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 Stefan Zweig [Autriche]

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ratounet
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MessageSujet: Stefan Zweig [Autriche]   Sam 2 Juin 2007 - 15:26



Issu d'une famille de la bourgeoisie juive viennoise, il parcourut l'Europe au cours de nombreux voyages avant la Première Guerre mondiale, et ira en Inde en 1910 puis aux États-Unis en 1912. Il se prit d'amitié avec notamment Romain Rolland, Sigmund Freud (dont il rédigea l'oraison funèbre et à qui il faisait lire ses nouvelles avant parution), Émile Verhaeren sur lequel il produisit une remarquable biographie pleine d'admiration et de reconnaissance pour le grand poète flamand. Polyglotte accompli, il traduisit de nombreuses œuvres de Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, John Keats… Grand connaisseur du monde des arts et des lettres, il nourrit toute sa vie une grande passion pour les autographes et les portraits d'écrivains, qu'il collectionnait.

D'après son autobiographie Le monde d'hier - Souvenirs d'un Européen, quoique engagé au service de l'Autriche au début de la Première Guerre mondiale, Zweig est un pacifiste convaincu.

Affecté par la sortie de guerre de l'Autriche, largement réduite, les difficultés matérielles et la dévaluation qui s'ensuivirent, il considère que la décennie 1924-33 constitue la période la plus intense de sa création artistique.

En 1934, il part en Angleterre à cause des persécutions antisémites, il y débutera l'écriture d'une biographie de Marie Stuart. Il attira la colère des nazis lors de l'adaptation cinématographique de l'un de ses ouvrages (Brûlant secret 1938) et un autodafé de ses œuvres eut lieu à Berlin. Il s'établit enfin au Brésil en 1941 où il se suicide à Pétropolis, près de Rio-de-Janeiro, le 23 février 1942, avec Lotte, son épouse, trop affecté de voir la Seconde Guerre mondiale détruire ses rêves d'humanisme et d'Europe pacifiée.

Son œuvre, particulièrement éclectique, comporte quelques recueils de poésies, quelques pièces de théâtre (Thersite 1907, Volpone 1927…). Il est surtout connu pour ses nouvelles (Amok 1922, la Confusion des sentiments 1926, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme 1934), histoires de passion intense pouvant aller parfois jusqu'au morbide ou à la folie. Son œuvre phare, le Joueur d'échecs, a été publiée à titre posthume. Il a écrit de nombreuses biographies (Fouché, Marie Stuart, Magellan, Marie-Antoinette…) d'une grande acuité psychologique et qui comportent une réflexion sur les problèmes de son temps (Érasme 1935).


Bibliographie

Citation :
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Romans et nouvelles
1900 Printemps au Prater,
1901 Dans la neige,
1903 L’Étoile au-dessus de la forêt,
1904 Les prodiges de la vie,
1904 L’Amour d’Érika Ewald,
1904 La Marche,
1906 La croix,
1908 La Scarlatine,
1910 Histoire d’une déchéance,
1910 La peur, Pages 12, 14,
1911 Conte crépusculaire,
1911 La Gouvernante,
1911 Brûlant secret,
1911 Le Jeu dangereux,
1916 La légende de la troisième colombe,
1919 Au bord du lac Léman,
1922 Amok ou le fou de la Malaisie, Pages 3, 4, 9, 12
1922 La femme et le paysage, Page 12
1922 La Nuit fantastique. Notes posthumes du baron de R…,
1922 La ruelle au clair de lune, Pages 12, 14
1922 Lettre d’une inconnue,  Pages 1, 6, 7, 9, 10, 12, 13
1922 Virata (Les yeux du frère éternel. Une légende,
1925 Leporella,  
1927 La collection invisible - Un épisode de l’inflation en Allemagne, Page 12
1927 La confusion des sentiments, Pages 1, 2, 5, 12, 14, 16, 18 ,
1927 Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Pages 1, 3, 5, 8, 9, 11, 12, 15,
1927 Destruction d’un cœur, Pages 11, 12
1927 Un mariage à Lyon,
1928 Rachel contre Dieu,
1929 La contrainte,  
1929 Le Bouquiniste Mendel,
1929 Le voyage dans le passé Pages 4, 5, 12
1931 Le Jeu dangereux,
1934 Révélation inattendue d’un métier Page 12
1936 Les Deux jumelles. Conte drôlatique,
1937 Le chandelier enterré,
1938 Un soupçon légitme, Page 8
1939 La pitié dangereuse, Page 11
1941 Le joueur d’échecs, Pages , 2, 3, 12
1948 Un homme qu’on oublie pas (publié pothume),
1948 Wondrak (publié posthume),
1948 Ivresse de la métamorphose, roman inachevé, publié posthume,  
1981 Clarissa, roman inachevé, retrouvé dans les archives de Zweig,

