Parfum de livres… parfum d’ailleurs
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Parfum de livres… parfum d’ailleurs

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 Au fil de nos lectures

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptySam 5 Juin 2010 - 21:45

"...Et à ce moment-là, Séraphin s'étant tu également, on avait senti grandir autour de soi une chose tout à fait inhumaine et à la longue insupportable: le silence. Le silence de la haute montagne, le silence de ces déserts d'hommes, où l'homme n'apparaît que temporairement: alors, pour peu que par hasard il soit silencieux lui-même, on a beau prêter l'oreille, on entend seulement qu'on entend rien. C'était comme si aucune chose n'existait plus nulle part, de nous à l'autre bout du monde, de nous jusqu'au fond du ciel. Rien, le néant, le vide, la perfection du vide; une cessation totale de l'être, comme si le monde n'était pas créé encore, ou ne l'était plus, comme si on était avant le commencement du monde ou bien après la fin du monde. Et l'angoisse se loge dans votre poitrine où il y a comme une main qui se referme autour du coeur.
Heureusement que le feu recommence à pétiller ou c'est une goutte d'eau qui tombe, ou c'est un peu de vent qui traîne sur le toit. Et le moindre petit bruit est comme un immense bruit. La goutte tombe en retentissant. La branche mordue par la flamme claque comme un coup de fusil; le frottement du vent remplit à lui seul la capacité de l'espace. Toute espèce de petits bruits qui sont grands, et ils reviennent; on redevient vivant soi-même parce qu'eux-mêmes sont vivants."
p 17/18

"Derborence" Ramuz
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyMer 23 Juin 2010 - 15:00

Pour vous allécher, un extrait (un peu au hasard, vers la fin) de Sous la tonnelle - Hyam Y...ared, née en 1975 au Liban : (une petite fille parle de sa grand-mère défunte)

"... On reconnaît les êtres à leur enfance. Moi, j'avais le souvenir de ce qui suivit. La guerre. Les obus. Le mariage. La révolte face à ce qui m'était imposé. A commencer par la vie en soi. J'aurais pu tout traîner en justice. Mon mari. Mes amants. L'humanité. Les religions. Jusqu'à Dieu lui-même. Il a fallu ta mort pour que l'enfance me revienne en mémoire. Cette manière que tu avais de ne pas détacher tes yeux de ton laurier en émettant un soupir qui ressemblait à un soulagement." Quelle petite grande chose que la vie !" Tu faisais une pause avant d'ajouter : "Détourne tes yeux de ce qu'il y a de laid ! La beauté nous regarde en face." j'aurais bien aimé. Ma déception était hideuse et tes théories utopiques. J'ai longtemps cru que tu vivais dans le conformisme avant de réaliser que tu vivais pour elle. La beauté. Moi je voulais l'urgence. Marcher dans ton sillage le plus vite possible. "Mon laurier a mis 50 ans, répliquais-tu. 50 anspour grimper le long de la façade. Ne te presse pas. Tout arrive à temps. Surtout la beauté." Je rêvais du reste. la paix à temps. Le bonheur aussi. si j'avais eu à renaître, j'aurais tout changé sauf toi. Je n'avais pas eu à te chercher pour te trouver. Tu étais là, tout simplement."
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptySam 3 Juil 2010 - 19:37

Cela me prend parfois, je marche parallèlement à moi-meme, comme pour m' observer, et
je ne ressens qu' après le passage d' une longue période de temps que ce qui m' arrive est réel. P. 23

Hoda BARAKAT - Le Laboureur des eaux
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyMer 7 Juil 2010 - 17:58

Enfants, nous appelions les lucioles des lanternes volantes.
Nous ne savions pas que leur belle phosphoréscence bleutée n' était rien d' autre qu' un organe sexuel au coeur duquel brulait le désir pour la femelle.
Nous ne savions pas que cette lueur n' était autre qu' un gémissement plaintif causé par la solitude de ne voler qu' avec deux ailes, que c' était un appel à l' aide venu de l' incandescence des désirs tapis dans la douleur des membres.


Hoda Barakat - Le Laboureur des eaux, p. 144
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyMer 7 Juil 2010 - 18:18

Je me penche un peu sur mon banc de pierre pour suivre le vol des lucioles pour suivre le vol
des lucioles vers le caroubier.
Je ne saisis de sa forme que l' ajour de ses hautes branches qui se détachent contre le ciel
couleur lilas.
Peu à peu le nombre des lucioles augmente et leurs lueurs intermittentes dessinent la silhouette
du caroubier envahi par les cris anarchiques des males. Je le vois débordant de concupiscence
électrique, de filaments échappés, de charges clignotantes, délirantes.
Puis, peu à peu, le scintillement s' organise, acquiert un rythme propre, se régule strictement.
Les petites lueuers jouent une meme partition, s' allument et s' éteignent en meme temps, sans la moindre erreur, le moindre écart.

