Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
Accueil*Portail*RechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 Ivan Jablonka

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Ivan Jablonka   Dim 29 Juil 2012 - 21:39

Ivan JABLONKA



(Je le mets sur un fil d'Histoire, il irait aussi bien en témoignage, il peut donc être déplacé sans problème)

Ancien élève de l’École normale supérieure, Ivan Jablonka est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université du Maine, chercheur associé au Collège de France. Il est rédacteur en chef de laviedesidees.fr et codirecteur de la collection « La République des Idées » au Seuil.

Il a publié :
· Les Vérités inavouables de Jean Genet, Seuil, 2004 ;
· Âme sœur. Roman, La Volte, 2005 (sous l’hétéronyme d’Yvan Améry) ;
· Ni père ni mère. Histoire des enfants de l’Assistance publique (1874-1939), Seuil, 2006 ;
· Enfants en exil. Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982), Seuil, 2007 ;
· Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France (XIXe-XXIe siècle), PUF, 2009 (codirigé avec Ludivine Bantigny) ;
· Les Enfants de la République. L’intégration des jeunes de 1789 à nos jours, Seuil, 2010 ;
· Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus. Une enquête, Seuil, 2012.

Source : son site la vie des idées
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Dim 29 Juil 2012 - 21:42

Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus - Une enquête



Tout est dans le détail.

Par son travail obsessionnel mais passionnant de fourmi déterminée, Jablonka accumule les faits, donne sens aux détails les plus insignifiants, pour recréer l'histoire d'une décennie, à travers un homme et une femme qui l'ont traversé valeureusement et en ont été honteusement éliminés. Dans le fin maillage de ce tissu informatif persistent des failles, déchirante pour le petit-fils qu'il est, mais qui créent autant d'ouvertures pour l'historien qu'il est devenu, à écrire des biographies subjectives ancrées dans le réel.

Pendant plusieurs années, Ivan Jablonka, enfant gentiment laissé à l'écart du drame de ses grands-parents communistes polonais juifs émigrés à Paris, abominablement assassinés comme des millions d’autres au camp d’Auschwitz II Birkenau, devenu historien « pour réparer le monde », a compilé les indices, témoignages, récits, archives qui lui permettent ici de reconstituer au mieux l’histoire de Matès et Idesa, ses grands-parents.

Matès est né au shetl de Parczew de parents juifs religieux dans une fratrie de 5 enfants, qui, tous, rejettent le joug d'une religion qui les étouffe et embrassent la cause communiste, dans l'idée de construire un monde meilleur, quitte à perdre leur liberté et leur vie. Lui et son épouse Idesa, emprisonnés, persécutés, fuient la Pologne et arrivent en 1936 à Paris, sans argent, sans amis, sans papiers. L'accueil est basée sur la tracasserie administrative, le rejet et les menaces d'expulsion. Tout ceci n'est qu'un avant-goût qui va trouver son apogée dans l'antisémitisme avoué et glorifié qui mènera dès la victoire allemande vers les rafles et les camps d’ extermination.

Ivan Jablonka ne laisse rien au hasard. Il compulse les récits des survivants et de leurs descendants, les lieux d'archives, les ouvrages historiques ou littéraires pour réunir une documentation qui traque la moindre trace objective ou émotionnelle que ses grands-parents ont pu laisser, et qui permettrait d'écrire leur histoire, de connaître leur vie. Il confronte cette multiplicité de pistes, de traces, à celles laissées par d'innombrables autres juifs polonais qu'ils ont croisés le temps d'une minute ou de plusieurs mois, à celles de frères et sœurs exilés à Bakou ou en Argentine, à celles d'autres, connus ou anonymes, qui pour une raison ou une autre, eurent un destin similaire.

