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 Hugo Hamilton

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Le Bibliomane
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MessageSujet: Hugo Hamilton   Jeu 27 Sep 2007 - 17:10



Hugo Hamilton est né en 1953. Né d'un père irlandais et d'une mère allemande, Hugo Hamilton connaît une enfance difficile. Le nationalisme de son père pèse sur ses épaules et celles de ses frères, et sa violence les pousse vers leur mère, qui les console avec des gâteaux. Cependant, les origines germaniques de celle-ci font de ses enfants la risée des cours des écoles, où les cris de 'nazis' retentissent. Hugo Hamilton est un 'bigarré' entre Irlande et Allemagne, entre rejet et désir d'intégration. C'est ce sentiment qui le pousse à écrire 'Sang impur' en 1953, autobiographie pudique et lucide récompensée en 2004 par le prix Femina étranger. Hugo Hamilton est également journaliste.
(Source Evene)


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)


Romans
Urrogate City (1990) Berlin sous la Baltique - 1992
The Last Shot (1991)
The Love Test (1995)
Dublin Where the Palm Trees Grow (1996)
Headbanger (1996) Déjanté - 2006 Pages 3
Sad Bastard (1998)
Sucking Diesel (2002)
Disguise (2008) Comme personne - 2009 Pages 2,
Hand in the Fire (2010) Je ne suis pas d'ici - 2011 Pages 4

Mémoires
The Speckled People (2003) Sang impur - 2004 Prix femina Pages 1, 2
The Sailor in the Wardrobe (2006) Le marin de Dublin 2007 Pages 1,

Mise à jour le 17/06/2012, page 4
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Jeu 27 Sep 2007 - 17:14

"Sang impur"

C'est dans le Dublin des années 60 que grandit le petit Hugo. Fils d'un farouche nationaliste et d'une allemande antinazie, il nous raconte avec humour, tendresse et nostalgie ses jeunes années, son quotidien, les bons et les mauvais moments qu'il partage avec son grand-frère Franz et sa petite soeur Maria.



Parce qu'ils sont issus de l'union d'un irlandais et d' une allemande, les autre enfants prennent plaisir à les insulter et les brutaliser. Menacés et battus par les bandes de gamins du quartier, ils se font traiter de nazis, son frère est surnommé Hitler et lui Eichmann. A cheval entre-deux cultures, Franz, Hugo et Maria ont bien des difficultés à comprendre qui ils sont, confrontés à l'intolérance des uns et des autres.



« On n'a rien à craindre, dit mon père : nous sommes les nouveaux Irlandais. Pour partie originaires d' Irlande, pour partie d'ailleurs – mi-irlandais, mi-allemands. Nous sommes les gens tachetés, il explique, les brack people, « les bigarrés ». Un mot qui vient de la langue irlandaise, du « gaélique » comme ils l'appellent quelquefois. Mon père a été instituteur à un moment donné, avant de devenir ingénieur, et breac est un mot que les irlandais ont apporté avec eux quand ils sont passés à l'anglais. Ca veut dire tacheté, pommelé, chiné, moucheté, coloré. Une truite est brack, un cheval tacheté aussi. Un barm brack est un pain avec des raisins dedans – un nom emprunté aux mots irlandais bairìn breac. Ainsi, nous sommes les irlandais tachetés, les Irlandais bigarrés. Un pain brack irlandais maison, truffé de raisins allemands. »



Car en sus de l'intolérance dont les autres enfants font preuve à leur égard, ils doivent également subir celle de leur père, fervent nationaliste et dont les convictions anglophobes s'apparentent à du fanatisme. Ainsi les enfants se voient interdire de parler la langue anglaise au sein du foyer et également d'entretenir toute relation de camaraderie avec des enfants de culture anglophone. Chaque manquement à ces règles drastiques leur valent taloches, réprimandes et punitions de la part de leur père. Les seules langues autorisées dans le cercle familial sont le gaélique et l'allemand. Leur nom de famille même n'échappera pas à la règle. Hamilton, traduit en gaélique par la volonté du père, devient alors O'hUrmoltaigh, patronyme imprononçable pour le commun des mortels, source de déboires et de moqueries de la part des irlandais eux-mêmes incapables de prononcer ce nom correctement.


