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 Emmanuel Carrère

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MartineR
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Lun 16 Jan 2012 - 10:36

Limonov: est-ce le sujet?? un des sujets mais le principal est l'Histoire de l'URSS depuis les années 40 jusqu'à 2009...E Carrère y convie aussi sa mère!!!!

Je crois que le parallèle entre Poutine & limonov explique beaucoup sur les soviétiques & ce dont ils ont pu << survivre >> sous le joug de leur Etat

Un livre inclassable qui nous fait revivre le grand chaos de l'histoire de la seconde moitié du XX° siècle.


bravo bravo bravo


Dernière édition par MartineR le Lun 16 Jan 2012 - 20:56, édité 1 fois
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Babelle
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Lun 16 Jan 2012 - 18:02

topocl a écrit:
Carrère s'introduit lui-même dans la construction de son propre récit. Heureusement d'ailleurs qu'il ne se limite pas à la biographie tant j'ai plus apprécié les autres aspects du roman.
Oui et c'est un soulagement qu'il s'y introduise, lui qui semble plutôt modéré en général. J'apprécie de voir évoquer le travail d'Hélène Carrère d'Encausse et Carrere semble raconter les frasques de Limonov -qu'il aperçoit d'abord de loin dès les années 80 en France, dont il va lire les auto fictions new-yorkaises puis qu'il approche de près pour cette "enquête", avec le recul que ça nécessite.
Je n'ai pas terminé ma lecture : Limonov, de retour en Russie, fait preuve d'empathie avec une dame pipi d'un hôtel réservé aux apparatchiks (lui offrant un pourboire bien généreux) mais il ne tarde pas à arriver dans l'ancienne Yougoslavie. Vukovar, Sarajevo, 1991-1992.
Les chemins que suit Limonov ne sont-ils pas finalement une suite de hasard -hasard de ses rencontres, de ses déceptions et de ses échecs, comme s'il ne savait pas trop où s'accrocher idéologiquement?
Spoiler:
 
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traversay
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Lun 16 Jan 2012 - 18:45

Babelle a écrit:

Spoiler:
 

Si, mais complexe. L'épisode yougoslave est épouvantable.
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Lun 16 Jan 2012 - 20:55

traversay a écrit:
Babelle a écrit:

Spoiler:
 

Si, mais complexe. L'épisode yougoslave est épouvantable.
Je le vois surtout comme un vulgaire opportuniste. Rien ne me fascine dans ce personnage en tout cas.
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odrey
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Lun 16 Jan 2012 - 23:02

Non Limonov n'est pas fascinant mais comme le dit Traversay, il est complexe. C'est cette complexité qui rend le roman si intéressant, celle de Limonov et celle de l'histoire de son pays. J'avais beaucoup aimé cette lecture.
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 17 Jan 2012 - 8:58

Il est complexe, oui sans doute, mais comme nous tous dans le fond. Ce qui le distingue est son parcours et cette intrication entre le fil d'une vie tortueuse et celle d'un état qui a connu d'énormes bouleversements en si peu de temps. Voilà bien tout le sel du récit. Mais j'ai eu du mal à comprendre (dans le sens adhérer à) la fascination de l'auteur pour un tel personnage, car Emmanuel Carrère est fasciné par Limonov, sans conteste, et ce malgré les précautions qu'il prend pour essayer de nous faire croire le contraire. Et j'ai eu du mal avec cet aspect là du roman.
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MartineR
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 17 Jan 2012 - 10:20

sentinelle a écrit:
Il est complexe, oui sans doute, mais comme nous tous dans le fond. Ce qui le distingue est son parcours et cette intrication entre le fil d'une vie tortueuse et celle d'un état qui a connu d'énormes bouleversements en si peu de temps. Voilà bien tout le sel du récit. Mais j'ai eu du mal à comprendre (dans le sens adhérer à) la fascination de l'auteur pour un tel personnage, car Emmanuel Carrère est fasciné par Limonov, sans conteste, et ce malgré les précautions qu'il prend pour essayer de nous faire croire le contraire. Et j'ai eu du mal avec cet aspect là du roman.