Théâtre
1907 Thersite. Tragédie en trois actes,
1911 La Maison au bord de la mer,
1913 Le Comédien métamorphosé. Un divertissement du Rococo allemand,
1916 Jérémie. Drame en neuf tableaux,
1919 Légende d’une vie, Page 13
1926 Volpone,
1930 L’Agneau du pauvre. Tragicomédie en trois actes,
1931 Un caprice de Bonaparte. Pièce en trois actes,

Essais et biographies
1910 Emile Verhaeren : sa vie, son œuvre,
1917 Souvenirs sur Emile Verhaeren,
1920 Marceline Desbordes Valmore : son œuvre,
1921 Romain Rolland, sa vie, son oeuvre,
1921 Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski, Page 9
1925 Le Combat avec le démon : Kleist, Hölderlin, Nietzsche,
1927 Les Très riches heures de l’humanité, Page 14
1928 Trois poètes de leur vie : Stendhal, Casanova, Tolstoï,
1929 Joseph Fouché,
1931 La guérison par l’esprit : Mesmer, Mary Baker-Eddy, Freud,
1932 Marie-Antoinette, Page 12
1934 Erasme, Grandeur et décadence d’une idée, Page 16,
1935 Marie Stuart,
1936 Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin,
1938 Magellan, Page 13
1941 Amerigo, Récit d’une erreur historique, Page 14
1941 Le Brésil, Terre d’avenir,
1942 Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen - autobiographie, Page 2
1943 Le Mystère de la création artistique,
1946 Honoré de Balzac, le roman de sa vie, Page 9
Hommes et destins,
Le Monde sans sommeil,
Aux Amis de l’étranger,
Montaigne. Essai biographique,
En cette heure sombre,

Correspondance
1911 Romain Rolland-Stefan Zweig,
1922 Amélie Breton-Stefan Zweig,
1996 Emile Verhaeren-Stefan Zweig,
1987 Friderike Zweig-Stefan Zweig, L’Amour inquiet, Correspondance 1912-1942,
1991 Sigmund Freud-Stefan Zweig, Correspondance, Page 3
1994 Arthur Schnitzler-Stefan Zweig, Correspondance,
1994 Richard Strauss-Stefan Zweig, Correspondance 1931-1936,
Stefan Zweig, Correspondance 1897-1919,

Autres

Stefan Zweig et Vienne, Page 7
Les grandes vies Page 14

Citation :
Mise à jour le 11/11/2014 à la page 18


On a fait une Lecture en commun pour cet auteur




La confusion des sentiments

ce livre, parle d'une façon très sobre d'un sujet difficile parce que trop connu et très mal compris : l'homosexualité ou plutôt l'homoaffectivité...
Ce roman merveilleusement écrit nous décrit d'une façon très sobre mais avec des mots vrais, l'attachement enthousiaste d'un étudiant d'unif pour son professeur...
Cet attachement est partagé par le vieux maître, et cependant, ce sentiment ne pourra jamais se vivre, car il se fonde sur un ressenti intime totalement diférent entre les deux protagonistes..
Les deux hommes auront l'occasion de se dire, d'exprimer chacun leur vérité, qui ne sera jamais totalement comprise par l'autre...Le dit de cette double vérité, renverrra chacun à une solitude plus grande encore que celle qui existait dans le non-dit..

Mon avis : c'est un roman poignant, grave et triste...qui nous montre les difficultés que peut rencontrer l'âme à trop vouloir espérer rencontrer son âme-soeur, avant que le moment ne soit propice..

Lettre d'une inconnue
Une femme dont l'enfant est emporté par la fièvre décide d'écrire à l'homme qu'elle a toujours aimé pour lui révéler comment elle n'a cessé de n'être pour lui, écrivain célèbre, qu'une inconnue, malgré un amour ardant, passionnel et secret.
Mon avis : j'ai été très touchée par la passion ardente et discrète contenue dans cette magnifique nouvelle, selon moi, la meilleure que Zweig ait écrite. N'hésitez pas à vous laisser attendrir à votre tour par cette belle histoire d'Amour, offerte par ce très grand écrivain autrichien, fin analyste des passions et des tourments qui sont le lot de notre humanité..