« Un jour au travail, mon père a refusé de répondre à une lettre parce qu'il y avait marqué pour « John Hamilton ». Il l'a renvoyée plusieurs fois de suite, puisque ce n'était pas son nom. Il leur a dit qu'il n'y avait pas de John Hamilton à la Compagnie de l'électricité, la CE de Dublin. Il a fait comme si il y avait eu une grosse erreur et que la lettre était pour quelqu'un d'autre, dans une autre compagnie. Peut-être même dans un autre pays : au Bureau de l'électricité d'Angleterre, d'Amérique ou d'Afrique du Sud peut-être. Ca a causé des tas d'embêtements, cette lettre qui n'a pas arrêté de faire des aller et retour pendant des semaines et des semaines, parce que les habitants de Mullingar, eux, ils ont dû attendre tout ce temps là avant qu'on répare leurs poteaux électriques. Le pays entier pouvait bien être dans le noir : mon père il s'en fichait. Finalement les gens de Mullingar ont retrouvé leur électricité, mais seulement après avoir appris à respecter son nom propre. Mais après ça, le patron de la CE a refusé de donner une promotion à mon père parce que l'irlandais, c'était mauvais pour les affaires. »



Face à ce père autoritaire, buté et quelque peu tyrannique, dont les échecs professionnels se succèdent à répétition, les enfants n'ont d'autre recours que celui de leur mère, une femme douce et aimante dotée d'un incomparable sens de l'humour.

Ayant échappé de peu à la barbarie nazie à cause de ses convictions humanistes, ainsi qu'à la tourmente de la fin du Troisième Reich, c'est après la guerre, lors d'un pélerinage en Irlande qu'elle rencontre et plus tard épouse John Hamilton.


Femme de caractère, enjouée et débordante de tendresse envers ses enfants, elle assume au foyer le rôle de contre-pouvoir face à son mari enfermé dans le carcan rigide de son idéologie nationaliste. C'est auprès d'elle que les enfants trouvent le réconfort lorsqu'elle leur raconte l'histoire de sa vie et qu'ils découvrent les menus plaisirs de la vie quand, par exemple, elle cuisine à leur intention des gâteaux dans la confection desquels ressort toute l'affection qu'elle porte aux siens.



« D'abord, vous mélangez le beurre et le sucre. Vous devez tourner fort, ma mère explique, mais ensuite il faut y aller tout doux parce qu'on ne veut pas faire un gâteau malheureux. Si vous êtes en colère quand vous faites un gâteau, il n'aura le goût de rien. Vous devez traiter les ingrédients avec respect et avec affection. On soulève le mélange et on y glisse l'oeuf battu comme une lettre d'amour dans une enveloppe, elle dit en riant fort. On laisse entrer des baisers d'air dans la farine et on tourne dans un seul sens, sinon les gens sentiront le goût du doute. Et quand on verse le mélange dans le moule, on met un bout de papier brun tout autour et un autre à plat dessus pour faire un chapeau qui empêchera le gâteau de brûler. Et une fois que la lettre est postée et le gâteau au four, il faut rester très tranquille et attendre. Il ne faut pas courir dans la maison en criant et en claquant les portes. Il ne faut pas se disputer et dire des méchantes choses sur les autres. On chuchote, on fait des signes de tête, on marche sur la pointe des pieds à la cuisine. »



« Sang impur », ce roman autobiographique simple et beau, empreint de drôlerie, de sensibilité et de nostalgie, a été récompensé en France en 2004 par le Prix Femina du roman étranger. Le deuxième volet « Le Marin de Dublin » (également édité chez Phébus) a reçu le Prix 2007 fiction lors du 9ème Festival du Livre Insulaire d'Ouessant.

Avec ces deux romans qui nous dépeignent une Irlande bien éloignée des clichés conventionnels, Hugo Hamilton se place parmi les plus grands auteurs irlandais contemporains.
Joseph O' Connor, dans la préface qu'il consacre à ce livre, dit de lui : « Hugo Hamilton est le plus grand auteur irlandais dont vous n'avez pas encore entendu parler ».
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Queenie
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Ven 28 Sep 2007 - 11:41

c'est intéressant comme j'ai l'impression que depuis quelques années, les allemands prennent la parole pour dire qu'ils ne sont pas tous nazis. C'est une belle avancée dans leur déculpabilisation et dans la destruction du bouc émissaire (on l'a vu grâce à des films comme Sophie Scholl, la vie des autres).
En littérature il y a également Cochon d'Allemand, une histoire qui se rapproche beaucoup de celle de Sang Impur :

