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 Henry James

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Henry James   Sam 14 Juil 2007 - 21:51


(portrait peint par Sargent)
 
Source WIKIPEDIA:
 
Henry James naît à New York le 15 avril 1843, second des cinq enfants (William, né en 1842, Garth Wilkinson, né en 1845, Robertson, né en 1846, et Alice née en 1848) d'Henry James senior et de Mary Robertson Walsh. La fortune acquise par son grand-père, émigré irlandais arrivé aux États-Unis en 1789, avait mis la famille à l'abri des servitudes de la vie quotidienne. Son frère aîné, William James, deviendra professeur à Harvard et se fera connaître pour sa philosophie pragmatiste. Malgré des liens solides avec Henry, la rivalité entre les deux frères créa toujours des conflits psychiques latents.
 
Après un séjour de cinq ans en Europe, la famille s'établit, en 1860, en Nouvelle-Angleterre où elle demeura pendant la guerre civile. En septembre 1862, Henry James s'inscrit à la faculté de droit de Harvard, rapidement abandonnée face au désir d'être « tout simplement littéraire ». En 1864, il publie anonymement sa première nouvelle, ainsi que des comptes-rendus critiques destinés à des revues. The story of a Year, sa première nouvelle signée, paraît dans le numéro de mars 1865 de l'Atlantic Monthly.
 
De février 1869 au printemps 1870, James voyage en Europe, d'abord en Angleterre, puis en France, en Suisse et en Italie. De retour à Cambridge, il publie son premier roman Watch and Ward (Le regard aux aguets). De mai 1872 à mars 1874, il accompagne sa sœur Alice et sa tante en Europe où il écrit des comptes rendus de voyage pour The Nation. Il commence à Rome l'écriture de son deuxième roman Roderick Hudson, publié à partir de janvier 1875 dans l'Atlantic Monthly, qui inaugure le thème « international » de la confrontations des cultures d'une Europe raffinée et souvent amorale et d'une Amérique plus fruste, mais plus droite.
 
Après quelques mois à New York, il s'embarque à nouveau pour l'Europe le 20 octobre 1875. Après un séjour à Paris, où il se lie d'amitié avec Tourgueniev et rencontre Flaubert, Zola, Maupassant et Daudet, il s'installe, en juillet 1876, à Londres. Les cinq années qu'il y passe seront fécondes : outre de nombreuses nouvelles, il publie The American (1877), The Europeans (1878), un essai sur les poètes et romanciers français (French Poets and Novelists, 1878)... Daisy Miller, publié en 1878, lui vaut la renommée des deux côtés de l'atlantique. Après Washington Square (1880), The Portrait of a Lady est souvent considéré comme une conclusion magistrale de la première manière de James.
 
Sa mère décède en janvier 1882, alors que James séjourne à Washington. Il revient à Londres en mai et effectue un voyage en France (d'où naîtra, sous le titre A Little Tour in France, un petit guide qui servira à plusieurs générations de voyageurs dans les régions de la Loire et du Midi). Il rentre de façon précipitée aux États-Unis où son père meurt le 18 décembre, avant son arrivée. Il revient à Londres au printemps 1883. En 1884, sa sœur Alice, névrotique, le rejoint à Londres où elle décèdera le 6 mars 1892.
 
En 1886, il publie deux romans, The Bostonians (Les Bostoniennes) et The Princess Casamassima, qui associent à des thèmes politiques et sociaux (féminisme et anarchisme) la recherche d'une identité personnelle. Suivirent deux courts romans en 1887, The Reverberator et The Aspern Papers (Les papiers de Jeffrey Aspern), puis The Tragic Muse en 1888.
 
Bien que devenu un auteur au talent reconnu, les revenus de ses livres restaient modestes. Il décide alors, dans l'espoir d'un succès plus important, de se consacrer au théâtre. En 1891, une version dramatique de The American rencontre un petit succès en province, mais reçoit un accueil plus mitigé à Londres. Il écrira ensuite plusieurs pièces qui ne seront pas montées. En 1895, la première de Guy Domville finit dans le désordre et les huées.
 