Il réunit une impressionnante somme de documentation qu’il nous restitue avec une précision quasi obsessionnelle et dont le maillage serré laisse subsister bien sûr des zones d'ombre et d'interrogations. Dans ces trous du récit, Jablonka insinue des hypothèses, mais toujours étayées sur des faits, non pas des délires fictionnels mais des options possibles qu’il prend soin de toujours signaler - on sait toujours parfaitement si on est dans un élément irréfutable ou des péripéties possibles, voire probables. Et ce maillage même, n’est que l'image de celui, machiavéliquement constitué par l'autorité policière ou politique pour mieux traquer et condamner les deux émigrés. L'auteur, par cette accumulation de détails, par son attachement à la moindre précision véridique, qu’un non historien aurait considérée comme non signifiante, reste le plus souvent dans une objectivité non compassionnelle, mais d'autant plus efficace, et c'est sur ce fond quasi professionnel que certaines pages, jamais pathétiques, prennent une ampleur d'une beauté bouleversante, une émotion d'autant plus marquante qu’elle est totalement maîtrisée..

Après Les disparus de Mendelssohn et Une histoire familiale de la peur d’Agata Tuszynska, voici un nouveau récit familial où l'histoire de la recherche, le caractère tout à fait fascinant des personnages (ces grands-parents qui, ayant voulu créer un monde meilleur, finirent leur vie dans un enfer que nul n'aurait su imaginer), la tragédie aussi intime qu'universelle qu'ils connaissent, s'entrecroisent pour amener Ivan Jablonka, homme courageux quoique découragé, à construire un récit de bout en bout passionnant, offert à ses 2 filles qu’il conduit à l'école maternelle dans le quartier-même où Matès et Idesa se cachèrent plusieurs mois avec leurs 2 enfants. Au-delà de leurs destins individuels, il brosse un portrait tragique du XXe siècle et du sort que celui-ci réserva à des hommes et des femmes à qui l'idéologie arracha leurs amours, leurs enfants et leur vie.

Histoire intime, histoire collective s'entremêlent étroitement, et la quête du détail, le souci d'objectivité rigoureuse ne sont que le terreau qui fertilise ce travail de mémoire dont émerge une émotion d'autant plus forte qu’elle est maîtrisée.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Dim 29 Juil 2012 - 22:12



Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus - Une enquête

Citation :
On peut tout imaginer, liquidation, typhus, épuisement, suicide, évasion ratée, mais en vérité s mon récit n'a pas de fin ; Matès cesse d'être, sa vie s'effiloche comme les lambeaux de cadavres qui se mêlent à la terre des charniers, son existence quitte le monde. A la vérité, il n'y a pas de vérité, pas de lieu, pas de fait, seulement un no man's land entre la vie et la non-vie, une absence soudaine, une volatilisation dont on ne prend conscience qu'une fois la paix revenue : Matès Jablonka n'est plus la. 1909-1943 ou 1909-1944, on ne sait pas. De toute façon, cela n'a pas d'importance : il n'y a aucun marbre pour graver ces années, et le seul document que nous possédons est un dérisoire acte de décès qui le fait mourir « à Drancy (Seine) ». A-t-il été tué pour un oui ou pour un non ? A-t-il pensé que le capitalisme fasciste le broyait en tant que communiste, l'antisémitisme hitlérien en tant que Juif, la folie humaine en tant qu'être humain ? Est-il entré dans la mort les yeux ouverts ?