Qui donc avait fixé la clef de la partition, sinon l' intelligence supreme de l' instinct.

Hoda Barakat - Le laboureur des eaux, P. 145
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyLun 12 Juil 2010 - 19:41

LE NORD

C' est toujours comme ça : le soleil ralentit son vol, se tient immobile, en suspens. Tout est là, enserré, fondu dans un miroir glauque. Auprès du bord, sur une pierre noire, une mouette
ouvre ses ailes, se tasse, prend son essor, et reste sur cette peirre noire.
Une spirale de fumée brule continument sur la cheminée de l' huilerie...
L' espace d' une minute, tout est vitrifié - cette minute, c' est a nuit. Et puis, mais juste juste, le soleil s' ébranle.


Evgueni Zamiatine - La caverne, P. 62
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptySam 17 Juil 2010 - 17:42

Au bon roman Laurence Cossé


"Depuis qu'existe la littérature, la souffrance, la joie, l'horreur, la grâce, tout ce qu'il y a de grand en l'homme a produit de grands romans. Ces livres d'exception sont souvent méconnus, ils risquent en permanence d'être oubliés, et, aujourd'hui où le nombre des publications est considérable, la puissance du marketing et le cynisme du commerce s'emploient à les rendre indistincts des millions de livres anodins, pour ne pas dire vains.
"Or ces romans magistraux sont bienfaisants. Ils enchantent. Ils aident à vivre. Ils instruisent. Il est devenu nécessaire de les défendre et de les promouvoir sans relâche, car c'est une illusion de penser qu'à eux seuls ils auraient le pouvoir de rayonner. Nous n'avons pas d'autre ambition.
"Nous voulons des livres nécessaires, des livres qu'on puisse lire le lendemain d'un enterrement, quand on n'a plus de larme stant on a pleuré, qu'on ne tient plus debout, calciné que l'on est par la souffrance; des livres qui soient là comme des proches quand on a rangé la chambre de l'enfant mort, recopié ses notes intimes pour les avoir toujours sur soi, respiré mille fois ses habits dans la penderie, et que l'on n'a plus rien à faire; des livres pour les nuits où, malgré l'épuisement, on ne peut pas dormir, et où l'on voudrait simplement s'arracher à des visions obsessionnelles; des livres qui fassent le poids et qu'on ne lâche pas quand on n'en finit pas d'entendre le policier dire doucement: Vous ne reverrez pas votre fille vivante; quand on n'en peut plus de se voir chercher le petit Jean follement dans toute la maison, puis follement dans le jardin, quand quinze fois par nuit on le découvre dans le petit bassin, à plat ventre dans trente centimètres d'eau; des livres qu'on peut apporter à cette amie dont le fils s'est pendu, dans sa chambre, il y a deux mois qui semblent une heure; à ce frère malade que la maladie rend méconnaissable.
"Chaque jour Adrien s'ouvre les veines, Maria se saoule, Anand est renversé par un camion, une Tchéchène (Turkmène, Four) de douze ans est violée. Chaque jour Véronique essuie les yeux d'un condamné, une vieille femme tient la main d'un mourant affreusement défiguré, un homme recueille un petit enfant hébété parmi les cadavres.
"Nous n'avons que faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire.
"Nous ne voulons pas de ces livres bâclés, écrits à la va-vite, allez, finissez-moi ça pour juillet, en septembre je vous le lance comme il faut et on en vend cent mille, c'est plié.
"Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous.
"Nous voulons des livres qui aient coûté beaucoup à leur auteur, des livres où se soient déposés ses années de travail, son mal de dos, ses pannes, son affolement quelques fois à l'idée de se perdre, son découragement, son courage, son angoisse, son opiniâtreté, le risque q"il a pris de rater.
"Nous voulons des livres splendides qui nous plongent dans la splendeur du réel et qui nous y tiennent; des livres qui nous prouvent que l'amour est à l'oeuvre dans le monde à côté du mal, tout contre, parfois indistinctement, et le sera toujours comme toujours la souffrance déchirera les coeurs. Nous voulons des romans bons.
"Nous voulons des livres qui n'éludent rien du tragique humain, rien des merveilles quotidiennes, des livres qui nous fassent revenir l'air dans les poumons.
"Et quand il n'y en aurait qu'un par décennie, quand il ne paraîtrait qu'un Vies minuscules tous les dix ans, cela nous suffirait. Nous ne voulons rien d'autre."