Citation :
Que signifie être allemande dans une petite ville danoise, quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Que ressent-on quand on se fait traiter de "cochon d'Allemand" à chaque récréation ? Quand on est témoin de l'ostracisme permanent à l'égard de sa mère ? Pour avoir été ce "cochon d'Allemand" à Nykobing Falster où il est né en 1960, KNUD ROMER le sait. À partir de ses souvenirs, il compose un récit déchirant sur l'enfance réduite malgré elle à se fondre dans un conformisme de survie. En évoquant sa famille, l'auteur dresse une galerie de portraits pathétiques et nous fait remonter dans le temps : le roman autobiographique se transforme en une fresque historique, celle du Danemark et de l'Allemagne au cours du XXe siècle. Lauréat en 2006 de nombreux prix, Cochon d'Allemand dépeint dans un style dense et enlevé une époque teintée de rancœur et de culpabilité.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Dim 30 Sep 2007 - 20:48

Merci d'avoir ouvert ce fil.

Ce livre est d'une écriture succulente.

j'ai hâte de lire un autre livre de cet auteur.

à bientôt
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Ven 19 Oct 2007 - 12:10

j'ai terminé "le marin de Dublin".

Toujours autobiographique, mais l'histoire est plus centrée sur Hugo jeune que sur sa Famille même si en fin de livre nous apprenons que le Nationalisme de son Père s'est édulcoré.

à bientôt
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Sahkti
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Mar 27 Nov 2007 - 8:56

Le marin de Dublin

Roman autobiographique ou autobiographie romancée... Hugo Hamilton poursuit l'exploration de la mémoire et du passé avec ce "Marin de Dublin". On sent l'auteur partagé entre le besoin de se souvenir et celui d'oublier. Ce qui peut ressembler à un paradoxe devient le leitmotiv d'une quête de soi-même et d'une construction d'une personnalité propre, indépendante de l'Histoire, d'une famille, d'un pays.
Une recherche d'identité qui passe par les petites histoires de la vie, celles qui sont influencées par la grande. La bêtise humaine engendre les pires conflits, Hamilton en sait quelque chose, il n'en a pas fini avec ça.
Une proximité entre l'auteur et son sujet qui permet au lecteur d'entrer en possession de très beaux passages sur la pêche, sur l'enfance, sur l'Irlande, sur le poids des mots. Et de se faire une petite place au milieu d'une certaine cacophonie: le fil conducteur de ce roman est parfois ténu et il progresse par à coups, à l'image certainement des émotions ressenties par Hamilton en écrivant et en se souvenant.
J'ai particulièrement apprécié toutes les contradictions soulevées dans les personnages de Hamilton, leur combat permanent contre cela, cette sensation d'être constamment déchiré. Sans jamais arriver à trouver l'apaisement. La quête sera-t-elle éternelle?
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Sahkti
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Mar 27 Nov 2007 - 8:57

Sang impur

Quel texte fort et émouvant que celui-ci. Un homme qui se raconte et partage son déchirement entre les batailles menées par son père irlandais et les silences consentis par sa mère allemande.
Racines doubles dans un pays tiers que Hugo Hamilton narre avec humour, tendresse mais aussi amertume, on devine la souffrance derrière tout cela.

Son père est un obsédé du verbe, rien ne peut se dire en anglais, tout doit s'exprimer en irlandais pure souche (le gaélique) ou en allemand sous peine de brimades et de gifles. Apprentissage violent étalé dans ces pages qui transpirent la colère. Comment pourrait-il en être autrement? Comment, même en comprenant le désir profond de ce père tyrannique, accepter les violences subies par sa famille au nom d'un idéal linguistique et personnel?

Face à ce père par moments complètement fou s'oppose le mutisme désabusé d'une mère débarquée d'Allemagne, un pays qu'on ne dissocie pas du nazisme. Lourd fardeau pour Hugo Hamilton qui rend à travers ses belles lignes un vibrant homme à cette femme qui a tenté du mieux qu'elle pouvait de le combler d'amour.