Je pense qu'il était fasciné avant d'écrire mais petit à petit il est plus objectif... Par contre il est vraiment intéressant dans sa vision de l'imbrication de l'état soviétique sur le personnage..
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topocl
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 17 Jan 2012 - 11:31

Je pense de façon générale Carrere est fasciné par les gens qui font des choses que lui ne fait pas . Par exemple Roman dans l'adversaire, sa belle-soeur juge dans D'autres vies que la mienne, et ici Limonov
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 17 Jan 2012 - 11:33

Il y a sans doute de cela. J'ai l'impression qu'il est fasciné par ce gars qui a osé faire tout ce qu'il n'oserait jamais faire dans la vie, fasciné par le côté "bad boy" de Limonov tout simplement, d'où tous ces détails crus et sans intérêts concernant la vie privée de Limonov dont je me serais bien passée tant je les trouvais creux et ennuyeux.
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shanidar
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 31 Jan 2012 - 11:35

Limonov

Lire ce livre c'est un peu comme feuilleter un Gala dans la salle d'attente avant un rendez-vous chez le médecin, on y trouve des noms connus : Henry Miller, Jack London, T.S. Eliot et puis des gens proches de l'auteur : mon ami Jean Rolin, mon presque ami Jean Echenoz, mon meilleur ami Hervé Clerc... ensuite on passe à la page des confidences, celles qui peuvent être très intimes, très touchantes : vernissages, cocktails d'éditeurs, soirées au Palace puis aux Bains-Douches. Moi, je n'appartenais pas à cette tribu que je feignais de dédaigner et qui en fait m'intimidait. C'est triste à dire mais je ne suis jamais allé au Palace. (p.229)

J'ai toujours trouvé Carrère prétentieux, nombriliste et imbuvable, je retrouve cette prétention, ce dénigrement de soi, cet apitoiement qui ne fait pas de la bonne littérature.

Et puisque je parle de littérature, je suis attérée par le manque de style de Carrère, par cette absence totale de patte qui caractérise un auteur, il le dit d'ailleurs : Je ne sais trop que penser de cette impertinence, pour une raison que l'heure est sans doute venue d'avouer : c'est que je suis complètement bouché à la poésie. On peut être insensible à la poésie mais de là à écrire aussi mal, c'est tout de même faire injure à la littérature, à l'acte même d'écrire. Ce n'est pas une question de vulgarité mais de... relâchement, de paresse. L'absence de sensibilité ne peut rendre le texte que particulièrement insipide, fadasse, sans relief.

Passons au sujet du livre : Limonov. L'un des défauts que je déteste le plus chez un homme est l'envie et j'ai bien l'impression que Carrère a choisi Limonov parce qu'il l'envie (comme le dit sentinelle, Limonov fait ce que Carrère n'ose pas faire, ne peut pas être... je ne crois pas qu'il s'agisse entre eux de fascination, Limonov a des côtés trop extrémistes pour le faible Carrère mais d'envie). Carrère est un garçon né avec une cuillère remplie de caviar dans la bouche, il a vécu à Paris, dans le XVIème, a fait des études dans un grand lycée, les a poursuivies à Sciences Po, il est issu d'un milieu bourgeois, il n'a pas eu à se battre comme son héros, il n'a pas eu à dormir sous les ponts, il n'a pas connu la faim, ni la prison, ni la servitude volontaire et il envie Limonov d'être issu d'un milieu ouvrier (tout comme Werner Herzog auquel il voue une grande admiration parce qu'il travaillait dans une usine pour pouvoir financer ses films), il envie Limonov d'être un ivrogne sublime, un prolo à grosse bite, un type avec une vie passionnante. L'envie s'arrête au moment du passage à l'action, quand Limonov prend une arme pour tirer sur une ville assiégée, Carrère se désolidarise, ou en tout cas ne peut s'empêcher de porter un jugement, mais c'est justement avec ce passage à l'acte que Limonov prend une véritable dimension. Il manque à Carrère l'audace de Limonov, il lui manque la rage, l'absence de honte, l'ambition démesurée, l'orgueil du fou ailé qui veut être un héros et qui le devient, parce qu'il a dû manger sa merde, parce qu'au fond ce type est un type 'bien', solide, fidèle, tendu.

J'avoue tout de même que la seconde partie du livre (à partir du moment où Limonov revient en Russie et crée le parti national-bolchévik) m'a beaucoup intéressée. Loin des débuts 'people' ou des expériences sexuelles de son héros (qu'il fallait raconter, c'est indéniable mais peut-être eut-il été habile d'y mettre un peu moins d'encre), Limonov prend un relief passionnant parce qu'il devient un symptôme, celui de la résurgence de vieux démons nationalistes et communistes (en n'oubliant pas que le Front National a absorbé une part des votes ouvriers réservée à l'extrème gauche).

