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 René Guy Cadou

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Constance
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Jeu 26 Jan 2012 - 9:49



Femmes d'Ouessant


Un soir de pauvreté comme il en est encore
Dans les rapports de mer et les hôtels meublés
Il arrive qu'on pense à des femmes capables
De vous grandir en un instant de vous lancer
Par-dessus le feston doré des balustrades
Vers un monde de rocs et de vaisseaux hantés
Les filles de la pluie sont douces si je hèle
À travers un brouillard infiniment glacé
Leur corps qui se refuse et la noire dentelle
Qui pend de leurs cheveux comme un oiseau blessé
Nous ne dormirons pas dans des chambres offertes
À la complicité nocturne des amants
Nous avons en commun dans les cryptes d'eau verte
Le hamac déchiré du même bâtiment
Et nous veillons sur nous comme on voit les pleureuses
Dans le temps d'un amour vêtu de cécité
À genoux dans la gloire obscure des veilleuses
Réchauffé de leurs mains le front prédestiné.


(Extrait de "Poésie la vie entière", œuvres poétiques complètes"/Seghers)
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Constance
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Ven 27 Jan 2012 - 13:58



Lettre à Jules Supervielle



Je pense à vous ce soir Jules Supervielle
Je pense à vous et c'est l'automne en ce pays
C'est toujours à tort que l'on parle l'amour en tête
Mais je vous parle Jules Supervielle


Entre nous de longs enfants des filles de préférence
Des grandes journées en Uruguay
Les flammes de la pampa


Je pense aussi à Oloron le gave lèche les pierres
J'y fus fus voici combien d'années
C'était à la Maison Pommé
Il y mourait des jeunes gens


J'aime ces pays dont vous parlez et qui ont l'allure des
femmes
On dit que les chevaux s'emballent
Comme un foulard à la portière du wagon


Pardonnez-moi Jules Supervielle je devais écrire un
article
Où j'aurais dit la grande la douce solitude de vos écrits
Et je me laisse soudain aller à quelque chose d'informe
comme un poème
Simplement parce que j'ai vos livres sous les yeux et que je vous aime


Ah voyez-vous c'est difficile de s'interdire
Dans cette vie quelques minutes de loisir
Et de parler à coeur ouvert à un ami qui vous ignore
Comme on peut avec les ridicules moyens du bord


Je me suis dit ce soir après l'école ne tarde pas
Il y a un ami qui t'attend
Il est là-haut dans ta chambre avec toutes sortes d'animaux
J'entendais un grand pas partout dans la maison
Et vous marchiez peut-être à ce moment dans la rue
Vital
Ou dans un chemin creux de Saint-Gervais-la-Forêt
Qui est sûrement un patelin merveilleux


J'ai dit parlant aux ombres qui voyagent Voici la
pomme et la statue
Et voici Jules Supervielle
Ah vous voici cher Supervielle dans le miroir à peine
éclos de la fenêtre
Ecartelé avec ce monde qui bat en vous sur le côté


Voici Jules Supervielle dis-je et dans la certitude obs-
cure de demain
Enfin voici un grand bonhomme sur le chemin
Une silhouette jeune comme le vent et la luzerne
Voici la haute lanterne là-bas dans le domaine du cheval
Voici l'auberge le rendez-vous de tous les jours et le
festin le plus original


Ah Saisir Et rien n'échappe à ce grand corps qui se
redresse
Aussi haut que la pomme et le sein des déesses


Dans l'étendue lunaire et sans spectacle
A vous seul comme vous en faites des miracles


Bien sur vous n'attendiez rien de moi
Car l'on n'attend rien de personne
Je vous écris depuis longtemps
C'est un bonheur de vous écrire


Il semble un peu qu'on se rapproche de ces pays qui
n'ont un sens qu'à travers vous
On marche aux pas des animaux faciles
Parmi tous les amis connus et inconnus


Il y a celui-là si grand qui nous rassemble
L'homme pareil à l'Homme
La troublante effigie

Et malgré tout je n'ai rien dit de mon amour Jules
Supervielle.


(Extrait de "L'Aventure n'attend pas le destin")
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Constance
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Sam 28 Jan 2012 - 13:25




Je t'attendais ainsi qu'on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu'une oreille dans l'herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps


Je t'attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s'en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais


Tu ne remuais encore que par quelques paupières
Quelques pattes d'oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou


Et pourtant c'était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m'éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d'astres qui se levaient


Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu'un vin nouveau
Quand les portes s'ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues


Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon cœur durerait jusqu'au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang.


