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 Lola Lafon

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Aeriale
Léoparde domestiquée


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MessageSujet: Lola Lafon   Mar 6 Mai 2014 - 16:01



Lola Lafon, née en 1972, est une femme de lettres, chanteuse et compositrice française
Elle est l'auteure de quatre romans, Une Fièvre impossible à négocier (2003), De ça je me console (2007), Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce (2011) et La petite communiste qui ne souriait jamais (2014).

Citation :
La petite communiste qui ne souriait jamais, sorti en janvier 2014 chez Actes Sud, est un "dialogue fantasmé entre Nadia Comaneci, la jeune gymnaste roumaine de quatorze ans devenue, dès son apparition aux J. O. de 1976, une idole pop sportive à l’Ouest et « plus jeune héroïne communiste » à l’Est, et la narratrice, « Candide occidentale » fascinée, qui entreprend d’écrire son histoire, doutant, à raison, des versions officielles. L’histoire d’une jeune fille face à ses juges, qu’ils soient sportifs, politiques, médiatiques, désirée et manipulée également par les États, qu’ils soient communistes ou libéraux. L’histoire, aussi, de ce monde disparu et si souvent caricaturé : l’Europe de l’Est où j’ai grandi, coupée du monde, aujourd’hui enfouie dans une Histoire close par la chute d’un Mur" Lola Lafon.
Source Wikipedia

...

Ce roman a obtenu le Prix Lilas 2014.



Eté 74, Jo de Montréal. Une gamine de 14 ans entre dans l'histoire et devient l'emblême de la Roumanie communiste. A partir de ce fait contemporain, Lola Lafon nous brosse le portrait d'une enfant encore malléable, astreinte à une discipline de fer dont la forte personnalité assura à la fois son succès et la notoriété du régime de Ceausescu.

Un roman puissant qui se balade entre réalité et interprétations, et montre surtout combien il est difficile pour un peuple baigné d'idéologie de parvenir à s'en libérer, une fois les barrières tombées. Les dialogues (imaginaires) qui accompagnent cette "biographie" révèlent bien le souci de véracité mêlé de confusion (L'athlète adulte se contredit souvent) de ces jeunes instrumentalisés et aident à relativiser la vision que l'on peut avoir de ces mondes en dénonçant implicitement le sentiment de vide mêlé d'oppression que ressentent au final ces orphelins du communisme. Très fort!

Citation :
Avant, les gens avaient constamment peur, c'est vrai, peur qu'on les entende dire des choses interdites, aujourd'hui, on peut tout dire, félicitations, seulement personne ne nous entend.

.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Mar 6 Mai 2014 - 16:13

Domreader n'a pas voulu ouvrir un fil, son avis, repris du OneShot

domreader a écrit:
La Petite Communiste Qui ne Souriait Jamais
Lafon Lola


JO de Montréal en 1974, une gamine de 14 ans rafle la médaille d’or de gymnastique. Jamais une gymnaste aussi jeune n’avait concouru et encore moins gagné. Nadia Comaneci, jeune roumaine vient de rentrer dans l’histoire et se retrouve à la une des médias du monde entier. Lola Lafon nous fait revivre son parcours assez exceptionnel dans un ouvrage qui n’est ni une biographie ni un roman. On ne peut pas dire que ce livre ait un intérêt littéraire quelconque, mais il montre comment une gamine est instrumentalisée pour devenir l’emblème de la Roumanie communiste. On suit les séances d’entraînement, les voyages et les compétitions et surtout, presque le plus intéressant on suit les dialogues de la journaliste Lola Lafon et de Nadia Comaneci. Car L. Lafon lui envoie les chapitres de son livre au fur et à mesure qu’ils sont achevés et N. Comaneci les commente, exige, tempête, corrige, se contredit. La journaliste les insère au fur et à mesure dans le roman-biographie.

Difficile de mesurer le recul de Nadia sur sa carrière et sur son histoire tant elle a baigné dans l’idéologie communiste. Intéressant aussi le regard qu’elle porte sur l’occident d’alors et d’aujourd’hui. J’ai trouvé glaçant ce qu’on apprend sur la régime Caucescu au fil des pages, sur la main mise total du gouvernement sur les esprits et les corps, en particulier ceux des femmes.