Citation :
Vivre dans le passé, tout particulièrement dans ce passé, rend fou. Mais la vraie cause de mes insomnies, c'est l'échec. Au cours de cette recherche qui m’a fait explorer une vingtaine de dépôt d'archives, qui m'a fait rencontrer toutes sortes de témoin, qui m’ a mené en Pologne, en Israël, en Argentine, aux États-Unis, qui m'a fait travailler sur des textes en yiddish, hébreu, polonais, espagnol, anglais, allemand, j'ai donné le meilleur de moi-même, petit-fils et historien, attiré par la flamme nue de la vérité à laquelle nos cœurs tentent vainement de se cautériser. J'ai cherché à être non pas objectif -cela ne veut pas dire grand-chose, car nous sommes rivés au présent, enfermés en nous-mêmes -, mais radicalement honnête, et cette transparence vis-à-vis de soi implique à la fois la mise à distance la plus rigoureuse et l'investissement le plus total. La double nécessité de dire « je » et de fuir le ton emphatique et larmoyant que les circonstances pourraient justifier, le devoir de faire part de mes certitudes comme de mes doutes, de mes intuitions comme de mes renoncements, rendent mon travail intransigeant, un peu comme je me figure mon grand-père. Il est vain d'opposer scientificité et engagements, faits extérieurs et passion de celui qui les consigne, histoire et art de conter, car l'émotion ne provient pas du pathos ou de l'accumulation de superlatifs : elle jaillit de notre tension vers la vérité. Elle est la pierre de touche d’une littérature qui satisfait aux exigences de la méthode.
Pourtant je n'éprouve aucune satisfaction. Je ne sais rien de leur mort et pas grand-chose de leur vie. (....) Après avoir brassé, réuni, comparé, recousu, je ne sais rien. La seule consolation c'est que je ne pouvais faire mieux.
Je suis historien comme, à sept ou huit ans, je regardais avec terreur un livre d'astronomie annonçant, dans un milliard d'années, la destruction de la vie sur Terre par un Soleil devenu géant. Mais alors, il ne restera rien de nous, de notre maison, de notre rue, de nos livres et même de nos tombes?
Je suis historien comme une équipe 3 enflamme avec son père sur les épaules. Je suis historien pour réparer le monde.
Réparation du monde, tikkun olam en hébreu. Suis-je moi-même un de ces « Juifs non juifs », aussi radicaux que leurs pères parce que tout leur être se consume dans la recherche de la vérité ? Ce livre exprime ma fidélité au judaïsme, moi qui ne parle pas yiddish et qui me contrefiche de fêter Pessah. C'est le seul judaïsme dans lequel je me reconnaisse, avec celui de la mémoire et de l’ étude. Ni mes grands-parents, ni mon père, ni moi ne sommes « nés juifs », et la plaque commémorative scellée à l'entrée de l'école primaire de ma fille ne devrait pas cautionner cette interprétation : « Assassiné parce que les juifs. » Ceux qu'on pousse dans la chambre à gaz, c'est moi et ma famille, bien sûr, mais c'est aussi vous, avec vos enfants, vous, avec votre mère, votre frère, vos petits-enfants. Pourquoi vous ? Je ne sais pas, mais c’est vous. Et vous souffrez pour rien, et vous mourrez avant l'heure, sans laisser d'autres traces d'un dossier médical ou militaire, des lettres insignifiantes et une poignée de photos dans un album ou sur un compte Facebook. Mon histoire ne parle pas des juifs et encore moins « des juifs qui ont tellement souffert ». Dans la famille, on ne va pas la synagogue. Quel rapport Matès et Idesa ont-ils avec les notables juifs de Parczew sous qui voudraient les voir en prison, avec les bourgeois israélites de Paris effrayés par ces hordes de miséreux -sinon, justement, qu’on les enferme dans les mêmes wagons pour les mettre à mort ? Mais n'envisager que leur fin, c'est prendre le point de vue des bourreaux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
Marie
Zen littéraire
avatar

Messages : 9564
Inscription le : 26/02/2007
Localisation : Moorea

MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Dim 26 Jan 2014 - 2:02

Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus






Il va m'être difficile ,pour parler de ce très beau livre , de ne pas paraphraser topocl qui a tout dit et a en particulier déjà cité un très bel extrait que je m'apprêtais à recopier..
Dans l'entretien vidéo, Jablonka parle de son travail d'historien. Il part donc ici de l'histoire de sa famille, ses grands-parents paternels ont " disparu". Tous savent qu'ils sont morts, comme tant d'autres, à Auschwitz, mais leur vie elle-même, qu'en reste-t-il? Même pas une tombe.

Je suis parti, en historien, sur la trace des grands-parents que je n'ai pas eus. Leur vie s'achève longtemps avant que la mienne ne commence: Matès et Idesa Jablonka sont autant mes proches que de parfaits étrangers. Ils ne sont pas célèbres. Ils ont été emportés par les tragédies du XXème siècle: le stalinisme, la Seconde Guerre mondiale, la destruction du judaïsme européen.

Je ne vais pas reprendre l'histoire de Mates et d'Idesa dès le départ, topocl la raconte. C'est sûr qu'il ne faisait pas bon être juif, communiste et pauvre dans la Pologne des années 30. Quand Jablonka retourne à Parczew,pour enquêter,  il rencontre le fils d'un homme qui a été fait " Juste parmi les nations" pour avoir aidé des Juifs.Pas un vrai juif, bien sûr, il n'y en a plus.  En fait, les derniers Juifs survivants on quitté la ville après le pogrom de 1946...