Amis lecteurs, vous trouverez ce petit trésor dansl le recueil "Amok" qui contient également la nouvelle éponyme


Dernière édition par le Sam 2 Juin 2007 - 15:30, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Sam 2 Juin 2007 - 15:29

Lorsque j'étais ado (il y a donc très très très très très longtemps! :) ), j'ai lu plusieurs fois ce livre, je le trouvais bouleversant.
Il faudrait que je le relise maintenant.
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Queenie
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Dim 3 Juin 2007 - 10:15

comme coline, je l'ai lu ado. Sûrement trop vite et probablement sans vraiment tout "comprendre", il ne m'en reste que des bribes aujourd'hui, je ferai peut-être bien de penser à les raviver les braises. :)
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onyxo
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Dim 3 Juin 2007 - 10:46

Stéphane Zweig a toujours figuré parmi mes auteurs préférés, avec son écriture qui épouse les sentiments de ses personnages, avec ses analyses psychologiques extrêmement fines, et avec ce côté à la limite de l'excès qui caractérise l'ensemble de ses oeuvres et que je ne puis mieux rendre qu'en vous citant un court extrait du "joueur d'échec"

"Les monomaniaques de tout poil, les gens qui sont possédés par une seule idée m'ont toujours spécialement intrigué, car plus un esprit se limite, plus il touche par ailleurs à l'infini."
[
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Fantaisie héroïque
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Jeu 7 Juin 2007 - 21:00

Je n'ai lu que le joueur d'échecs, dont je garde un souvenir assez vague maintenant mais que je me promets de relire cet été Very Happy
Je pense lire aussi la confusion des sentiments, vu le bien que vous en dites. Le titre est déjà prometteur...
Quelqu'un a lu 24h de la vie d'une femme ?
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coline
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Ven 8 Juin 2007 - 0:24

Fantaisie héroïque a écrit:
Quelqu'un a lu 24h de la vie d'une femme ?

Je l'ai lu il n'y a pas très longtemps...

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

En 1904, une petite pension calme de la Riviera connaît l'effervescence car l’une des clientes, Madame Henriette, vient d’abandonner mari et enfants pour suivre un jeune homme presque inconnu.
Le mari est en pleurs et les pensionnaires discourent sur l’événement, tenant des propos acerbes à l’encontre de Madame Henriette.

Seul le narrateur du livre, prend sa défense. Ce qui retient l’attention d’une vieille dame anglaise, Mrs C. Cette dernière tente de le pousser dans ses derniers retranchements :
"Vous ne pouvez pas défendre une femme qui laisse tomber tous les siens. Si vous la rencontriez dans la rue, est-ce que vous lui diriez bonjour, lui présenteriez votre femme, ..."
Ce à quoi le narrateur répond :
« Une femme, sans l'avoir voulu, peut être précipitée dans une aventure soudaine, et dont elle ne saurait être tenue pour responsable."

Alors, vingt ans après que cela ait eu lieu, Mrs C. se décide alors à confier au narrateur une passion foudroyante qu’elle a vécu à 42 ans dans l'atmosphère des salles de jeux de Monte-Carlo :une folle et furtive liaison avec un jeune joueur invétéré du Casino . Vingt- quatre heures d'une folie qui lui a toujours fait honte, vingt-quatre heures dont elle veut s'absoudre en les racontant.
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Ven 8 Juin 2007 - 8:40

Merci beaucoup coline, ce résumé m'a mise en appétit Very Happy
Je le glisserai dans mes bagages d'été Wink
Tu l'as aimé, au fait ?
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Ven 8 Juin 2007 - 13:06

Fantaisie héroïque a écrit:
Merci beaucoup coline, ce résumé m'a mise en appétit Very Happy
Je le glisserai dans mes bagages d'été Wink
Tu l'as aimé, au fait ?

Il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable...Il m'a moins marquée que "La confusion des sentiments" mais il est très agréable à lire...
Je suis en vérité une maniaque de la langue, j'aime la musique des mots, je lis beaucoup à voix haute...et avec Zweig, c'est un bonheur! :)
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Lun 18 Juin 2007 - 22:17

Lettre d'une Inconnue : c'était mon premier Zweig. Je me souviens qu'il m'avait beaucoup touchée quand je l'ai lu, mais c'était il y a pas mal de temps. J'aime bien ce petit côté de Zweig, capable de se mettre dans la peau d'un personnage féminin pour écrire de très belles histoires.

Vingt-Quatre heures de la vie d'une femme : j'ai toruvé que le début traînait un peu, mais une fois le récit de la vieille femme commencé, difficile de décrocher. Pas un livre très marquant, mais une belle histoire, tout de même.