Un ‘roman’ vraiment intéressant, plus à lire comme un documentaire que comme une œuvre littéraire.

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bix229
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Mar 6 Mai 2014 - 16:14

Merci pour tes impressions, Aériale. Je m' étais demancé ce qu' il y avait derrière ces petites
gymnastes, nanifiées et  martyrs d' une discipline plus proche de la torture que du sport.

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Aeriale
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Mar 6 Mai 2014 - 16:22

Honnêtement je te le conseille Bix! On y apprend énormément de choses sur ce régime, notamment bien sûr, le quotidien de ces petites gymnastes arrachées très tôt à leur famille et sous alimentées, ou presque, pour ne pas dépasser le poids maximal toléré.

Mais pas que. On se rend compte que ces peuples autrefois sous le joug du communisme restent parfois nostalgiques de cette époque, aussi bizarre que cela puisse paraître. Car non dépendant d'un autre totalitarisme, celui de la course au profit...A lire pour avoir un autre regard!

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bix229
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Mar 6 Mai 2014 - 16:32

D' accord ! J' avais déjà  eu l' occasion de lire une bonne critique du livre. La seule chose qui m' effraie,
c' est d' etre plongé dans cet univers bureaucratique et asphyxiant qu' était la Roumanie de Ceaucescu !

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Mar 6 Mai 2014 - 17:13

Un livre que je lirai certainement Aériale. (ma médiathèque le possède)

Ce que tu dis là "le sentiment de vide mêlé d'oppression que ressentent au final ces orphelins du communisme. " je l'ai retrouvé dans mes lectures de Koestler.

et je conçois aussi ton sentiment sur " On se rend compte que ces peuples autrefois sous le joug du communisme restent parfois nostalgiques de cette époque, aussi bizarre que cela puisse paraître. Car non dépendant d'un autre totalitarisme, celui de la course au profit...A lire pour avoir un autre regard! "

merci pour ce commentaire

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Madame B.
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Ven 16 Mai 2014 - 13:10

La Petite communiste qui ne souriait jamais. Gros coup de cœur.


1976, Jeux Olympiques de Montréal. Les (télé)spectateurs retiennent leur souffle pendant la prestation d’une gamine extraordinaire : elle bondit, fend l’air, semble défier les lois physiques de la pesanteur. Cet elfe à couettes c’est Nadia Comaneci, une roumaine de 14 ans, qui obtient 10, la note maximale ce qui a pour effet de détraquer le tableau électronique : « Le comité olympique nous avait assuré (…) que dix n’existait pas en gymnastique, protestent les ingénieurs de Longines ».
Lola Lafon (ré)écrit l’histoire de cette gymnaste qui a fasciné le monde au point de devenir une sorte de mythe vivant (une « Jeanne d’Arc magnésique »). Elle s’appuie sur des documents, des témoignages, des conversations avec Nadia Comaneci elle-même (leurs rapports sont parfois un peu tendus), imagine les vides, les remplit, tend ses phrases au-dessus des non-dits comme une acrobate dans une écriture aussi légère et aérienne que les prestations de la gymnaste. Elle nous livre un roman passionnant, très riche qui, en plus de relater l’histoire d’une soldate du régime communiste ubuesque de Ceausescu (dont le fonctionnement est bien expliqué) montre également le modèle libérateur que Nadia a été pour les petites filles de l’époque qui rêvent de donner un coup de pied à la lune (et aux conventions sociales), de « s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue ».
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Mer 17 Déc 2014 - 10:37

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce



Elles ressemblent à deux filles un peu fofolles avec leurs tresses en chignon et leurs collant à losanges. L'une a vu son cœur brusquement s'arrêter, et pendant qu’elle sort peu à peu de cette mort temporaire, l'autre raconte.
Elles se sont connues au groupe de parole pour femmes violées.