Matès et Idésa, comme bien d'autres ( une partie de la fratrie était partie en Argentine) , ont tenté leur chance en France, patrie des Droits de l'Homme. Clandestins, sans papiers , misérables, vivant de petits boulots, ils ont survécu tant bien que mal et eu deux enfants, dont le père d'Ivan.

Matès a été arrêté une première fois en mai 39, Ivan retrouve le registre d'écrou:

Nous tournons les pages fébrilement. Emotion: il est là.
Je crois que je suis devenu historien pour faire un jour cette découverte. La distinction entre nos histoires de famille et ce qu'on voudrait appeler l'Histoire, avec sa pompeuse majuscule, n'a aucun sens. C'est rigoureusement la même chose. Il n'y a pas, d'un côté, les grands de ce monde, avec leurs sceptres ou leurs interventions télévisées, et, de l'autre, le ressac de la vie quotidienne, les colères et les espoirs sans lendemains, les larmes anonymes, les inconnus dont le nom rouille au bas d'un monument aux morts ou dans quelque cimetière de campagne. Il n'y a qu'une seule liberté, une seule finitude, une seule tragédie qui fait du passé notre plus grande richesse et la vasque de poison dans laquelle notre coeur baigne. Faire de l'histoire, c'est prêter l'oreille à la palpitation du silence, c'est tenter de substituer à l'angoisse, intense au point de se suffire à elle-même, le respect triste et doux qu'inspire l'humaine condition. Voilà mon travail; et, en caressant cette archive du tribunal, en suivant des yeux les traces laissées par la plume du greffier, je ressens un soulagement indicible.

Et son travail, Jablonka le fait, comme un bon historien, de façon méthodique. Tout est examiné, étudié, tout peut servir à reconstituer un parcours.

Il n'est resté en prison qu'un mois, la première fois, Matès. Puis on avait besoin d'hommes , il s'est engagé. Enfin, ces bataillons n'étaient pas la bienvenue au coeur de l'armée française. Etrangers, juifs.. pour aller se faire tuer, passe encore, mais il ne fallait pas prétendre à autre chose:

Pourtant, leur courage ne leur vaut pas d'être traités en hommes. Comme le dit le lieutenant Garandeau, du 12ème Etranger, " les Juifs polonais de nature peu courageuse, ont fait leur devoir."Valeureux youpins!

Démobilisé, c'est la suite de la galère pour lui et sa famille. Car maintenant, c'est leur judaïté qui va les contraindre à se cacher encore et encore, espérant échapper à l'étau qui se resserre. Ils sont arrêtés le 25 juin 43, et là commence une  partie de l'histoire que Jablonka n'arrivera pas à élucider. Les enfants, heureusement, ont été confiés à des amis, et une dernière lettre , déchirante, leur sera écrite.
Après, l'itinéraire connu. Drancy et terminus Auschwitz. Là aussi, que sont-ils devenus, l'historien se heurtera au mystère. Du moins, partiellement. Il apprendra certaines choses.

Comme le dit Jablonka dans l'entretien, l'histoire de ses grands-parents est d'une banalité tragique. Et leur itinéraire fait écho à tous les autres. Tous n'ont pas eu un petit fils historien toutefois, qui a oeuvré à retrouver toutes les traces de leurs courtes existences.

En exergue:
L'âme des pères, qui, tant de siècles, souffrirent et moururent en silence, revint dans les fils-et parla. 
Jules Michelet ( Histoire de la Révolution française)

L'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie.
Georges Perec ( W ou le souvenir d'enfance)

_________________
J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
André Comte-Sponville
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
topocl
Abeille bibliophile
avatar

Messages : 11706
Inscription le : 12/02/2011

MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Dim 26 Jan 2014 - 9:39

Ca me donnerait comme une envie de le ressortir...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://topocleries.wordpress.com/
Marie
Zen littéraire
avatar

Messages : 9564
Inscription le : 26/02/2007
Localisation : Moorea

MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Dim 26 Jan 2014 - 21:03

Des malles retrouvées.. ICI

_________________
J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
André Comte-Sponville
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Dim 26 Jan 2014 - 21:18