Après cet échec, il revient au roman, mais en y appliquant, peu à peu, les nouvelles compétences techniques acquises au cours de sa courte carrière dramatique. En 1897, il publie The Spoils of Poynton (Les dépouilles de Poyton) et What Maisie Knew (Ce que savait Maisie). Puis viennent les derniers grands romans: The Wings of the Dove (1902), The Ambassadors (1903) et The Golden Bowl (1904).
 
En 1903, James a soixante ans et un « mal du pays passionné » l'envahit. Le 30 août 1904, il débarque à New York, pour la première fois depuis vingt ans. Il quitte les États-Unis le 5 juillet 1905, après avoir donné de nombreuses conférences à travers tout le pays. Ses impressions seront réunies dans un volume intitulé The American Scene.
 
Avant son retour en Angleterre, il met au point, avec les Éditions Scribner, le projet d'une édition définitive de ses écrits, The Novels and Tales of Henry James, New York Edition, qui comportera, à terme, vingt-six volumes. Entre 1906 et 1909, il travaille à l'établissement des textes, n'hésitant pas à apporter des corrections significatives à ses œuvres les plus anciennes, et rédige dix-huit préfaces qui donnent des vues pénétrantes sur la genèse des ses œuvres et ses théories littéraires. Le manque de succès de cette entreprise l'affecte durablement.
 
En 1915, déçu par l'attitude des États-Unis face à la guerre qui fait rage sur le continent, il demande et obtient la nationalité britannique. Il a une attaque cardiaque le 2 décembre, suivie d'une seconde le 13. Il reçoit l'ordre du Mérite le jour de l'an 1916 et meurt le 28 février.
 
 
Bibliographie
 
Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
 

Romans
   1871 : Le Regard aux aguets,
   1876 : Roderick Hudson,Page  17
   1877 : L'Américain,  Page 15
   1878 : Les Européens, Page 1, 17
   1879 : Confiance,
   1880 : Washington Square Pages 1, 10,
   1881 : Portrait de femme Pages 7, 12,
   1886 : Les Bostoniennes Page 17
   1886 : La Princesse Casamassima
   1888 : Reverberator Pages 12, 14,
   1890 : La Muse tragique
   1896 : L'Autre maison Page 3,
   1897 : Les Dépouilles de Poynton, Page 13,
   1897 : Ce que savait Maisie
   1899 : L'Âge difficile
   1901 : La Source sacrée
   1902 : Les Ailes de la Colombe
   1903 : Les Ambassadeurs Page 8
   1904 : La Coupe d'or
   1908 : The Whole Family (roman en collaboration avec onze autres auteurs)
   1911 : Le Tollé
   1917 : La Tour d'ivoire (inachevé, publié à titre posthume)
   1917 : Le Sens du passé (inachevé, publié à titre posthume)
 
Nouvelles
   1864 : Une tragédie de l'erreur Page 6,
   1865 : L'Histoire d'une année  Page 10
   1866 : Un Paysagiste
   1866 : Un jour béni
   1867 : Mon ami Bingham
   1867 : Pauvre Richard  
   1868 : L'Histoire d'un chef-d'œuvre
   1868 : Le Roman de certains vieux vêtements
   1868 : Un cas fort extraordinaire
   1868 : Un Problème
   1868 : De Grey: une romance
   1868 : La Vengeance d'Osborne
   1869 : Un Homme léger
   1869 : Gabrielle de Bergerac Page 7,
   1870 : Compagnons de voyage Page 7,
   1871 : Un Pèlerin passionné, Page 11,
   1871 : Autour d'Isella Page 7,
   1871 : Maître Eustache
   1872 : La Confession de Guest
   1873 : La Madone de l'Avenir Page 10,
   1873 : La Maîtresse de M. Briseux
   1874 : Le Dernier des Valerii
   1874 : Madame de Mauves Page 7,
   1874 : Adina Page 8
   1874 : Le Professeur Fargo Page 10
   1874 : Eugene Pickering Page 12,
   1875 : Benvolio Page 11
   1876 : La Cohérence de Crawford
   1876 : La Redevance du Fantôme, aussi connue sous le titre Le Fantôme locataire Page 3,
   1877 : Quatre Rencontres Page 7,
   1878 : Rose-Agathe Page 7,
   1878 : Daisy Miller Page 1,
   1878 : Le Mariage de Longstaff
   1879 : Un épisode international Page 11,
   1879 : La Pension Beaurepas, Page 13
   1879 : Journal d'un homme de cinquante ans, aussi connue sous le titre Retour à Florence
   1879 : Une Liasse de lettres, Page 13
   1882 : Le Point de vue,  Page  13,
   1883 : Le Siège de Londres Page 11,
   1883 : Les Impressions d'une cousine
   1884 : Lady Barberina Page 11,
   1884 : L'Auteur de «Beltraffio»
   1884 : Pandora
   1884 : Les Raisons de Georgina
   1884 : Un Hiver en Nouvelle-Angleterre,  Page 11
   1884 : Le Sentier du devoir
   1887 : Mrs Temperly (aussi connue sour le titre Cousin Maria) Page 7,
   1888 : Louise Pallant
   1888 : Les Papiers d'Aspern, Pages 1, 7,
   1888 : Le Menteur
   1888 : L'Avertissement moderne Page 14
   1888 : Une vie à Londres, Page 12,
   1888 : La Leçon du maître Page 15
   1888 : Le «Patagonia» Page 11
   1889 : La Solution Page 10
   1891 : L'Élève Page 5, 9
   1891 : Brooksmith,  Page 14
   1891 : Les Mariages Page 13
   1891 : Le Chaperon
   1891 : Sir Edmund Orme
   1892 : Nona Vincent Page 15
   1892 : La Chose authentique
   1892 : Le Vie privée Page 3,
   1892 : Lord Beaupré
   1892 : Les Visites
   1892 : Sir Dominick Ferrand Page 15
   1892 : Greville Fane Page 15
   1892 : Collaboration
   1892 : Owen Wingrave
   1893 : La Roue du temps
   1893 : Entre deux âges Page 15, 16
   1894 : La Mort du lion Page 15
   1894 : Le Fonds Coxon Page 15
   1895 : L'Autel des morts Page 10
   1895 : La Prochaine fois Page 16
   1896 : Le Motif dans le tapis Page 9, 16, 17
   1896 : Les Lunettes
   1896 : Les Amis des amis (nouvelle remaniée à partir de The Way it Came, traduit sous le titre L'Origine de la Chose)
   1898 : Jean Delavoy
   1898 : Le Tour d'écrou Pages 4, 5,
   1898 : Dans la cage Pages 10, 15
   1898 : Covering End
   1899 : Le Cas donné
   1899 : La grande Condition Page 6,
   1899 : L'«Europe» Page 11
   1899 : Les fausses Perles
   1899 : La Vraie Bonne Attitude
   1900 : L'Endroit parfait
   1900 : Maud-Evelyn
   1900 : Miss Gunton of Poughkeepsie
   1900 : L'arbre de la connaissance
   1900 : L'Humiliation des Northmore Page 14
   1900 : La Tierce personne
   1900 : L'Espèce particulière
   1900 : La Marque du temps
   1900 : Les Ailes brisées
   1900 : Les deux Visages
   1901 : Mrs. Medwin
   1901 : Le Holbein de Lady Beldonald
   1902 : L'Intrigue dans l'affaire
   1902 : Flickerbridge
   1903 : La Bête dans la jungle Pages 2, 10, 17
   1903 : La Maison natale Pages 14, 16
   1903 : Les Journaux Page 14
   1904 : Le Château de Fordham
   1908 : Julia Bride
   1909 : Le Coin plaisant, aussi connu sous le titre Le Coin du retour Page 11
   1909 : Le Gant de velours
   1909 : Mora Montravers
   1909 : La sombre Cornelia Page 11
   1910 : Le Banc de la désolation
   1910 : Une tournée de visites Page 11
   1937 : Hugh Merrow (nouvelle inachevée, découverte et publiée par Leon Edel en 1937)
 
Nouvelles commentées individuellement:
In extremis Page 5,
L’image dans le tapis Page 3,
Les amis des amis Page 3,
La maîtresse de M.Briseux Page 7,
Retour à Florence Page 8


Compilation d'articles :

Esquisses Parisiennes Page 15
 
Citation :
mise à jour le 23/08/2016, page 17


Dernière édition par shanidar le Mar 23 Aoû 2016 - 9:47, édité 53 fois (Raison : mise à jour)
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MessageSujet: Re: Henry James   Sam 14 Juil 2007 - 21:56

"Washington Square"


Nous sommes au milieu du XIXè siècle, à New York, dans une famille de l'excellente bourgeoisie. Le père, Mr Sloper, est un médecin réputé, veuf très tôt, élevant son unique fille, Catherine, à l'aide de sa soeur aînée, Mrs Penniman, également veuve. La famille vit dans une coquette maison dans un très beau quartier newyorkais: Washington Square. Mr Sloper a une autre soeur, Mrs Almond aussi vive et intelligente que Mrs Penniman est sotte et naïve. Tout pourrait être au mieux dans le meilleur des mondes mais Catherine, qui n'a hérité d'aucun des attraits, tant physiques qu'intellectuels (aux dires de son père), de sa mère n'est guère entourée de prétendants malgré ses vingt ans. C'est une jeune fille timide, réservée, manquant de confiance en elle et vouant un amour et une admiration sans borne à son père. Ce dernier est loin d'être admiratif voire affectueux avec elle: une seule femme était digne de son intérêt, son épouse, et elle n'est plus, morte peu de temps après la naissance de Catherine. Ah, un élément important du récit: avant la naissance de Catherine, le docteur eut un fils, mort à trois ans, autant dire que la venue d'une fille fut loin d'être une joie
Citation :
« Deux ans plus tard, Mrs Sloper avait donné le jour à un autre enfant – enfant d'un sexe qui faisait de la pauvre créature une piètre compensation pour la perte du premier-né tant regretté et dont le père s'était juré de faire un homme accompli. La petite fille qui naquit fut donc une déception; mais le pire était encore à venir. »
(p 14) Ainsi est donc planté le décor, l'atmosphère sombre du récit est présente dès le début: on suppose que les joies seront bien rares pour cette petite fille puis jeune fille et enfin jeune femme.
Bien entendu arrive ce qui doit arriver: l'apparition d'un prétendant, Morris Townsend! A partir de cet instant, la saveur, déjà agréable du roman, devient délicieuse: l'art de la narration, l'écriture de James transporte le lecteur dans un univers savoureusement dix-neuvième siècle, digne d'une Jane Austen ou d'un Honoré de Balzac, où les coureurs de dot utilisent mille et un artifices, où les pères ne veulent que le bonheur de leurs filles, où les tantes sont tout sauf de bonnes conseillères, où les silences sont plus évocateurs que les pires scènes, où la bonne société est décortiquée avec une ironie teintée de fiel.
Henry James, grand admirateur de l'Angleterre (il obtiendra la nationalité britannique l'année de sa mort en 1916), décrit une société bourgeoise américaine aux accents très victoriens: l'ouest des pionniers est bien loin, New York ressemble comme deux gouttes d'eau à Londres, avec ses préjugés (malgré l'ouverture d'esprit typiquement américain: le docteur laisse libre sa fille de son choix), ses coteries, ses salons.
Le roman est la bataille enragée que se mènent Sloper, Morris Townsend et Catherine. Sloper comprend tout de suite que Townsend est un vulgaire coureur de dot, égoïste et cruel et souhaite déciller l'aveuglement amoureux de sa fille. Seulement, comment combattre celui qui a su tout de suite parler avec tendresse, même si ce n'est que par calcul, et romantisme à Catherine qui n'a vécu qu'indifférence, déception et mépris paternels? Comment vaincre celui qui sait regarder autrement une jeune fille banale et terne? Comment agir pour que Catherine ne sombre pas dans les rets de Townsend? En menaçant de ne rien léguer, hors l'héritage maternel, à sa fille si elle épouse Townsend sans son consentement! Mais Catherine est bornée et butée: elle tient tête et ne voit rien du jeu mercantile de son prétendant. En effet, Townsend est fauché comme les blés, et ne recherche que la fortune de Catherine: s'il ne l'obtenait pas, comment se comporterait-il avec elle? Durement, égoïstement, méchamment comme tous les jouisseurs déçus: tel est l'avertissement de Sloper.
Quant au personnage de la tante, Mrs Penniman, c'est une catastrophe ambulante: non seulement elle est un peu bête (beaucoup plus que Catherine qui elle n'a pu s'épanouir dans l'amour maternel ni paternel et qui n'a jamais senti un regard atendri et fier venant de son père) mais en plus son esprit romanesque emmêle tout et tout le monde. Un portrait ironique superbement réussi par Henry James: on y retrouve un peu des soeurs cadettes, inconséquentes, d'Elisabeth dans « Orgueil et préjugés » d'Austen.
L'art de James est de maintenir le lecteur en spectateur tout en lui donnant la possibilité de s'identifier à certains personnages. En effet, on ne peut trouver antipathique Catherine qui n'a reçu que froideur, inintérêt et le minimum requis d'éducation féminine de la part de son père: elle ne pourra jamais être à la hauteur de sa mère, dont elle porte le prénom histoire d'alléger le poids des ancêtres (!), car elle ne doit pas avoir un tel défi à relever ce que ne peut, ne veut, pas comprendre le docteur Sloper! Un tel fardeau est insupportable pour les épaules d'une fillette puis d'une jeune fille vivant dans l'ombre encombrante du souvenir maternel, orchestré inconsciemment par le père. On comprend qu'elle se laisse berner par les compliments et les serments du premier venu, portant beau la redingote et la canne. On ne peut en vouloir à Sloper d'être intransigeant et ironique: il ne veut pas que sa fille soit malheureuse ni dépouillée de ses biens.
Jusqu'à la fin du roman, James tient en haleine son lecteur et le fait passer par tous les sentiments: agacement, rire, peine, haine, envie de secouer Catherine pour lui ouvrir les yeux, envie de claquer le docteur qui ne sait pas aimer sa fille, envie de gifler le bellâtre de Townsend qui ment comme il respire, envie de rabattre le caquet agaçant de la tante et de lui dire d'arrêter ses manigances puériles et néfastes, envie de voir l'histoire de Catherine bien se terminer, de la voir heureuse et épanouie... comme lorsqu'on lit « Eugénie Grandet ».
Un délicieux roman ironique, écrit avec une finesse exquise, à lire sans modération: du grand art littéraire!
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MessageSujet: Re: Henry James   Mar 22 Sep 2009 - 17:53

Un fil qui devrait susciter un peu plus d'intérêt?! Very Happy

la réédition d'un des premiers Levi Piccolo est une bonne nouvelle pour le faire remonter Wink


Washington Square

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MessageSujet: Re: Henry James   Mar 22 Sep 2009 - 18:29

Ah oui alors, je ne savais meme pas qu' il y avait un fil pour James...

Il a été ouvert en 2007 ?
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kenavo
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MessageSujet: Re: Henry James   Mar 22 Sep 2009 - 18:33

bix229 a écrit:
Il a été ouvert en 2007 ?
Sam 14 Juil 2007 - 21:51 : indiqué dans le premier message de Chappy sur ce fil Very Happy

si tu ajustes dans ton PROFIL - puis préférences - le calendrier, tu as la possibilité de voir les messages sous cette forme - jour, année.. et tu sais toujours quand un message a été envoyé Very Happy

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MessageSujet: Re: Henry James   Mar 22 Sep 2009 - 18:46

Je mémorise tout ce qui concerne les livres et les auteurs du forum.
Je me suis inscrit fin 2007, et je savais que rien n' avait été écrit
depuis mon arivée sur James ...
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kenavo
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MessageSujet: Re: Henry James   Mar 22 Sep 2009 - 18:57

Un de mes favoris de James:
ces différents romans sont trouvables en français, mais ici Colm Toibin (un autre auteur parfumé Wink ) les a regroupé dans un joli livre:


The New York Stories of Henry James

The Story of a Masterpiece
A Most Extraordinary Case
Crawford's Consistency
An International Episode
The Impressions of a Cousin
The Jolly Corner
Washington Square
Crapy Cornelia
A Round of Visits

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MessageSujet: Re: Henry James   Mar 22 Sep 2009 - 19:43

De James, j' ai presque tout lu, et en fin de compte, je préfère les nouvelles et les courts romans que Les Amassadeurs et La Coupe d' or.
Exception faite pour Le Portrait d' une dame.

Par exemple Daisy Miller, Ce que savait Maisie, Le Tour d' écrou, L' Image dans le tapis, La bete dans la jungle...
Le problème pour les nouvelles, c' est qu' elles ont dispersées dans des
recueils trop nombreux.
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Arabella
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MessageSujet: Re: Henry James   Mar 22 Sep 2009 - 22:05

J'aime beaucop Henry James, mais j'ai déjà lu énormement et donc pas forcement de nouvelles lectures en vue. Je trouve en plus que c'est un auteur dont il est très difficile de parler, résumer les intrigues de ses livres est complètement vain, tout est dans l'écriture, dans une respiration, un rythme de la langue, dans cette façon de dire les choses sans les dires, dans ces dialogues interminables, où ce qui est dit n'est pas l'essentiel, qui doit être deviné entre les lignes élégantes parmi lesqulles se dissimule une réalité parfois très cruelle, voir brutale.

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Marko
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MessageSujet: Re: Henry James   Mar 22 Sep 2009 - 23:49

Très grand amateur aussi... Et par chance il m'en reste encore pas mal à découvrir...

Que choisir dans tout ce que j'ai aimé?
- Le tour d'écrou et la plupart de ses nouvelles de fantômes (dont celle qui a inspiré le film "Les Autres" où ce sont les vivants qui hantent les morts...).

- Ce que savait Maisie, traduit par Yourcenar et qui lui a inspiré Ian Mc Ewan pour Expiation avec cette gamine géniale.

- Portrait de femme, son plus grand? Isabelle Archer est inoubliable.

- La coupe d'or , tellement subtil sur l'adultère...

-La source sacrée, étrange roman psychologique introspectif

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Henry James   Mer 23 Sep 2009 - 0:31

Je pense comme Arabella qu' il faut lire James. C' est évidemment vrai pour tout auteur, mais particulièrement pour un écrivain comme James.
En fait il faudrait meme le lire en anglais -ce n' est malheureusement pas mon cas- mais meme en français, je pense malgré tout, qu' on se rend compte à quel point il est subtil, tortueux meme, quand il s' agit de parler
d' ambiguités psychologiques, d' emprises et de rapports de pouvoir.
Tout cela sous le masque d' une société trés policée et plutot répressive.

Sa seule limite -pour moi lecteur- serait qu' il impose une vision telle de
ce qu' il présente : histoire, personnages, grace à son style magistral que
le lecteur reste admiratif et muet.
Comme s' il venait d' assiter à un tour de force admirable et à tout jamais
incompréhensible, sauf pour lui, le magicien.
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Harelde
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MessageSujet: Re: Henry James   Ven 30 Avr 2010 - 10:24

Chatperlipopette a écrit:
"Washington Square"



(...) digne d'une Jane Austen (...)