Citation :
« Toutes ces années, nous nous sommes tirées chacune par la main. Nous avons partagé l'expérience de la vie morte. Nos peurs, nous les guettions l'une l'autre, laisser un de nos corps en arrière aurait fait tomber toute la chaîne de nos nuits sans vie, un boucan terrible. Et peut-être que nous avons fini par les additionner et les mélanger, nos peurs, pour former ce magma pesant de frayeurs enchevêtrées. »

Elles essaient assez lamentablement de s'en sortir, d’autant que le viol n'est jamais que le reflet d'une société  répressive, basée sur le rapport de force et l'exclusion, sous la férule d'un président démocratiquement élu par une Election (tableau terrorisant  semi-uchronique [notre avenir réel peut-être] qui ne nomme personne,  avec juste ce qu'il faut de décalage, de soulignage pour se faire poser la question : on est en France ou dans un pays fictif, elle invente, elle en rajoute ???), une société du sexe-roi et de la normalité-reine. Et que la narratrice est réfugiée de la Roumanie de Ceaușescu, danseuse professionnelle soumise depuis l'enfance aux diktats de ses maîtres , de ses idoles, mais aussi de son propre plaisir.
Elles croisent une fille encore plus bizarre, sans doute psychotique, La Petite Fille au bout du Chemin, disciple de toute une collection d'anarchistes,  qui va les faire passer de la révolte à la Révolution, des larmes à d'autres larmes.

Citation :
« Mais voilà que je ne veux pas être réparée. Sauvegardée. Rafistolée pour continuer à avancer. Je ne veux pas qu'on colmate ce que je m'acharne à défaire, découdre. (…)
Songe qu'on affirme fièrement, je suis raisonnable, cet aveu qui dit en vérité je me laisserai raisonner par Vous.»

Je vous passe les détails, ce livre est d'une richesse incroyable... Ca fourmille de thèmes, de pistes, d'inventivité. C'est un livre incongru et généreux, qui part dans plein de directions sans jamais se perdre, une observation psychologique pointue, un pamphlet pour quelque chose qui ne serait pas que de la vigilance, mais une riposte . Il y a un mélange assez jouissif de tristesse, de douceur, de rage et de gaîté, qui m'a un peu fait penser à La guerre est déclaré dans la première partie, pour évoluer ensuite vers un discours beaucoup plus large, partir de la douleur intime pour avoir un regard et un rôle dans le monde.

Citation :
« Peur de finir par ne plus chercher que de jolis refuges de campagne où être bien, des terriers ou des nids à construire, m'appliquer à les border de couvertures et prendre bien garde à n'y installer  que des lumières indirectes, apaisantes. Finir par s'y installer, dans l'oasis, dans la pause,et oublier qu’on ne faisait que passer avant de repartir. Finir par ne plus s’occuper que  de son propre corps à sauvegarder, une jolie plante fraîche à arranger, soigner, nourrir. Se suffire de à peu près et presque. Et ne plus savoir comment commence, mais qu'est ce qu'une tempête. La craindre, la conspuer même, la moquer, cette tempête, dès qu'on en renifle les débuts, en répétant, mauvais et  frileux, « ça ne changera rien », se prendre à souhaiter qu'il n'y en ait plus jamais des tempêtes parce qu'on s'y est fait à ces journées, finalement . »

Je ne peux pas dire que je partage toutes les convictions de Lola Lafon alias Voltairine, peut-être suis je trop timorée, ou pas assez lucide, certaines choses m'ont même gênée,  mais  ce fut un moment à la fois instructif et réjoui, de partager cet arrachement face à l'agression quotidienne d'un monde trop dur, trop impitoyable, trop sûr de lui. Il y a là une réflexion sur la normalité, sur la révolte, sur le droit d'être autre et de le dire. Sur le droit de ne pas être rien, des filles de rien.

C'est un livre irrévérencieux, qui crie et hurle une rage, revendique le droit de savoir dire non. Un livre jeté dans une mer d’indifférence avec l'espoir d’allumer des étincelles, et que ces étincelles , de proche en proche allument un grand feu salvateur autour duquel se réchauffent toutes les Petites Filles au bout du Chemin.
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Lun 5 Jan 2015 - 15:47

La petite communiste qui ne souriait jamais

On se laisserait facilement aller à croire que, sur fond de dictature roumaine triomphante puis déchue, c'est seulement un livre sur Nadia Comaneci, la petite gymnaste qui subjugua le monde entier, adulée par le communisme comme par  l'occident, objet fascinant de vaillance et de fragilité mêlées, façonnée par  son entraîneur, instrumentalisée comme propagande pro-roumaine par le pouvoir, jetée comme un kleenex quand elle commença à ne plus tout à fait rentrer dans la case qui lui avait  été attribuée.