Marie a écrit:
Des malles retrouvées.. ICI

Infiniment émouvant…

A noter qu'Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus est sorti en points poche en octobre dernier. (Il n'est pas recensé sur a..zon, alors qu'il est bel et bien présent sur les sites de la librairie dialogues et de decitre, par exemple.)
Revenir en haut Aller en bas
MartineR
Main aguerrie
avatar

Messages : 364
Inscription le : 10/09/2010
Localisation : essonne

MessageSujet: Jablonka   Sam 1 Oct 2016 - 11:40

bix229 a écrit:


Laëtitia ou la fin des hommes
Ivan Jablonka. - Seuil/La Librairie du XXIe siècle

"Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d’être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans.

Ce fait divers s’est transformé en affaire d’État : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du « présumé coupable », précipitant 8 000 magistrats dans la rue.

Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l’enquête, avant d’assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié le fait divers comme un objet d’histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer."

Seuil

J'ai lu ce livre dans le cadre de *Parlons bouquins * à la bibliothèque; livre difficile mais jamais voyeur malgrè des scènes horribles.

L'auteur, un historien & sociologue nous livre içi un récit & un essai magistral sur le fait divers, son utilisation politique ( je ne reviendrai pas dessus car Sarkozy ne le mérite pas)mais aussi sur les populations péri-urbaines ( comme il faut les dénommer), sur le travail phénoménal de la Justice, de la Police & de l'ASE.

Laetitia était avant tout une jeune fille qui aurait pu être comme les autres si la vie lui avait souri! Jessica, sa jumelle, est un exemple de résilience dans un monde qui ne lui a pas toujours donné toutes les cartes pour s'y retrouver.
Par ce livre, Yvan Jablonka fait vivre cette jeune femme ; un livre empreint d'empathie, de profondeur & d'intelligence.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://pourtouteslesaig.canalblog.com/
bix229
Parfum livresque
avatar

Messages : 24644
Inscription le : 24/11/2007
Localisation : Lauragais (France)

MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Sam 1 Oct 2016 - 16:48

J' ai vu Jablonka sur le plateau de La Grande Librairie. Il a bien défendu son livre en insistant -peut etre un peu trop- sur la réussite
individuelle de Laeticia après des débuts particulièrement traumatisants. Et de la joie qui émanait d' elle avant qu' elle soit tuée.

_________________
L' imagination est l' histoire vraie du monde.
Roberto Juarroz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MartineR
Main aguerrie
avatar

Messages : 364
Inscription le : 10/09/2010
Localisation : essonne

MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Sam 1 Oct 2016 - 18:48

bix229 a écrit:
J' ai vu Jablonka sur le plateau de La Grande Librairie. Il a bien défendu son livre en insistant -peut etre un peu trop- sur la réussite
individuelle de Laeticia après des débuts particulièrement traumatisants. Et de la joie qui émanait d' elle avant qu' elle soit tuée.

Je n'ai pas eu cette impréssion en voyant l'émission , mais c'est vrai qu'elle avait *** réussi*** par rapport à ce que la vie lui avait donné comme capital initial!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://pourtouteslesaig.canalblog.com/
églantine
Zen littéraire
avatar

Messages : 6498
Inscription le : 15/01/2013
Age : 52
Localisation : Peu importe

MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   Sam 1 Oct 2016 - 19:17

J'ai plutôt fui en entendant  Jablonka à La grande librairie . Shocked
Pas mieux pour Nina Bouraoui et Jean Teulé d'ailleurs . jypeurien
Il vaut mieux que j'évite les émissions TV , la radio me convient mieux peut-être.

_________________
«Le chemin du milieu, c'est le seul qui ne mène pas à Rome»  
Schonberg:  
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ivan Jablonka   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ivan Jablonka
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Salade d été bulgare de mon ami Ivan Kolarov
» Ivan Pavlov
» Bruges Exposition Ivan Marchuk
» La trilogie des Nörmands
» Livre : les Nörmands, le roi et l'empereur.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Le cœur du forum : Commentons nos lectures en toute liberté… :: Littérature non romanesque (par auteur ou fils spécifiques) :: Histoire-
Sauter vers: