certaines pages est vraiment délicieuse. Mireille reste une œuvre fragile, qui a besoin pour être convaincante de chanteurs, chef et metteur en scène très inspirés.

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MessageSujet: Re: Mireille (Opéra)   Mireille (Opéra) Icon_minitimeDim 20 Sep 2009 - 15:34

Mireille à l’opéra Garnier




Mireille se retrouve au devant des feux de l’actualité avec la retransmission télévisée, et surtout certains ont voulu y voir un manifeste du nouveau directeur de l’Opéra de Paris, Nicolas Joël, qui en a aussi assuré la mise en scène. Et donc une polémique enflammée, fait rage dans tous les cercles opératiques de France. Les pro Joël se confrontent au pro Mortier, même pas besoin de lire les uns et les autres, on sait d’avancer ce que tel ou tel va dire, et les arguments qu’il va énoncer. Désolé, c’est si typiquement français et si terriblement navrant. Cette pauvre Mireille n’avait vraiment pas besoin de ça, et toute ces dérisoire agitation n’a rien à voir avec ce que l’on a pu entendre et voir sur la scène. Mais depuis que je fréquente l’Opéra de Paris, c’est ainsi, et j’ai bien peur que cela ne change jamais. Les querelles des Bouffons sont toujours terriblement à l’ordre du jour.

Après cette expression de mon agacement, je vais essayer de me recentrer sur la représentation, parce que c’est tout de même la seule chose vraiment importante. J’avais déjà eu l’occasion de voir cet ouvrage en 1993 à l’Opéra Comique, et j’ai été heureuse de le revoir, même si je me posais (et me pose toujours) la question de la transposition de cette œuvre à Garnier. Tellement de choses ont déjà été dites et écrites, que j’ai le sentiment de ne guerre briller pas l’originalité en donnant mes impressions, mais impossible de faire autrement. J’ai apprécié la direction de Minkowski, même si je reconnais que ce n’est sans doute pas la plus fine et la plus élégante, mais elle est d’une grande efficacité dramatique, et tire la partition vers le théâtre, ce que l’on attend quand même d’une représentation dans une salle. Inva Mula, même si elle n’est pas la Mireille parfaite, chante très bien, avec un peu plus de difficulté vers la fin de l’ouvrage (les trucs que Mme Carvalho faisait constater comme inchantables par un huissier). En revanche, les messieurs sont complètement à côté, aussi bien Charles Castronovo en Vincent, que Franck Ferrari en Ourrias, ce dernier tout simplement épouvantable. Il faut dire que j’avais dans l’oreille Alain Vanzo et José Van Dam dans la version Plasson que je m’étais écouté pour me mettre dans l’ambiance. Les seconds rôles sont très bien pour des seconds rôles.

En ce qui concerne la mise en scène qui fait couler tellement d’encre, les décors sont esthétiquement très jolis à regarder, et c’est à peu près tout ce que l’on voit, les chanteurs semblent livrés à eux même, chantent, et font quelques gestes convenus, comme ouvre ou fermer les bras. Je dirais qu’il n’y a pas de mise en scène à proprement parlé. Mais les chanteurs ne sont certes pas gênés pour chanter. Mais compte tenu de ce qu’est le livret, il doit être très difficile d’imaginer quelque chose dessus.
Donc une impression mitigée. J’ai apprécié d’être allé le voir, et j’ai passé quelques bons moments, mais je n’y retournai pas, et je crois qu’une dizaine d’années seraient un délai raisonnable pour redonner de nouveau cet ouvrage à Paris. Mais il serait quand même bon de le faire, parce qu’il est loin d’être sans intérêt.

Quelques images

Mireille (Opéra) 6a00d810 Mireille (Opéra) 6a00d811 Mireille (Opéra) 6a00d812 Mireille (Opéra) Amirei11 Mireille (Opéra) Amirei12 Mireille (Opéra) Image_10

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MessageSujet: Re: Mireille (Opéra)   Mireille (Opéra) Icon_minitimeLun 5 Oct 2009 - 11:27

J'ai vu quelques passages de cette production à la télévision quand l'opéra a été diffusé. Je ne me prononcerai pas sur la musique qu'il aurait fallu écouter dans sa continuité et que je ne connaissais pas. Les tableaux à la fois réalistes et très esthétiques m'ont fait penser à certaines productions de Jenufa de Janacek qui me semble à l'évidence très supérieur musicalement et dramatiquement.

Tu évoques le livret de Mireille et son manque de progression dramatique. Il faut dire que l'ouvrage de référence, le texte de Mistral, est d'abord un poème provençal en prose. J'imagine facilement que son adaptation lui fait perdre beaucoup de sa force.

Je le regarderai plus attentivement quand un DVD sortira.

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MessageSujet: Re: Mireille (Opéra)   Mireille (Opéra) Icon_minitimeLun 5 Oct 2009 - 17:09

Je ne suis pas sûre, étant donné l'accueil, qu'il y aura un DVD. dentsblanches
En revanche les réactions pour La ville morte semblent excellentes Wink

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MessageSujet: Re: Mireille (Opéra)   Mireille (Opéra) Icon_minitimeLun 5 Oct 2009 - 17:11

Arabella a écrit:
Je ne suis pas sûre, étant donné l'accueil, qu'il y aura un DVD. dentsblanches
En revanche les réactions pour La ville morte semblent excellentes Wink

Ils ne prennent pas de risque avec La ville morte. Cette production de Willy Decker a déjà triomphé il y a quelques temps.

Pour Mireille je me disais que comme ils l'ont retransmis à la télé, le DVD pourrait suivre. Et il y a tellement de DVD d'opéra médiocres laugh

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