Pages 332,333,334
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyMar 27 Juil 2010 - 16:24

Je n' ai aucune réponse à la plupart des questions qu' on se pose pour la forme, [ propos de l' Ouest] mais je sais que nous somes incapables de le laisser en paix, car nous l' aimons au delà de toute raison, au delà du mythe et de la réalité ; nous aimons sa lumière, ses paysages,ses habitants.
C' est un endroit sacré, et nous savons que si nous cessons de l' adorer, l' Ouest finira par disparaitre, tel un dieu renfrogné.


... J' avoue que je ne suis meme plus certain de savoir où se trouve l' Ouest désormais. Sauf dans mon coeur. Quand je m' absente, il me manque quelque chose, mais j' y reviens toujours en courant, car, comme l' a écrit Thoreau :
"Vers l' Est, j' y vais seulement contraint et forcé, mais vers l' Ouest, j' y vais de mon plein gré".
Personne n' a jamais dit mieux. Pourtant Thoreau n' a jamais vu le soleil se lever sur les montsd Tétons, il n'a jamais passé un été à Choteau dans le Colorado.
Mais il avait bien compris que, quelle que soit la signification du terme "Ouest" -qu' il s'agisse de la frontière de la liberté ou de l' endroit où la civilisation était mise à l' épreve, ça ne se passait pas en ville.
Et les villes de l' Ouest savent parfois etre laides, aucun doute là dessus.
Mais vous pouvez vous arreter à la périphérie de Casper dans le Wyoming, au printemps, et contempler les collines onduleuses constéllées de neige jusqu'à ce que vos yeux se mouillent,
et vous retourner en ville.

... Evidemment les artistes de l' Ouest ont ce talent particulier pour la lumière. Ils n' en sont pas
les uniques propriétaires, mais ils aiment la peindre.
.... Peut etre y a-t-il là partie de définition, L'Ouest est un endroit où l'on va pour voir la lumière.
La première fois que ça m'est arrivé, c' était près de Flat River à la sortie de Dixon dans le Montana, en fin d' après midi, alors que le soleil et le thermomètre chutaient rapidement, le soleil disparut juste derrière la couverture nuageuse.
Les sommets enneigés des Missions Mountains à trente kilomètres à l' est étincelaient d' une lumière farouche.
L' herbe d' hiver sèche sur les collines douces qui bordent la rivière noire et glacée se mit à luire, comme enflammée de l' intérieur. Et la lumière envahit l' atmosphère, aussi palpable que le
brouillard, aussi cinglante que l' air gelé.
Je m' extirpai de l' affut à quatre pattes pour danser sur le sol dur.

... Depuis j' ai assistté à quelques visions grandioses, mais ce moment délicieux reste clairement gravé dans ma mémoire.
Malheureusement pour l' Ouest, le coucher de soleil est tout aussi beau au dessus de Berkeley Pitt
à Butte dans le Montana.
La gigantesque plaie abandonnée dans la terre se remplit lentement d' eau ; l' eau semble remplie de métal en fusion, et quand le soeil se couche, le puits brille d' une lueur irrélle.
C' est beau, je suppose, mais aussi toxique que certains virus venus de l' espace.

James Crumley - L' Ouest, le grand.
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyMer 4 Aoû 2010 - 20:01

Kalman avait rencontré notre mère près des rails du chemein de fer, si l' on peut appeler ça
"rencontrer" dit Anna.
Elle était descendue du train, elle était passée devant lui sans le remarquer, alors que toutes
les filles le remarquaient tout de suite, meme quand il était avec d' autres, meme là il attirait
l' attention, justement, ou peut etre simplement, parce qu' il se taisait quand les autres parlaient
et parce que les autres ne disaient rien quand il parlait.
Kalman avait été troublé de la suivre du regard sans etre vu lui-meme, chaque jour où elle
descendait de son train et sautait sur le quai toujours à la meme heure, avec le meme mouvement, son petit sac sous le bras, le dos tourné vers lui, descendait sur le quai et ouvrait
les portes du hall avant de disparaitre derrière la vitre.