Je me suis sentie complètement envahie par ces lignes, par cette révolte contre l'ennemi impérialiste dont la langue est bannie à table, par cet amour de la patrie irlandaise qui conduit à tous les extrémismes, par l'idéal d'un homme qui sacrifie le bonheur des siens au nom d'une cause... Oui, tout cela est fort, très fort, comme un hommage à des parents restés jusqu'au bout fidèles à eux-mêmes et à leurs espoirs enfouis.
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Dim 2 Nov 2008 - 8:07

Une enfance à Berlin,non,à Dublin (note ancienne)

Retour en Irlande:voici Hugo Hamilton qui vient de sortir en France Dejanté,un thriller chaudement recommandé par la revue Lire:une référence que j'espère découvrir vite.Mais aujourd'hui je vous propose Sang impur,prix Fémina 2004,qui raconte une enfance à Dublin,comme beaucoup d'autres auteurs irlandais dont il semble que le récit d'enfance soit un passage obligé. Mais il n'y a là rien de typiquement irlandais.

De mère allemande d'une famille antinazie mais que les braves autochtones traitent d'hitlérienne en un magnifique réflexe xénophobe,Hugo Hamilton raconte sa drôle de famille où,accessoirement,le père,tellement pur et dur nationaliste qu'il interdit sous son toit les mots anglais, a la main et la baguette facile pour élever ses enfants.Où l'on en viendrait presque pour certain à préférer la poigne du moustachu du moment qu'il cogne fort sur les Anglais.

Après Roddy Doyle(voir note ancienne),Joseph O'Connor,Colum McCann sans remonter à la figure tutélaire de la littérature irlandaise(James Joyce,Portrait de l'artiste en jeune homme) Hugo Hamilton se penche surtout sur ces liens inextricables entre l'Angleterre et L'Irlande qui s'en veulent tant depuis 8 siècles environ,ennemis intimes et inséparables.(chez Phébus)
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Dim 9 Nov 2008 - 1:31

Le début de Sang impur de Hugo Hamilton :

Quand on est petit, on ne sait rien.
Quand j'étais petit, je me suis réveillé en Allemagne.
J'ai entendu des cloches, je me suis frotté les yeux et j'ai vu le vent qui gonflait les rideaux comme un gros ventre. Et puis, je me suis levé, j'ai regardé par la fenêtre et j'ai vu l'Irlande. Après le petit déjeuner, on est tous sortis dehors en Irlande et on est allés à la messe à pied. Après la messe, on est descendus au grand parc vert au bord de la mer, parce que je voulais montrer à ma mère et à mon père que je pouvais me tenir debout sur le ballon et compter jusqu'à trois avant que la balle gicle de sous mes pieds. Je courais après mais je ne voyais rien avec le soleil dans les yeux et je suis tombé sur un homme couché dans l'herbe, la bouche ouverte. Il s'est redressé tout d'un coup en criant : "Crénom de Dieu !" Il m'a dit qu'à l'avenir il fallait regarder où j'allais. Alors, je me suis vite relevé et j'ai filé rejoindre ma mère et mon père.

Je leur ai raconté que le monsieur avait dit "Crénom de Dieu !" mais ils avaient tous les deux le dos tourné et ils riaient en regardant la mer, comme s'ils se moquaient d'elle. Mon père riait et clignait les yeux derrière ses lunettes, ma mère avait la main sur la bouche et elle riait en regardant la mer, elle riait tellement qu'elle en avait les larmes aux yeux et j'ai pensé : peut-être qu'elle ne rit pas du tout ou qu'elle pleure.
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Mar 11 Nov 2008 - 16:57

Sang impur,

Il y a vraiment de beaux passages et j'aime beaucoup ce livre que j'ai déjà envie de relire avant de l'avoir terminé (ça craint ! Very Happy ). Je vais mettre des passages que j'ai aimés sur le fil.
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Mer 12 Nov 2008 - 8:11

