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 Philippe Claudel

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Cassiopée
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Dim 14 Oct 2012 - 12:07

Parfums

C’est une amie qui m’a offert ce livre, comme certains offrent des fleurs, des bonbons, un bijou, des douceurs, lorsqu’ils veulent vous rendre heureux.
Elle me connaît bien. Moi, ce sont les mots qui me rendent heureuse.
On a tous un petit quelque chose qui nous transporte de bonheur: un bain chaud avec lumière tamisée, un fondant au chocolat ou un thé devant un feu de cheminée…. A chacun son jardin secret ou pas, ses petits travers pour décompresser et se faire plaisir.

Ce livre, constitué de petites anecdotes, est inspiré par les parfums de la vie. Quelques pages, chaque fois, suffisent à nous brosser la situation, à éveiller nos sens (pas seulement olfactif), on visualise l’enfant qui dort, abandonné, on sent le fumier qui nous pique le nez, on voit la grand-mère qui est là, mangeant son petit fils des yeux :
Citation :
« Te voir manger me nourrit… »

On pense à Proust et sa Madeleine lorsque Monsieur Claudel évoque son enfance, les matchs de foot et les images Panini pour celui qui est le plus souvent sur la touche, on pense à Delerm aussi…
C’est comme un album photos qui défile sous nos yeux, un album qui sent bon tant les mots suintent de délicatesse, de tendresse, de bon goût.
L’écriture est délicieuse, parfumée à souhait, c’est un vrai bonheur de lecture…
Philippe Claudel se confie, nous confie, nous offre « ses » parfums pour qu’à notre tour, nous retrouvions les nôtres, construisant ainsi notre propre palette olfactive …. comme un album de famille que l’on a plaisir à feuilleter ….
Citation :

«Je suis comme les livres. Je suis dans les livres. C’est le lieu où j’habite, lecteur et artisan, et qui me définit le mieux.»
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mimi54
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Jeu 22 Nov 2012 - 13:35

Quartier


Quartier, Philippe Claudel
La dragonne (Septembre 2007)
70 pages

Philippe Claudel, arpente le quartier entre Meurthe et canal, non seulement pour en dresser un tableau tout en mélancolie, et nostalgie, mais surtout faire l’apologie de ces coins de ville ou village auxquels chacun et chacune est attaché pour mille et une raison.
Ces quartiers qui se désindustrialisent, se déshumanisent, ces quartiers où l’on a usé ses fonds de culottes, où l’on a gagné durement sa vie, ceux des bistrots, ceux des drames de la bêtise humaine.
Ces quartiers qui retournent à la vie, à une autre vie, comme c’est le cas de ce quartier- là.
A lire pour la poésie avec laquelle Claudel donne vie aux 22 photographies N&B de Richard Bato, et notamment celle de couverture si caractéristique d’un ciel de novembre.
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Maline
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MessageSujet: L'Enquête de Philippe Claudel   Lun 31 Déc 2012 - 15:14


Grâce à la chaîne de lecture de décembre 2012 j’ai été amenée de lire un récent roman de Philippe Claudel « L’Enquête ». De Philippe Claudel j'avais apprécié les romans précédents comme Quelques-uns des cent regrets, Les Âmes grises, La Petite Fille de Monsieur Linh, Le Rapport de Brodeck. « L’Enquête » est une parabole à la Kafka dans la droite lignée des Huxley, Orwell, Beckett jusqu’à Magnus Mills.

Dès l’abord j’ai pensé à l’actualité récente : un nombre de suicides plus élevé que la moyenne statistique parmi ses collaborateurs, avait secouée France Télécom au point que le PDG a démissionné. Dans le roman de Claudel le nombre de suicides dans une entreprise puissante intrigue une administration qui envoie un enquêteur pour trouver les raisons de ces morts.

Il arrive en plein hiver dans une ville inconnue où tout semble s’être ligué contre lui, la neige tombe, des rues sont grises et inhospitalières, pas de taxi, finalement un hôtel mais il est si étrange. Dès l’abord l’atmosphère s’avère oppressante tout en restant réelle. Le roman avance et le tout devient de plus en plus surréel. L’Enquêteur, dont le lecteur n’apprendra jamais le nom, ne trouve un hôtel que fort tard dans la nuit. Quelque chose cloche. L’hôtel de catégorie 4 étoiles ne dispose que d’un service et de confort sommaires. Un cerbère appelé la Géante, oblige l’Enquêteur de lire le règlement intérieur et lui fait passer un interrogatoire sévère à son sujet, le petit déjeuner frugal ne se compose que de deux biscottes. Un psychopathe qui se fait passer pour un policier, veut l’arrêter pour avoir déchiré une serviette dans les toilettes.

L’Entreprise où le pauvre homme est amené à mener son enquête, s’avère être un pur cauchemar.
Citation :
Toute la ville paraissait se résumer dans l’Entreprise, comme si celle-ci, peu à peu, dans un processus d’expansion que rien n’avait pu freiner, s’était étendue au-delà de ses limites premières, avalant ses périphéries, les digérant, les assimilant en leur instillant sa propre identité.
L’Enquêteur est intimidé, abaissé, avili jusqu’à devenir une figure pathétique.

Il ne compte plus comme individu dans ce monde où tout est anonyme et dirigé par cette immense Entreprise sans âme.
Citation :
Lui qui depuis très longtemps avait conscience que sa place dans le monde et la société relevait de l’échelle microscopique découvrait, face à ce paysage de la démesure de l’Entreprise, une autre forme de malaise, celui de son anonymat. En plus de savoir qu’il n’était rien, il se rendait compte soudain qu’il n’était personne.


Point de surprise donc que les investigations de l’Enquêteur n’aboutissent à rien. Il sera de plus en plus laminé par l’absurdité des évènements. Toutes les règles connues semblent bousculer. L’homme n’est plus qu’un rouage infime, une entité négligeable, une sous-espèce.
Citation :
Le problème était que l’Enquêteur n’apercevait aucune porte de sortie. Il ne savait fichtrement pas comment s’échapper de cet univers forcément faux, totalement onirique et qui n’était en rien la vie. La vie ne peut ainsi vous dérouter, vous faire rencontrer des personnages aussi inquiétants que ceux qui, depuis la veille, prenaient plaisir à jouer avec lui, à l’affamer, le perturber, le bousculer, le faire espérer, l’anéantir, l’apeurer.

Quelques moments d’espoir dans ma lecture mais ils sont clairsemés.
Citation :
C’était une belle journée qui s’annonçait. Il en était certain. Il n’était plus simplement un personnage falot, faible et fade, chahuté par une suite d’évènements auxquels il ne comprenait rien. Il n’était plus simplement l’Enquêteur. Il devenait un héros. Il s’était affranchi, révolté, avait pris ce pouvoir qu’un lui refusait.

Le problème de l’Enquêteur est aussi que son identité ne va pas au-delà de son rôle. Et quand il essaie de se retrouver dans l’environnement qui l’entoure, on se moque carrément de lui.
Citation :
Vous aimez les explications simplistes, n’est-ce pas ? Je ne pense pas que cela fonctionne encore aujourd’hui. Le monde est trop complexe. Les vieilles ficelles sont usées. Et puis les hommes ne sont plus des enfants auxquels on peut encore raconter des sornettes.

Tout le roman rappelle Kafka, un Kafka à l’heure du téléphone portable. Avant le milieu du roman je me sentais prise dans une spirale perpétuelle où tout se répétait. Le monde de Philippe Claudel est inhumain, sans âme, ni mouvement de cœur, il est froid et fonctionnel. Cette analyse très pessimiste de notre temps n’est certes pas une critique nouvelle, voir les utopies des auteurs que j’ai cités plus haut. L’Enquêteur est comme envouté par ce que lui arrive. Si, néanmoins, je l’ai suivi volontiers dans les méandres de la ville et de l’Entreprise, c’est parce que la lecture de « L’Enquête » est facilitée par l’écriture nette et précise de Philippe Claudel. Il faut simplement garder présent que « L’Enquête » parle d’avantage à l’intellect qu’au cœur.

N.B. Lisez l’original, lisez Franz Kafka. Relisez les romans de Kafka comme Le Procès, Le Château, La Colonie pénitentiaire, Le Verdict …
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mimi54
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Sam 9 Mar 2013 - 20:49


Au revoir Monsieur Friant, Philippe Claudel
Éditions Nicolas Chaudin (Novembre 2006)
75 pages

4ème de couverture :

Citation :
« Pont de Fer, pont des Voleurs, pont de Neufcourt, pont de Rosières... Etre au-dessus de l'eau tout en conservant les pieds secs. Le beau privilège. Passe l'eau, et repasse, et nous autres comme couchés sur elle dans son lit de bronze miroitant parsemé de chevelures d'algues. Est-ce la vie alors que contemplent en dessous de leur bras noués les amoureux innombrables qu'attirent les ponts sur les rivières ? »


Autour de quelques toiles du peintre lorrain, Philippe Claudel se prête au jeu de la conversation intime autour d’une nature qui entoure le petit garçon qu’il a été, tendrement aimé par sa grand-mère, l’éclusière de Dombasle.
Il y a (comme toujours chez Claudel) une mélancolie douce et tendre qui s’installe autour de ces instantanés de jeunesse tissés de souvenirs, et de réflexions sur la création, son moteur et ses douleurs.

« J’écris comme on demande pardon, comme on crie dans la nuit lorsque l’on est tout enfant et qu’on espère que la porte va s’ouvrir et nous laisser voir à contre- jour, comme une apparition, la silhouette de notre mère, sa douceur, l’auréole tremblée de ses cheveux, sa main sur notre front mouillé et son baiser sur notre joue. »

Il fallait tout le talent, de Philippe Claudel pour faire vivre autrement, quelques belles pièces d’Emile Friant, le peintre de l’instant. J’ai beaucoup aimé la délicatesse, et l’intelligence avec lesquelles il a promené le lecteur entre le peintre, et les petites choses insignifiantes de sa vie d’enfant et de jeune homme qui l’ont façonné.
Un petit livre qui se lit avec autant de gourmandise qu’il s’admire, et se feuillette.

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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Mar 26 Mar 2013 - 21:39

Le bruit des trousseaux

« Il y a beaucoup de mensonges en prison, mais ils sont moins grave qu’ailleurs car ils sont essentiels. On ment pour exister un peu plus, on se ment pour continuer à se supporter »

Enseignant de formation, Philippe Claudel a durant11 ans, pris 3 fois par semaine le chemin de la prison pour y exercer son art. Pas n’importe quelle prison…la mienne…enfin celle de ma ville, Charles III….. Un nom qui raisonne en moi comme le stade ultime si je n’étais pas sage. « Si tu ne veux pas finir à Charles III, tiens- toi à carreaux, me disait-on souvent » Un endroit devant lequel je suis passée chaque jour, parce que sur mon chemin, tout simplement ; un endroit qui n’est plus, mais dont le fantôme est encore bien présent….
Bref un endroit où personne ne rêve d’aller (sauf une de mes copines, mais ça c’est une autre histoire !!!)
La prison, lieu de toutes les misères, lieux où se croisent petits malfrats, comme les assassins, ou les trafiquants, lieux où vivent des hommes et des femmes, et même enfants, lieux de vie, tout simplement.
Philippe Claudel livre de manière libre, et dispersée réflexions, expériences et anecdotes de ses années où il allait à prison apporter un peu d’autre chose, écouter, aider.