1945


(Extrait de "Quatre poèmes d'amour à Hélène" )
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Dim 29 Jan 2012 - 16:12



Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque nœud du bois renferme davantage
De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt
II suffit qu'une lampe pose son cou de femme
A la tombée du soir contre un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles
Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu'une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d'un arbre dans le matin.


(Extrait de "Les biens de ce monde")
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Lun 30 Jan 2012 - 8:12

merci Constance !

ce dernier extrait me plait beaucoup (II suffit qu'une lampe pose son cou de femme)

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Constance
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Lun 30 Jan 2012 - 11:55

Bédoulène a écrit:
merci Constance !

ce dernier extrait me plait beaucoup (II suffit qu'une lampe pose son cou de femme)


En la poésie de Cadou, grâce et délicatesse tiennent du divin. sourire




L'enfant précoce


Une lampe naquit sous la mer
Un oiseau chanta
Alors dans un village reculé
Une petite fille se mit à écrire
Pour elle seule
Le plus beau poème
Elle n'avait pas appris l'orthographe
Elle dessinait dans le sable
Des locomotives
Et des wagons pleins de soleil
Elle affrontait les arbres gauchement
Avec des majuscules enlacées et des cœurs
Elle ne disait rien de l'amour
Pour ne pas mentir
Et quand le soir descendait en elle
Par ses joues
Elle appelait son chien doucement
Et disait
"Et maintenant cherche ta vie "


(Extrait de "Les amis d'enfance")
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Constance
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Mer 1 Fév 2012 - 9:55





Ravensbrück


A Ravensbrück en Allemagne
On torture on brûle les femmes

On leur a coupé les cheveux
Qui donnaient la lumière au monde

On les a couvertes de honte
Mais leur amour vaut ce qu'il veut

La nuit le gel tombe sur elles
La main qui porte son couteau

Elles voient des amis fidèles
Cachés dans les plis du drapeau

Elles voient Le bourreau qui veille
A peur soudain de ces regards

Elles sont loin dans le soleil
Et ont espoir en notre espoir


(Extrait de "Pleine poitrine")
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Ven 3 Fév 2012 - 21:15



A Pierre Reverdy


Ami
Pour mesurer la parole et la fièvre
Je me perche
A la fraicheur rafraîchissante de tes lèvres

Je traverse d'un bond les pampas de ton coeur
Sans aile je te prends des plumes tes couleurs

Tu fermes l'horizon
Et le port de Solesme
Je ne sais plus si c'est ton silence que j'aime
Le ciel sous le hangar
Ou le triste jardin comme un guide de départ

Je t'aperçois
Tirant vers la nuit ton échelle
La bouche de ton sang s'accroche à la tonnelle
Et tu dis
Suppliant les aubes d'avancer
Regardez
C'est la vie qui vient de commencer.


(Extrait de "La vie rêvée")
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Sam 4 Fév 2012 - 10:26


La nuit surtout



La nuit ! La nuit surtout je ne rêve pas je vois
J'entends je marche au bord du trou
J'entends gronder
Ce sont les pierres qui se détachent des années
La nuit nul ne prend garde
C'est tout un pan de l'avenir qui se lézarde
Et rien ne vivra plus en moi
Comme un moulin qui tourne à vide
L'éternité
De grandes belles filles qui ne sont pas nées
Se donneront pour rien dans les bois
Des hommes que je ne connaîtrai jamais
Battront les cartes sous la lampe un soir de gel
Qu'est-ce que j'aurai gagné à être éternel ?
Les lunes et les siècles passeront
Un million d'années ce n'est rien
Mais ne plus avoir ce tremblement de la main
Qui se dispose à cueillir des oeufs dans la haie
Plus d'envie plus d'orgueil tout l'être satisfait
Et toujours la même heure imbécile à la montre
Plus de départs à jeun pour d'obscures rencontres
Je me dresse comme un ressort tout neuf dans mon lit
Je suis debout dans la nuit noire et je m'agrippe
A des lampions à des fantômes pas solides
Où la lucarne ? Je veux fuir ! Où l'écoutille ?
Et je m'attache à cette étoile qui scintille
Comme un silex en pointe dans le flanc
Ivrogne de la vie qui conjugue au présent
Le liseron du jour et le fer de la grille


(Extrait de "Le diable et son train", in Comme un oiseau dans la tête/ Coll.Points)
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Dim 5 Fév 2012 - 19:53