Ce serait déjà bien. Toute la première partie, l'ascension de la petite fille jusqu'au « 10 » suprême aux Jeux Olympiques,  entre bien dans ce cadre-là : une histoire unique, pleine de violence et de passions, intelligemment menée qui tient le lecteur en haleine, l'informe et  l’émeut à la fois.



Puis peu à peu les fêlures apparaissent, l'appareil se met à gripper, Nadia prend de l'épaisseur (à tous les sens du terme) et on monte d'un  cran.
Si on regarde le titre et qu'on le compare vidéo de la jeune gymnaste qui sourit, si l'on regarde l'indication « roman », si l'on porte attention au fait que, à côté de son information tous azimuts, Lola Lafon entend « remplir les silences» comme elle le dit d'entrée de jeu, si elle  fait intervenir un dialogue fictif et critique, entre Nadia Comaneci, et la narratrice,  en train d'écrire sur elle, on comprendra qu'on va beaucoup plus loin, qu'on entre dans une réflexion sur le choix et le non-choix, l'ambiguïté, le sens donné aux mots et aux informations, la réécriture du réel.

L'idée directrice du roman est que les choses sont complexes, très complexes, qu’elles soient personnelles, sociales ou politiques, loin de l'image sans nuance véhiculée par les médias.

Je dirais pour ma part qu'on est  bien devant une œuvre littéraire et non un documentaire, avec une ligne narrative confrontée à l'histoire individuelle et collective, une réflexion sous-jacente, un style d'écriture, qui, s'il n'est pas classique et peut déplaire, n'en est pas moins ouvragé.
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Lun 5 Jan 2015 - 15:50

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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Lun 12 Jan 2015 - 10:43

De ça je me console



Citation :
Pour lui, apparemment, tuer n'était qu'un  geste presque inévitable, rien qu'une réponse à la violence diffuse qu'on nous imposait tous les jours, la vraie responsable, elle. La serveuse fantôme, les milliers de fantômes qui balayaient les déchets français, ceux qu'on soustrayait des statistiques qui comptaient, ces corps assis sur les quais de métro, pas pressés parce qu'ils y resteraient la semaine, tous étaient des symptômes, des preuves de guerre sourde. 

Comme Lola Lafon, j'exècre le marchandisage des femmes, le tout-apparence et superficialité, l'exclusion des pauvres, la mise à l'écart des étrangers…Seulement, moi, je me console : je fais partie de ces Presque Morts qui s'attristent de tout cela en faisant passer le plat de lasagne à leur voisin avec un grand sourire, puis enchaînent sur autre chose...

Emilyatine, l'héroïne-miroir de Lola Lafon, elle, ne se console pas.

Citation :
On dit sois un peu ouverte.
En général, on m' enjoint d'être ouvert  au moment même où passent dans les conversations des choses acérées qui forcent leur chemin vers mon cerveau pour y trouver une place que je ne veux pas leur donner.
(…)
Ont dit avoir les idées larges, je commence à mieux entendre, j'entends idées larges comme des idées obèses de compromis. 

Elle comprend qu'« On ne naît pas  vivant on le devient. »
Quelle solution au-delà de la chaleur de l'amitié et de la solidarité ? La violence, les mots adressés à soi-même ou vers les autres, ou le refus ?

Citation :
 Depuis des années, le monde tel qu'on me le présente ressemble à une histoire inspirée de faits réels à laquelle je n'arrive pas à croire, ni à participer. Et on est quelques-uns à ne pas croire à cette histoire vraie.

De la mort de son père,  non plus, elle ne se console pas…et c'est extrêmement touchant et fort beau.