Le Joueur d'échec : je n'ai pas aimé ce livre autant que d'autres personnes qui en font leur oeuvre préférée. Mais c'était quand même une excellente lecture, avec deux personnages intéressants pour les deux joueurs d'échecs. La monomanie est très intriguante.
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Jeu 5 Juil 2007 - 15:15

un très beau moment de lecture avec Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

une rencontre intense , 24 heures tourmentées, pleines, irrésistibles pour cette veuve quadra qui subitement, ne se contrôle plus, échappe un instant à sa vie lisse, sans surprise... se dépasse pour un inconnu.

j'ai lu également "Le Joueur d'échecs"
Un récit à la fluidité irréprochable, qui nous fait passer d'une "banale" histoire d'échecs à une description assez efficace de la folie humaine... chez l'individu comme dans la société..

un auteur qui ne me laisse pas indifférente du tout !!
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Mar 17 Juil 2007 - 19:08

Ahalala, décidément, la confusion des sentiments me réconcilie avec Zweig. Autant je n'avais pas vraiment aimé Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, autant j'adore celui-ci...
L'histoire de ce jeune étudiant qui se prend d'une passion illimitée pour l'un de ses professeurs qui va petit à petit le détruire, me fascine...
Et puis je pense que quelque part, on peut tous se retrouver en lui, on a tous connu un prof passionnant (en tout cas, moi, oui^^).
Une phrase parmi d'autres que je trouve magnifique :

Etant elle-même beauté, la jeunesse n'a pas besoin d'idéalisation : dans l'excès de ses forces vives, elle aspire au tragique, et elle permet volontiers à la mélancolie de sucer doucement son sang encore novice. De là vient que la jeunesse est éternellement prête pour le danger et qu'elle tend, en esprit, une main fraternelle à chaque souffrance.
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Mar 17 Juil 2007 - 19:24

Fantaisie, tu me donnes envie de relire Zweig, lu aussi il y a bien longtemps, mais qui m'avait beaucoup marquée par sa finesse d'analyse et sa capacité à s'immiscer dans les sentiments féminins...

La confusion des sentiments se trouve dans la biblio familiale, je vais la sortir de sa léthargie prochainement grâce à toi ! :)
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Ven 20 Juil 2007 - 14:27

J'ai terminé, il y a peu "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme":

La Riviera, en été, dans une pension d'un grand hôtel où les pensionnaires partagent les repas, les moments de détente en fin de soirée. Un jour, ils apprennent que l'épouse d'un résident, Mme Henriette, est partie avec un jeune homme rencontré de fraîche date. La discussion tourbillonne en moults jugements sur la conduite inconséquente, forcément, de l'épouse adultère et fugueuse. La passion, ce sentiment violent, brûlant les derniers vaisseaux du bon sens, passe à la moulinette des pensionnaires. Tous pensent que cette femme a perdu l'esprit, tous sauf le narrateur qui prend à chaque fois sa défense.
« Mais la discussion qui ensuite éclata à notre table avec tant de véhémence et qui faillit même dégénérer en voies de fait, bien qu'ayant pour point de départ cet incident surprenant, était en elle-même plutôt une question de principes qui s'affrontent et une opposition coléreuse de conceptions différentes de la vie. » (p 5).

Le narrateur ne jette pas l'anathème sur Mme Henriette [/i]« Après tout, au premier coup d'oeil, on aurait parfaitement compris que cette petite Madame Bovary échangeât son époux rondelet et provincial pour un joli jeune homme distingué (...) Voici que je m'amusais à être d'un autre avis; et je soutint énergiquement la possibilité, et même la probabilité d'un événement de ce genre, de la part d'une femme qu'une union faite de longues années de déceptions et d'ennui avait intérieurement préparée à devenir la proie de tout homme audacieux. » (p 5) tandis que les deux couples de convives refusent le concept même de coup de foudre « où ils ne voyaient qu'une folie et une fade imagination romanesque. » (p 5).
Un soir, [i]Mrs C...
, une des pensionnaires, aborde le narrateur et lui fait part de son envie de lui relater un événement qu'elle vécut par le passé car elle lui sait gré d'avoir défendu Mme Henriette. La veille du départ du narrateur, Mrs C... le convie à partager son dîner dans sa chambre: il fait peu à peu sombre, le calme vespéral embrasse la chambre et rend feutrée l'atmosphère. Les confidences de Mrs C... peuvent commencer...