Reste une question importante : jusqu'à quel point Carrère a-t-il recopié, réécrit, remis en forme les textes des autres, et en premier lieu de Limonov lui-même ? et pour parler de ceux cités, de sa mère (d'Encausse), de ses 'amis' (Rolin, Hatzfeld...) et de ceux qui ne sont pas nommés. Je pense en particulier à Hélène Blanc, spécialiste de la Russie, qui a écrit beaucoup d'essais sur le FSB, sur le système Poutine et sur les oligarques, on retrouve trait pour trait dans ses livres ce que nous rappelle Carrère à propos des agissements de Berezovski, de l'arrivée au pouvoir de Poutine, la fin du communisme, Gorbatchev, Eltsine et tous les autres... Troublant.

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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 31 Jan 2012 - 12:05

Je suis allée l'écouter hier.....
Je n'étais pas paeticulièrement attirée par Limonov, mais des amies m'en disaient le plus grand bien. Et Hier, il m'a convaincue.

Je l'ai trouvé très au fait de ce qu'il disait, à la fois sérieux, et décontracté ; pas bêcheur du tout.
Il a insisté sur l'impact qu'avait eu un roman russe sur lui et sa relation à sa mère, sur le danger qu'il avait couru en le publiant contre la volonté de sa mère, et la nécessité pour lui de le faire.
Il a aussi beaucoup parlé de Limonvov, et a bien amené ce qui l’avait poussé à écrire à son sujet.
Il a également parler de son passage de la fiction pure, à ses sujets plus réels.

Un moment passionnant. Dès que le lien vers la conférence sera en ligne,je vous le mettrai
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 31 Jan 2012 - 12:11

Carrère a très bien construit son roman (de manière simple, chronologique, avec de temps en temps des rappels historiques bienvenus et des précisions utiles sur des évènements de la vie russe), quel dommage qu'il ne fasse pas un tout petit peu plus d'effort sur le style...

en tout cas, il m'a donné envie de lire E. Limonov...

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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 31 Jan 2012 - 13:08

Shanidar, merci pour ton commentaire brillantissime.
Dieu sait que j’ai aimé Limonov, et je ne veux en aucun cas me déjuger, mais en même temps j’adhère à tout ce que tu dis. Seulement j’ai une faible pour les faibles ( !), j’aime donc Carrère comme un grand frère maladroit, et j’aime donc ses livres. En tout cas, dans son étalage de défauts, je le crois fondamentalement sincère (et Mimi semble le confirmer)
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 31 Jan 2012 - 13:13

Il avoue en effet être fasciné par le personnage, mais absolument pas en phase avec ses conceptions, et ne le porte pas aux nues.
C'est pour lui, un personnage haut en couleur, un personnage de roman tout simplement.
Il a bien reconnu avoir laissé son livre en friche à partir du moment où son personnage lui était détestable
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MessageSujet: Re: Emmanuel Carrère   Mar 31 Jan 2012 - 14:13

shanidar a écrit:
Limonov

Et puisque je parle de littérature, je suis attérée par le manque de style de Carrère, par cette absence totale de patte qui caractérise un auteur, il le dit d'ailleurs : Je ne sais trop que penser de cette impertinence, pour une raison que l'heure est sans doute venue d'avouer : c'est que je suis complètement bouché à la poésie. On peut être insensible à la poésie mais de là à écrire aussi mal, c'est tout de même faire injure à la littérature, à l'acte même d'écrire. Ce n'est pas une question de vulgarité mais de... relâchement, de paresse. L'absence de sensibilité ne peut rendre le texte que particulièrement insipide, fadasse, sans relief.

C'est ce genre de constat pour moi aussi dans ce que j'ai lu de lui. La chose la plus importante pour moi dans un livre, ce n'est pas le sujet, le point de vue de l'auteur, ni sa personnalité, mais l'écriture. Et avec Carrère j'ai eu la sensation d'être non pas face à un écrivain, mais à un écrivant, sans véritable capacité à transmuter par les mots. Et je m'ennuie très vite dans ce cas, préfère passer à autre chose.

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La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
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