Zsuzsa Bank - Le Nageur, p. 173
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyJeu 12 Aoû 2010 - 22:04

Citation :


Madame
Lola circulait en voiture toute la nuit au bois de Boulogne et elle disait qu’elle
était le seul Sénégalais dans le métier et qu’elle plaisait beaucoup car lorsqu’elle
s’ouvrait elle avait à la fois des belles niches et un zob. Elle avait nourri
ses niches artificiellement comme des poulets.

La vie devant soi, Romain Gary
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptySam 14 Aoû 2010 - 21:42

Citation :


Ton « Soi »
se moque de ton Moi et de ses bonds orgueilleux. « Que sont pour moi ces
bonds et ces envols de la pensée ? se dit-il. Un détour pour aller à mon
but. Je suis la lisière du Moi et le souffleur de ses idées. » Le Soi dit
au Moi : « Souffre maintenant ! » Alors le Moi souffre et
cherche le moyen de ne plus souffrir –et c’est pour cela qu’il doit penser. Le Soi dit au Moi : « Réjouis-toi
maintenant ! » Alors le Moi se réjouit et cherche un moyen de se
réjouir souvent –et c’est pour cela qu’il doit
penser.

Ainsi parlait Zarathoustra
, Nietzsche
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyMar 17 Aoû 2010 - 21:49

Citation :
Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf dénotait l’absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l’existence de son âme.

La conjuration des imbéciles
, J. K. Toole
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptySam 21 Aoû 2010 - 16:49

Loup-Clair vivait dans son désir des femmes.
Il couvrait, dans cet état, des kilomètres et des kilomètres, dans le métro.
Avec les femmes, dans le métro, il organisait des épisodes quxquels, par malheur, elles ne

participaient pas. Il s' accrochait à l' espoir de figurer parmi les trois cent vingt types en
moyenne, qui, chaque jour, d' après une statistique sans doute apprroximative, publiée par Détective, touvent une maitresse dans le métro.

... Il ne regardait que les jeunes femmes. Des vendeuses, des dactylos, des Norvégiennes, des foules de femmes montaient et descendaient à Bonne Nouvelle, à République, partout.
Il se rabattait sur les "aventures" dont le dernier cinéma muet de Paris récelait la possibilité furtive et ténébreuse.
... La salle regorgeait d' hommes tristes. Sans cesse, ils allaient vers le fond, aux urinoirs, où rien ne se passait, mais de la sorte ils délivraient une espèce de frénésie et d' inquiétude ambulante et mouvementée, qui était en eux.
¨Puis revenus dans leur fauteuil, ils tendaient l' oreille aux chuchotements, aux grincements
cachés en brouhaha tout autour dans la salle dans l' air épais de phosphore séminal.
De toutes leurs forces, exaltées par l' obscurité entassée et par les éblouissants fantomes
gris qui se démenaient sur l' écran dans des épopées incompréensibles, ils attendaient la présence d' une femme dans le fauteuil voisin, c' était à ça que servaient les cinémas...

Jacques AUDIBERTI - Marie Dubois, pp. 23-25
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyVen 27 Aoû 2010 - 21:50

Citation :
L’ivresse lui semblait le moyen de supprimer toute velléité réflexive de son intelligence. Ivre, il n’aurait plus besoin de penser, il ne le pourrait plus : il serait un rhéteur d’approximations lyriques, éloquent et volubile. L’intelligence au sein de l’ivresse n’aurait plus de sens ; ses amarres lâchées, elle pourrait faire naufrage ou être dévorée par des requins sans qu’il s’en soucie. […] Il comptait bien devenir alcoolique. L’alcool prend toute la place dans les pensées et donne un but dans le désespoir : guérir. […]Il serait alcoolique, c’est-à-dire quelqu’un qui a une maladie socialement reconnue. On plaint les alcooliques, on les soigne, ils ont une considération médicale, humaine. Alors que personne ne songe à plaindre les gens intelligents […].»

Comment je suis devenu stupide, Martin Page
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 EmptyJeu 9 Sep 2010 - 22:36

J'ai connu l'heure de détourner ce regard qu'on porte en avant et cette connaissance inquiète ; j'excite mon désir vers les chemins derrière moi avec les vents et les couchers de soleil, ô montagne, me sentant si petit qu'il me faut au moins cette assurance d'avoir vécu, pour que je m'imagine, pareil aux piliers d'où les bateaux partent et s'amarrent et qui se meuvent en morceaux dans le balancement qui est la mort des vagues lointaines au rivage.

je vous laisse deviner l'auteur, mais c'est facile...

_________________
Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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MessageSujet: Re: Au fil de nos lectures   Au fil de nos lectures - Page 22 Empty

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