« Je sais qu’en moi, profondément, je n’ai jamis pu me persuader de la réalité des crimes commis par les détenus que je rencontrais chaque semaine. Peut-être moi aussi avais-je besoin de m’arranger avec cette réalité pour continuer à vivre, à venir en prison, à être dans ce lieu, à y passer des heures. Tout était ainsi amorti par une distance quasi cinématographique. Je rejetais l’horreur de l’autre sur un écran. »

C’est avec une certaine distanciation qu’il y va, sans juger, mais conscient de ses limites.
Le côté brouillon de ce récit laisse penser à une sorte d’urgence d’écrire et de se souvenir des hommes croisés durant ses années.
Cette expérience humaine au milieu de l’inhumanité carcérale se lit rapidement, mais s’imprime durablement dans la mémoire.

Je laisse à Philippe Claudel le dernier mot…. « Ce peut être un témoignage ou, plus exactement, un faux témoignage, car il me manque quelque chose d’essentiel pour parler de la prison, c’est d’y avoir passé une nuit. Je ne sais pas au fond si l’on peut parler de la prison quand on y a jamais dormi. »


L'endroit en question en 2009, année du transfert des détenus vers le nouvel établissement.....


Depuis, tout a été rasé, et le site deviendra un eco-quartier.


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Cassiopée
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Jeu 28 Mar 2013 - 22:26

Plus de vingt cinq ans de bénévolat auprès des prisonniers me font me retrouver dans cette approche des détenus.
Certains "arrangeaient" la vérité et c'était mieux ainsi...
Lorsque je m'apercevais qu'ils m'avaient menti, je refusais de creuser, de voir "ce côté noir" car je sentais que je ne pourrais pas leur "donner" autant de moi.... si je savais ce qu'il en était réellement....
Parce que savoir la vérité nous incite à juger...
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coline
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Jeu 28 Mar 2013 - 22:53

mimi54 a écrit:
Le bruit des trousseaux
« Je sais qu’en moi, profondément, je n’ai jamis pu me persuader de la réalité des crimes commis par les détenus que je rencontrais chaque semaine. Peut-être moi aussi avais-je besoin de m’arranger avec cette réalité pour continuer à vivre, à venir en prison, à être dans ce lieu, à y passer des heures. Tout était ainsi amorti par une distance quasi cinématographique. Je rejetais l’horreur de l’autre sur un écran. »

Je vais le lire ce livre...
Le sujet m'intéresse. J'ai aussi ma petite expérience en ces lieux...Des ateliers d'écriture et lecture à voix haute-jeu théâtral dans une centrale. Sur trois années. Des moments forts qui ont bousculé beaucoup de mes a priori et changé mon regard. Je les revis en pensée très souvent. Et je n'oublierai pas ceux que j'ai rencontrés.



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Harelde
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Ven 5 Avr 2013 - 9:34

Parfums

A l’instar de Marcel Proust et sa madeleine, Philippe Claudel se remémore sa vie et nous livre quelques-uns de ses souvenirs sous forme d’anecdotes. Toutes ayant pour origine un parfum particulier, une odeur retrouvée ici ou là. De ses années en culotte courte à sa vie actuelle, avec une brève allusion à sa fille, à ses débuts fort peu prometteurs à l’université de Nancy où « il est peu de chose et s’apprête bien vite à n’être plus rien du tout ». Evocation de ses parents, grands-mères, grands-pères qu’il n’a pas connus, grands-tantes et sœurs. Amis, camarades, voisins. La Lorraine où il est né et qu’il n’a jamais quittée. Les forêts vosgiennes. Ses baignades d’enfant et parties de pêche dans la Meurthe et le Sânon. Ses rencontres avec le sexe féminin, ses premiers émois amoureux. Les boums. Les périples à vélo, en 2CV ou 4L. La maison familiale et son potager. Sa mère remplissant des bocaux de fruits et légumes pour l’hiver…

Des vestiges de son passé livrés pêle-mêle à l’occasion d’une senteur de tilleul, d’un relent de fumier, de vapeurs de cannabis, d’effluves de corps tartiné de crème solaire, d’une haleine d’alambic, d’un souffle d’ozone à la suite d’un orage d’été. Peut-être un peu décousu et, du coup, fragmentaire. Mais au bout du compte, Philippe Claudel se dévoile peu à peu, prend corps au gré de courts chapitres qui s’égrainent rapidement.