Monte Carlo, un soir d'été, Mrs C..., devenue veuve et se remettant difficilement à revivre, entre observer les joueurs au Casino. Elle reste hypnotisée par les mains d'un joueur, des mains qui jouent à leur insu tout une gamme d'émotions. Ces mains appartiennent à un jeune homme, qui pourrait être son fils, qui vient de perdre son dernier sou à la roulette. Ce dernier, titubant, sort, Mrs C... le suit, mue par un funeste pressentiment, mais aussi par une fascination indicible: c'est sûr, il va chercher à attenter à ses jours! Cette décision va lui faire vivre vingt-quatre heures d'une intensité incroyable, inoubliable dont cependant elle aura longtemps honte: de la nuit d'amour passée avec cet homme jusqu'à la douloureuse réalité qui viendra la heurter de plein fouet, ces heures seront les plus intenses et les plus déraisonnables de sa vie.

Dans ce court roman, Stefan Zweig met en scène deux passions: la passion amoureuse et celle du jeu, deux phénomènes pathogènes que les personnages, les sujets, ne maîtrisent pas et sous l'effet desquels ils se trouvent transformés dans leur âme. A cette occasion, Zweig offre au lecteur une description spendide des mains d'un homme possédé par la passion du jeu où il compare la fébrilité des chevaux au départ de la course à celle des mains des joueurs « ...c'est exactement de la même manière qu'elles frémissent, se soulèvent et se cabrent. Elles révèlent tout, par leur façon d'attendre, de saisir et de s'arrêter: griffues, elles dénoncent l'homme cupide; molles, le prodigue; calmes, le calculateur, et tremblantes, l'homme désespéré. Cent caractères se trahissent ainsi, avec la rapidité de l'éclair, dans le geste pour prendre l'argent, soit que l'un le froisse, soit que l'autre nerveusement l'éparpille, soit qu'épuisé on le laisse rouler librement sur le tapis, la main restant inerte. » (p 15)

Stephan Zweig enchâsse le souvenir de Mrs C... dans le récit d'une villégiature anodine et soulève cette notion de secret difficile à partager, d'expérience troublante et angoissante (Mrs C... ne se reconnaît plus et libère une femme inconnue qui sommeillait en elle), de confession qui n'apaise pas celui, celle, qui l'a fait. Cependant, la confession de Mrs C... jette un pont d'empathie, de compréhension, de sensation partagée, entre une vieille dame et un homme jeune.
Le lecteur, au fil de la narration, a l'impression d'assister à un entretien entre le thérapeuthe (le narrateur) et son patient (Mrs C...): la honte, la mauvaise conscience de Mrs C... a peu à peu céder la place à une sérénité, la vieille dame rougit telle une jeune vierge.
L'écriture de Stefan Zweig emporte le lecteur dans les spirales du temps: celui du vingtième siècle naissant où les ultimes effluves du dix-neuvième siècle romantique et bourgeois s'estompent. Un univers parfois désenchanté mais passionnant et prenant dans lequel les femmes peuvent prendre en main leur destin et assumer leur féminité.
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Ven 20 Juil 2007 - 17:18

*Amandine* a écrit:
Lettre d'une Inconnue : c'était mon premier Zweig, mais c'était il y a pas mal de temps...
Oui, en effet, Amandine, 18 ans! Very Happy
Très bon souvenir de la nouvelle dont Max Ophüls va tirer un très beau film en 1947, aux Etats-Unis. Avec Avec Joan Fontaine, Louis Jourdan, Mady Christians.
Vienne, début du XXè s. ... un jour, un homme d'âge mur, célibataire, ancien élégant cultivé et raffiné, ayant eu de nombreuses amours, reçoit une lettre écrite par une femme "inconnue".
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MessageSujet: Re: Stefan Zweig [Autriche]   Dim 29 Juil 2007 - 21:35

Je viens de finir Le joueur d’échecs, premier livre de Stefan Zweig que j’ai l’occasion de lire.
J’en attendais beaucoup après avoir lu un certain nombre de commentaires élogieux sur ce livre et cet auteur. Je n’ai pas été déçue. L’histoire (en particulier le récit de M. B) et le style de l’auteur m’ont beaucoup touchée.

Deux extraits parmi d’autres :
« On ne nous faisait rien – on nous laissait seulement en face du néant, car il est notoire qu’aucune chose au monde n’oppresse davantage l’âme humaine. En créant autour de chacun de nous un vide complet, en nous confinant dans une chambre hermétiquement fermée au monde extérieur, on usait d’un moyen de pression qui devait nous desserrer les lèvres, de l’intérieur, plus sûrement que les coups et le froid. »

«Mais, si dépourvues de matière qu’elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d’un point d’appui, faute de quoi elles se mettent à tourner dans une ronde folle. Elles ne supportent pas le néant, elles non plus.»


La confusion des sentiments m’attend dans ma bibliothèque, sans doute pas pour longtemps.
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