D'abord, vous mélangez le beurre et le sucre. Vous devez tourner fort, ma mère explique, mais ensuite il faut y aller tout doux parce qu'on ne veut pas faire un gâteau malheureux. Si vous êtes en colère quand vous faites un gâteau, il n'aura le goût de rien. Vous devez traiter les ingrédients avec respect et avec affection. On soulève le mélange et on y glisse l'oeuf battu comme une lettre d'amour dans une enveloppe, elle dit en riant fort. On laisse entrer des baisers d'air dans la farine et on tourne dans un seul sens, sinon les gens sentiront le goût du doute. Et quand on verse le mélange dans le moule, on met un bout de papier brun tout autour et un autre à plat dessus, pour faire un chapeau qui empêchera le gâteau de brûler. Et une fois que la lettre est postée et le gâteau au four, il faut rester très tranquille et attendre. Il ne faut pas courir dans la maison en criant et en claquant les portes. Il ne faut pas se disputer et dire des méchantes choses sur les autres. On chuchote, on fait des signes de la tête, on marche sur la pointe des pieds à la cuisine.

Sang impur de Hugo Hamilton
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Mar 18 Nov 2008 - 23:26

Comme j'ai beaucoup aimé ce livre, je vais faire un post, c'est sûr.
Puis vais vous mettre d'autres extraits.
Un autre coup de coeur, donc !
Envie de lire un autre Hamilton dès que possible.
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Ven 21 Nov 2008 - 15:52

Mimi Sang impur m'avait beaucoup plu aussi.
Le marin de Dublin est bien, mais m'a moins emballée que le premier j'avais l'impression de redites.

tu nous diras si tu en lis un autre non autobiographique.

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Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Sam 22 Nov 2008 - 23:12

Oui Bedou. Je ne sais pas ce qu'il a écrit d'autres. Le marin de Dublin est la suite de Sang Impur.


Alors, ce livre, c'est... oui, autobiographique. C'est un petit garçon qui raconte et qui nous parle de son enfance et de sa famille. Et c'est justement ces paroles d'enfant qui rendent ce livre si attachant.

La cellule familiale est chaleureuse, malgré le père dont l'éducation est très stricte et même brutale. La mère est admirable. Cette famille serait beaucoup plus heureuse si elle n'était marquée par l'histoire des parents. La mère a su faire abstraction de ses traumatismes pour ne pas en faire porter le poids à ses enfants et préserver leur part d'insouciance. C'est une mère courage qui garde pour elle ce qu'elle ne s'autorise pas à dire et qui ne trouve sa place que dans le silence et son journal intime.
Le père, par conviction politique, oblige les enfants à se singulariser car il le dit lui-même : "les enfants sont une arme".

Pourtant, singuliers, ils le sont déjà du fait de leurs origines mi-allemande, mi-irlandaise, ce qui n'est pas si simple au sortir de la guerre. D'autant qu'à la maison, on ne parle pas la langue du dehors. Seuls le Gaélique et l'Allemand sont admis. Et les mots, les autres, ceux du dehors et des copains potentiels sont bannis. ça limite !

Hamilton nous donne de belles pages à lire. La difficulté des enfants à se créer une identité et une personnalité au-dela de ce que l'adulte transmet est évoqué avec toujours cette tendresse propre à Hamilton.
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MessageSujet: Re: Hugo Hamilton   Sam 22 Nov 2008 - 23:21

Extraits de Sang impur de Hamilton :

"Quand on est petit, on est comme une feuille de papier vierge sans rien de marqué dessus. Mon père écrit son nom en irlandais, ma mère écrit le sien en allemand et il reste un blanc pour tous les gens dehors, qui parlent anglais. Nous, on est "spéciaux", parce qu'on parle irlandais et allemand et qu'on aime l'odeur de ces vêtement neufs (il parle des Lederhosen, pantalon de cuir allemand). Ma mère a l'impression de se retrouver au pays. Mon père dit : votre langue, c'est votre maison. Votre pays, c'est votre langue. Et votre langue, c'est votre drapeau.
Mais nous, on n'a pas envie d'être spéciaux. Là dehors, en Irlande, nous, on veut être comme tout le monde, pas un "parle-irlandais", pas un Allemand, ni un Boche ni un nazi. On nous appelle les "frères nazis" sur le chemin des magasins. On est coupables, il paraît, alors je rentre chez moi dire à ma mère que je n'ai rien fait. Mais elle secoue la tête : "Non, tu ne peux pas l'affirmer. Tu ne peux rien nier, tu ne peux pas contre-attaquer, tu ne peux pas te prétendre innocent. Ce n'est pas important de gagner." Elle nous apprend à céder, à passer devant eux et à les ignorer.
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