L’ensemble formant un tout des plus agréables empreint de poésie et d’une pointe de nostalgie. Et de tendresse. D’un brin d’humour. Mais aussi d’une certaine gravité. Un style assez dense (un paragraphe pour un chapitre) mais jamais ennuyeux, jamais pesant. Toujours vivant, agrémenté d’un vocabulaire riche et recherché, jamais pompeux.

Un bon moment.

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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Mar 28 Mai 2013 - 19:02

Le Bruit des trousseaux.


Une écriture sèche comme une porte qui claque. Des instantanés pris à l'univers carcéral qui traduisent des sensations, des odeurs, des sons.
Cette forme fragmentaire donne une grande liberté (paradoxalement) à ce texte et une légèreté nécessaire pour parler de la dureté de ce monde.
Claudel réussit à nous émouvoir sans pathos (à partir de son expérience de prof intervenant en prison), à nous faire réfléchir sans grands discours. Très subtil et attachant même si certaines histoires mettent forcément mal à l'aise.


Humour noir et logique implacable:

"Charles C. était incarcéré depuis le démantèlement d'un réseau de pédophiles qui violaient des enfants et les filmaient. En prison, il s'occupa tout naturellement du circuit de télévision interne."

Entre deux:

"Deux détenus sortaient chaque matin les poubelles de la prison. (...). Ils marchaient sur le bord du trottoir comme sur une frontière. J'avais remarqué que, bien souvent, ils ne regardaient que le sol. Leurs regards restaient enfermés dans un périmètre de bitume, n'osaient pas se lever, embrasser tout le reste. Ils étaient tout à leurs gestes, ne s'attardaient pas, rentraient vite à l'intérieur de la prison."


Dernière édition par Madame B. le Mar 28 Mai 2013 - 19:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Mar 28 Mai 2013 - 19:07

Madame B. a écrit:
Le Bruit des trousseaux.

Une écriture sèche comme une porte qui claque. Des instantanés pris à l'univers carcéral qui traduisent des sensations, des odeurs, des sons. Cette forme fragmentaire donne une grande liberté (paradoxalement) à ce texte. Claudel réussit à nous émouvoir sans pathos (à partir de son expérience de prof intervenant en prison), à nous faire réfléchir sans grands discours. Très subtil et attachant même si certaines histoires mettent forcément mal à l'aise.

Humour noir et logique implacable
Je note.

Merci Madame B. pour la découverte.

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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Mar 28 Mai 2013 - 19:08

Kannskia a écrit:
Madame B. a écrit:
Le Bruit des trousseaux.

Une écriture sèche comme une porte qui claque. Des instantanés pris à l'univers carcéral qui traduisent des sensations, des odeurs, des sons. Cette forme fragmentaire donne une grande liberté (paradoxalement) à ce texte. Claudel réussit à nous émouvoir sans pathos (à partir de son expérience de prof intervenant en prison), à nous faire réfléchir sans grands discours. Très subtil et attachant même si certaines histoires mettent forcément mal à l'aise.

Humour noir et logique implacable
Je note.

Merci Madame B. pour la découverte.


N'hésite. C'est vite lu mais cela marque l'esprit.
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Mar 28 Mai 2013 - 19:11

Je note également !
Merci Madame B !!!!! sourire

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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Mar 28 Mai 2013 - 20:23

églantine a écrit:
Je note également !
Merci Madame B !!!!! sourire

bonjour
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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Mer 29 Mai 2013 - 9:20

Ma LAL s'alourdit !
rire

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MessageSujet: Re: Philippe Claudel   Mer 29 Mai 2013 - 9:44

Strike ! Bravo Madame B. rire

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