Toujours


Tu peux bien m'enfermer
Dans la neige et les fleurs
Me défendre d'aimer
Une saison nouvelle
Je regarde le ciel
Et je te porte en moi


Tu sauves les vergers
Ton rire mieux qu'une aile
Apprivoise en passant
Une étoile égarée
Les lièvres les oiseaux
Boivent dans tes prunelles


Tu es toute la vie
La glaise et le feuillage
Si j'écarte le vent
Je trouve ton visage
Dormant comme un ruisseau
Plein de frai lumineux



Ta main va se poser
Sur ma plus haute branche
Tu plantes des bleuets
Tout autour de mes yeux.
L'océan accompagne
Au loin ta robe blanche


(Extrait de "La Vie rêvée", in "Comme un oiseau dans la tête" / Collec.Points)
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Dim 5 Fév 2012 - 21:27

La nuit surtout est un très joli texte.
J'ai un peu plus de mal à accrocher aux autres... Je les lis en ayant l'impression que le charme est toujours sur le point d'agir, mais j'atteins la fin du poème sans que ce ne soit le cas. Merci Constance de partager ces textes avec nous.

_________________

J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Lun 6 Fév 2012 - 11:54

La rencontre avec un poète se fait ou ne se fait pas, Colimasson. jypeurien Néanmoins, certains rendez vous se doivent d'être différés pour pouvoir les savourer.

Et en musique ?




Hélène Cadou dans les années quarante





Les chevaux de l’amour



Les chevaux de l'amour me parlent de rencontres
Qu'ils font en revenant par des chemins déserts
Une femme inconnue les arrête et les baigne
D'un regard douloureux tout chargé de forêts


Méfie-toi disent-ils sa tristesse est la nôtre
Et pour avoir aimé une telle douleur
Tu ne marcheras plus tête nue sous les branches
Sans savoir que le poids de la vie est sur toi


Mais je marche et je sais que tes mains me répondent
Ô femme dans le clair prétexte des bourgeons
Et que tu n'attends pas que les fibres se soudent
Pour amoureusement y graver nos prénoms


Tu roules sous tes doigts comme des pommes vertes
De soleil en soleil les joues grises du temps
Et poses sur les yeux fatigués des villages
La bonne taie d’un long sommeil de bois dormant
Montre tes seins que je vois vivre en pleine neige
La bête des glaciers qui porte sur le front
Le double anneau du jour et la douceur de n'être
Qu'une bête aux yeux doux dont on touche le fond


Telle tu m'apparais que mon amour figure
Un arbre descendu dans le chaud de l’été
Comme une tentation adorable qui dure
Le temps d’une seconde et d’une éternité.


(In Quatre poèmes d'amour à Hélène, 1945)



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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Mar 7 Fév 2012 - 21:07



Veux-tu je te prendrai en travers de ma selle
Je te prendrai ou si tu veux te jetterai
Comme une bonne couverture de laine
Sur mon cheval je te prendrai

Je te prendrai à ta famille
A la fenêtre où tu souris

Je te prendrai à ta coquille
Douce perle de la nuit

Je te prendrai comme un long bain qui se prolonge
Très tard dans les après-midi d'été
Dans un haut-lieu couvert de feuilles ma colombe
Je te prendrai je partirai

Je partirai sans rien savoir du paysage
Ni des forêts d'automne traversées
La main posée sur l'encolure de ma bête
Comme un petit oiseau fâché

Je partirai pour mieux t'avoir à bout de course
Un matin dans la grande solitude des prés
Tu glisseras dans mes genoux comme une source
Je te prendrai je partirai.


(Hélène ou le Règne végétal)





Hélène fut également une grande poétesse, dont l'oeuvre est reconnue :


Près du noyer
prends garde
à l'ombre

l'herbe est profonde
sous tes pas
les œufs fragiles
dans ta main

une barque
attend
derrière le mur

il
est de l'autre côté
depuis l'hiver

quelqu'un
l'a vu
dans le petit matin
au bord du pré
l'eau de vie
brûlait le ciel

les cuivres
ne chanteront plus.


Hélène Cadou



(49 poèmes, Editions Jacques Brémond)
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Mar 7 Fév 2012 - 22:16

une belle Femme Hélène !

avec moi la rencontre se fait aime aime

merci Constance

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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Mar 7 Fév 2012 - 22:25

Pas un instant, je n'ai douté de cette rencontre, Bédoulène. sourire
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MessageSujet: Re: René Guy Cadou    Aujourd'hui à 3:10

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