Malgré de petits moments de sur-place dans la deuxième partie, cela donne un livre qui pourrait être prêchi-prêcha, où on  ne peut pas adhérer à tout , mais qui est joyeux et déchirant à la fois, ébouriffant d' inventivité et d 'émotion,  d'une vivacité chaleureuse. Une claque salutaire.
C'est un livre qui remue dans ces temps de violence  terrifiante.
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Lun 12 Jan 2015 - 11:11

"Comme Lola Lafon, j'exècre le marchandisage des femmes, le tout-apparence et superficialité, l'exclusion des pauvres, la mise à l'écart des étrangers…Seulement, moi, je me console : je fais partie de ces Presque Morts qui s'attristent de tout cela en faisant passer le plat de lasagne à leur voisin avec un grand sourire, puis enchaînent sur autre chose...
"

ce qui est étonnant dans tes commentaires Topocl, c'est que j'aime avant tout la manière dont tu te prends en compte !

merci, faut que je la lise

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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Lun 12 Jan 2015 - 12:00

Bédoulène a écrit:

merci, faut que je la lise

Ouaip!
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Heyoka
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Lun 12 Jan 2015 - 14:17

Bédoulène a écrit:
"Comme Lola Lafon, j'exècre le marchandisage des femmes, le tout-apparence et superficialité, l'exclusion des pauvres, la mise à l'écart des étrangers…Seulement, moi, je me console : je fais partie de ces Presque Morts qui s'attristent de tout cela en faisant passer le plat de lasagne à leur voisin avec un grand sourire, puis enchaînent sur autre chose..."

ce qui est étonnant dans tes commentaires Topocl, c'est que j'aime avant tout la manière dont tu te prends en compte !

Oui, moi aussi j'allais relever cette phrase.
Tu es un grand bout de femme surprenante Topocl.
Et je note le livre, plutôt deux fois qu'une.

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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Jeu 12 Fév 2015 - 16:34

Une fièvre impossible à négocier



Citation :
Je pense à cette sensation d'être tenue à terre par le pouvoir et l'ordre. Être à genoux sans rien pouvoir y faire ou presque. Je ne veux pas me dire, demain ou plus tard, que je n'ai rien fait.
Je ne veux pas laisser des personnes décider d'en allonger d'autres, étouffées. Alors mon envie se précipite, plus bruyante que la peur des flics, des ennuis potentiels ; il faut que je bouge, rouge, il faut que ça se fasse. Je veux aller un peu plus loin que parler.

C'est encore une fois l' histoire d' une gentille fille, Landra, qui un soir se fait violer dans l'intimité de sa chambre par un jeune homme respectable et tout ce qu'il y a de plus insoupçonnable. Et après, elle ne veut pas mourir, mais elle ne peut plus vivre. Ou en tout cas, vit avec la peur. Et, comme disent les surfeurs, « La peur n'est une émotion comme les autres, il faut l'accepter » . Alors , si Landra cache cette peur intime, elle décide de  hurler une peur plus générale devant notre humanité humiliée, bafouée, violentée par les politiques, les capitalistes,les intégristes de tous poils. Finis les commentaires aux terrasses de bistrot, elle va jouer sa révolte au plus fort, dormant dans des squats, frayant et agissant avec des groupuscules d' extrême gauche. Elle veut que cette fois-ci, son NON soit entendu.

Citation :
Alors que, c'est dommage, il suffit de :
Mettre un poing final dans la figure de la Peur…
Pour réapparaître à soi-même, en entier, rêves compris, tout recousu.
Je suis là.
Terrain d'entraînement : ma Vie


Il faut écouter Lola Lafon, s'attacher à cette jeune femme qui se débat,il faut comprendre sa rage contre un monde manipulé par des mains impitoyables.il faut se demander si, finalement, elle n'a pas raison, s'il n'y a pas que l'action, même  illégale, pour répondre à cette  violence qui domine le monde, s'il ne faudrait pas arrêter de se croiser les bras, de commenter et de juger, arrêter de « négocier », en se réjouissant d'être du bon côté.

Citation :
La résignation est un suicide quotidien.

Elle me remue, cette Lola Lafon. A chaque lecture.
Et elle me fait peur.
Peur qu'elle n'ait que trop raison.

Citation :
«  À Régis, j'écrivis quelques lignes où je précisais que je ne voulais pas entrer dans le vieillissement sans avoir connu le feu d'un combat réel, qu'aucune jeunesse n'avait de sens qui ne risquât de mourir violemment et qu'à ma jeunesse je voulais donner un sens qui ne fût pas de me vautrer dans le plaisir de vivre. » Pierre Goldman, Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France.
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MessageSujet: Re: Lola Lafon   Aujourd'hui à 10:35

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