A la suite de la publication de ce magnifique roman, les critiques n'ont d'ailleurs pas manqué de faire le rapprochement entre James et Austen. Ce qui vexa le romancier tant il faisait peu de cas de l'auteur d'Orgueil et Préjugés.

Henry James est mon auteur préféré actuellement (hormis John Knittel qui est hors concours).
Je l'ai abordé avec Daisy Miller que je n'ai pas aimée. Je trouvais la jeune fille inutilement provocante. Une salle gosse soucieuse de faire tourner les rombières en bourrique. Pour moi, elle n'était pas une jeune fille moderne et incomprise, mais une jeune adulte en plein conflit de génération.

J'ai néanmoins donné une seconde chance à cet auteur de premier plan. Et j'ai ouvert les Européens. Et ce fut la révélation ! Mon amour de Jane Austen (même si James ne l'appréciait pas) se retrouvait régénéré dans ma lecture.

Après cela, j'ai enchainé : Le Tour d'écrou, le Menteur et Washington Square.
J'ai encore beaucoup de livres à découvrir et je vous en parlerais au fur et à mesure !

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Harelde
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MessageSujet: Re: Henry James   Lun 28 Juin 2010 - 10:00

Les Papiers de Jeffrey Aspern.
Citation :
Dans un palazzo de Venise, à moitié en ruine, la vieille miss Bordereau n'en finit pas de mourir. Elle a été, dans sa jeunesse, le grand amour de Jeffrey Aspern, célèbre poète anglais, et la rumeur veut qu'il lui ait légué de nombreux manuscrits inédits. Le narrateur, qui écrit un livre sur Aspern, est prêt à tout pour les acquérir. Prêt a tous les mensonges, toutes les bassesses, toutes les ruses, y compris tenter de séduire la malheureuse nièce de la vieille dame. Mais il n'a pas mesuré la force de celle qui, au fil des pages, devient peu à peu le plus redoutable des adversaires.
Un roman court et incisif qui aurait été digne de figurer dans le recueil de nouvelles de Barbey d'Aurévilly : Les diaboliques.
Le narrateur, un éditeur américain, est passionné par Jeffrey Aspern, poète de renom mort plusieurs décennies auparavant. Il admire l'œuvre mais également l'homme qu'il a sacralisé. Il dépense sans compter son temps et son argent (bien qu'il ne soit pas spécialement riche) pour recueillir ce qui lui appartenait (portrait, correspondances, manuscrits…) : de véritables reliques à ses yeux.
C'est la raison de sa présence à Venise. Dans une ambiance feutrée qui me rappelle le célèbre roman de Thomas Mann, notre homme pénètre l'intimité de deux demoiselles en retraite dans la cité de Doges. L'une est très âgée et au moins centenaire : elle n'est autre que la vieille bonne amie du poète. L'autre, plus jeune (mais plus toute fraiche) est sa nièce, ou petite nièce : le narrateur n’est sûr de rien. Elles auraient en leur possession des papiers. Que sont-ils réellement ? Sont-ils nombreux ? Existent-ils seulement ? Le narrateur en est convaincu et va tenter de se les approprier, sans trop regarder les méthodes employées.
Un livre que j'ai trouvé magistral (n'ayons pas peur des mots). Un huis clos à la fois lent, sans une ride à l'image de la lagune en cet été du début de XXe siècle et haletant : impossible d'en prévoir l'issue. Le suspens reste entier jusqu'au dénouement final.
Superbe !

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MessageSujet: Re: Henry James   Lun 28 Juin 2010 - 10:27

merci pour ton commentaire.. lecture dont je me rappelle avec joie.. et c'est si court.. ce serait une bonne idée de le reprendre pour l'été Very Happy

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MessageSujet: Re: Henry James   Lun 28 Juin 2010 - 14:00

Je vais m' y mettre pour mon compte, et je vais relire des nouvellesque j' ai lues il y a longtemps.
L' Image dans le tapis, La Redevance du fantome, La Vie privée, Les amis des amis, L' élève et
La bète dans la jungle..

Pour commencer.
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